SCÈNE yi
LA PRINCESSE, HORTENSE, ARLEQUIN
ARLEQUIN
Madame, c'est là le billet que madame Hortense m'a donné.... la voïà pour le dire elle - même.
HORTENSE
0 ciel !
LA PRINCESSE, & Arleqain.
Va -t'en.
HORTENSE
Souvenez - vous que vous êtes généreuse.
LA PRINCESSE Ut
« Arlequin est le seul par qui je puisse vous avertir de « ce que j'ai à tous dire , tout dangereux qu'il est peut- •c être de s'y fier. II vient de me donner une preuve de « fidéUté, sur laquelle je crois pouvoir hasarder ce billet M pour vous , dans le péril où vous êtes. Demandez à par- «c 1er à la princesse; plaignez - vous avec douleur de votre « situation; calmez son cœur, et n'oubliez rien de ce qui
4ia LE PRINCE TRAVESTI,
HORTENSE
Laissons doue cela , seigneur; mais me croye^vous sincère ?
Oui , madame , très-sincère $ c'est un titre que je ne pourrais vous disputer sans injustice. Tantôt , quand je vous ai demandé votre protecticm, vous m*ayez donné des preuves de franchbe qui ne souffrent pas un mot de réplique.
HORTENSE
Je vous regardais alors comme Fauteur d^nne intrigue qui m*était fâcheuse ; mais achevons. La princesse a des desseins contre Lélio, de Texécutioa desquels elle doit vous charger; détournez-la de ces desseins ; obtenez d'elle que Lélio sorte dès à présent de ses états ; vous n'obligerez point un ingrat. Ce service que vous lui rendrez , que vous me rendrez à moi-même , le fruit n'en sera pas borné pour vous au seul plaisir d'avoir fait une bonne action. Je vous en garantis des récompenses au-dessus de ce que vous pourriez imaginer , et telles enfin que je n'ose vons le dire.
^ FRÉDÉRIC
Des récompenses , madame ! Quand j'aurais l'âme intéressée, que pourrais -je attendre de Lélio PMais, grâces au ciel , je n'envie ni ses biens ni ses emplois. J'en accepterai l'embarras, s'il le faut, par dévouement aux intérêts de la princesse. A Tégard de ses biens, l'acquisition en a été trop aisée à faire ; je n'en