‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 258 sur 316 · ACTE T, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE T, SCÈNE V

TBIVELIN.

Non , VOUS m'avez piqué ^ je ne vous quitterai point, sans vous faire auparavant convenir que J€ vous suis bon à quelque chose.

Retirez-vous, vous dis-je.

TRIVELIK.

OÙ VOUS attendrai-je ?

LE CHEVALIER

Nidle part.

TRIVELIN

Ne badinons point ^ le temps se passe , et nous ne décidons rien.

LE CHEVALIER

Savez-vous bien , mon ami , que vous risquez beaucoup ?

TRIVELIN

Je n'ai pourtant qu'un écu à perdre.

LE CHEVALIER, & part.

Ce coquin - là m'embarrasse. Il faut que je m'en aille. (Haut.) Tu me suis?

TRIVELl».

Vraiment oui , je soutiens mon caractère : ne vous ai-je pas dit que j'étais opiniâtre?

LE CHEVALIER

Insolent !

TRIVELIN

Cruel !

44a LA FAUSSE SUIVANTE,

LE CHEVALIER

Comment, croel!

TRIVELIIf.

Oui , cruel ; c'est un reproche tendre que je vous fais. Continuez , vous n*y êtes pas ; j*en viendrai jusqu'aux soupirs ; vos rigueurs me Taiinoncent.

LE CHEVALIER, àpart.

Je ne sais plus que penser de tout ce qu'il me dit.

TRIVELIW.

Ah! ah! ah! vous révez, mon cavalier, vous délibérez; votre ton baisse, vous devenez traitable, et nous nous accommoderons , je le vois bien. La passion que j'ai de vous servir est sans quartier ; premièrement cela est dans mon sang, je ne saurais me corriger.

LE G H E VA L I E B , netum U main tar U garde de ton ëpée.

U me prend envie de te traiter comme tu le mérites.

TRIVELIW.

Fi! ne gesticulez point de cette manière-là; ce geste -là n'est point de votre compétence. Laissez là cette arme qui vous est étrangère. Votre œil est plus redoutable que ce fer inutile qui vous pend au côte.

LE CHEVALIER

Ah ! je suis trahie !

TRIVELIN

Masque, venons au fait ; je vous connais.

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