‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 244 sur 316 · ACTE III, SCÈNE VII. 4i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII. 4i

voudrais pas , quand n ne tiendrait qu'à moi de m*en saisir ; je rougirais de les mêler avec les miens ; c'est à Tëtat qu'ils appartiennent , et c'est à l'état de les reprendre.

HORTEirSE.

. Âh ! seigneur, que l'ëtat s'en saisisse , de ces biens dont vous parlez , si on les lui trouve.

Si on les lui trouve ! C'est fort bien dit, madame \ car les aventuriers prennent leurs mesures. Il est vrai que, lorsqu'on les tient, on peut les engager à révéler leur secret.

HORTENSE

K VOUS saviez de qui vous parlez , vous changeriez bien de langage^ je n'ose en dire plus, je jetterais peut-être Lélio dans un nouveau péril. Quoi qu'il en soit , les avantages que vous trouveriez à le servir n'ont point de rapport à sa fortune présente ^ ceux dont je vous entretiens sont d'une autre sorte , et bien supérieurs. Je vous le répète ; vous ne ferez jamais rien qui puisse vous en apporter de si grands , je vous en donne ma parole -, croyez-moi , vous m'en remercierez.

FRÉDÉRIC

Madame , modérez l'intérêt que vous prenez à lui ; supprimez des promesses dont vous ne remarquez pas l'excès , et qui se décréditent d'elles-mêmes. La prin- . cesse a fait arrêter Lélio , et elle ne pouvait se déter* miner à rien de plus sage. Si , avant que d'en venir là, elle m'avait demandé mon avis, ce qu'elle a fait ,

4i4 I^E PRINCE TRAVESTI,

j'aurais crn, je vous jure, être oblige en 'cdnscience de le lui coûsèiflef. Cela posé , vous Voyez quel est mon devoir dans cette occasion-ci; madame, )a conséquence est aisée k tirer.

HORTEKSE.

Très-aisée , seigneur Frédéric 5 vous avez raison ; dès que vous me renvoyez k voire conscience , tout est dit-, je sais quelle esflèce de devoirs sa délicatesse pecit Vous dicter.

FRtDÉItlC.

Sur de ^éd-ft, madame, loin de consulter à ia princesse de laisser échapper un homme aussi dangereux que Lélio , et qui pourrait le devenir encore , vous approuverez qtie je Itsi mtJlitire la nécessité V^u'il y a de m^^n lais^ef èisf^oser d'une manière "qui ^ra douce pour Lélio ^ efqtii px)Urtâilt remédiera â\oUt.

'h'o'rteïïse.

Qui remédiera à tout!... (A pan.) Le scélérat! (ÈUat.)

Je suis curieuse, seigneur Frédéric, de savoir par

quelles votes vous rendriez Lélio suspect •, voyons, de

grâce, jusqu^où rindustrie de vbtre iniquité pourrait

tromper la princesse sûr un hoâime aussi ennemi du

mal que vous Têtes du Bien^ éaV' voilà son portrait et

le vôli^.

FHiiSéfiiCf

Vous viottS éitapoH:ez Sàiis èujet^ madame^ encore «né fois'^ cathtMs vt>s cha^ns dur lie iott de tel inconnu *, ils vous feraient tbrt , tèi jie ne vbudràis pas que la princeisse en fût infonttiéte. Vous êtes du sang de nos

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