LÉLIO, TRIVELIN
LÉLIO, riant.
Allons, allons, cela va très-rondement 5 j'ëpouserai les douze mille livres de rente. Mais voilà le valet du chevalier. (À Tnveiin.) 11 m'a paru tantôt que lu avais quelque chose à me dire ?
TKIVEU».
Oui, monsieur; pardonnez à la liberté que je prends. L'équipage où je suis ne prévient pas en ma faveur ; cependant, tel que vous me voyez, il y a là-dedâns le cœur d'un honnête homme, avec une extrême inclination pour les honnêtes gens.
LÉLIO
Je le crois.
TRIVELIW.
Moi-même , et je le dis avec un souvenir modeste, moi-même autrefois j'ai été du nombre de ces honnêtes gens; mais vous savez, monsieur, à combien d'accidens nous sommes sujets dans la vie. Le sort m'a joue -, il en a joué bien d'autres ; l'histoire est remplie du récit de ses mauvais tours. Princes, héros, il a tout mal mené , et je me console de mes malheurs avec de tels confrères.
LÉLIO
Tu m'obligerais de retrancher tes réflexions , et de venir au fait.
TRIVELIN
Les infortunes sont un peu babillards, inonsiear; ils s'attendrissent aisément sur leurs aventures. Mais je coupe court; ce petit préambule me servira, s*il vous plait , à m'attirer un peu d'estimé , et donnera du poids à ce que je vais vous dire.
LÉLIO
Soit.
TBIVELIN.
Vous savez que je fais la fonction de domestique auprès de monsieur le chevalier.
LÉLIO
Oui.
TRIVELIN
Je ne demeurerai pas long -temps avec lui, monsieur; son caractère donne trop de scandale au mien * .
Et que lui trouves-tu de mauvais ?
TRIVELIN
Que vous êtes différent de lui ! A peine vous ai -je vu, vous ai -je entendu parler, que j'ai dît en moi-
' Son caractère donne trop de scandale au mien. U j a là impro* priëlë d^ezpretôion et obscurité dans la peo8<$e. Trivelin yeat dire probablement : JCe« défauts de son caractère me donnent trop som^emt des sujets de scandale.