ACTE I, SCÈNE V
LE GHBVAtlEB.
Toi?
TRIVELIN
Oui; Frontin vous connaissait pour nous deux.
LE CHEVALIER
Le coquin ! Et tVt-il dit qui j'étais ?
TRIVELIN
Il m*a dit que vous étiez une fille, et voilà tout; et moi je Tai cru; car je ne chicane sur la qualité de personne.
LE CHEVALIER
Puisqu'il m'a trahie, il vaut autant que je t'instruise du reste.
TRIVELIK.
Voyons ; pourquoi étes-vous dans cet équipage-là ?
LE CHEVALIER
Ce n'est point pour faire du mal.
TRIVELIW.
Je le crois bien ; si c'était pour cela , vous ne déguiseriez pas votre sexe ; ce serait perdre vos commodités.
LE CHEVALIER, i part.
Il faut le tromper. (Ham.) Je t'avoue que j'avais envie de te cacher la vérité , parce que mon déguisement regarde une dame de condition , ma maîtresse , qui a des vues sur un monsieur Lélio, que tu verras, et qu'elle voudrait détacher d'une inclination qu'il a pour une comtesse à qui appartient ce château.
TRIVEUN.
Et quelle espèce de commission vous donne - 1 - elle auprès de ce Lëlio ? Remploi me parait gaillard, soubrette de mon âme.
LE CHEVALIER
Point du tout. Ma charge, sous cet habit -ci, est d'attaquer le cœur de la comtesse. Je puis passer, comme tu vois, pour un assez joli cavalier, et j^ai déjà vu les yeux de la comtesse s'arrêter plus d'une fois sur moi. Si elle vient à m'aimer , je la ferai rompre avec Lëlio ^ il reviendra à Paris , on lui proposera ma maîtresse qui y est; elle est aimable, il la connaît , et les noces seront bientôt faites.
TRIVELIN
Parlons à présent à rez-de-chaussée >• Âs-tulecœar libre ?
LE CHEVALIER
Oui.
TRIVELIW.
Et moi aussi. Ainsi, de compte arrêté, cela fait deux cœurs libres , n'est-ce pas ?
LE CHEVALIER
Sans doute.
TRIVELIN
Ergb, je conclus que nos deux cœurs soient désormais camarades.
' Parlons à présent a rez-de-cfiaussée, Parloos librcmcut, sinplement, sar le pied de Fëgalitë , comme personnes qui sont an même niveau , et dont aucune n'a sur Fautrc la supëri<Mîttf.