ACTE II, SCÈNE V
ARLEQUIN, trancporttf.
Oui , ma reine.
TBIVELIN.
A qui paries-tu ?
ARLEQUIN
A elle 5 j'ai cru qu'elle m'interrogeait.
TRIYELIN, mot.
Ah ! ah ! ah ! Pendant qu'elle me parlait , ingénieuse à me prouver sa tendresse , elle fouillait dans sa poche pour en tirer cet or qui fait mes délices. Prenez, m'at-elle dit en me le glissant dans la main *, et comme poliment j'ouvrais ma main avec lenteur : Prenez donc , s'est-elle écriée ; ce n'est là qu*un échantillon du coffre- fort que je vous destine. Alors je me suis rendu ; car un échantillon ne se refuse point.
ARLEQUIN
Ah ! mou ami , je tombe à tes pieds pour te supplier, en toute humilité , de me montrer seulement la face royale de cette incomparable fille, qui donne un cœur et des louis d'or du Pérou avec. Peut-être me ferat-elle aussi présent de quelque échantillon ; je neveux que la voir, l'admirer, et puis mourir content.
TRIVELIN
Cela lie se peut pas, mon enfant^ il ne faut pas régler tes espérances sur mes aventures, vois-tu bien ! Entre le baudet et le cheval d'Espagne, il y a quelque différence.
ARLEQUIN
Hélas ! je te regarde comme le premier cheval du monde.
f TRIVELIA.
Tu abuses de mes comparaisons; je te permeU du ■n'estimer, Arlequia, mais ne me loue jamais.
ARLEQUIN
Montre-moi donc cette fille
TRIVKLIK.
Cela ne se peut pas ; mais je t'aime, et tu te sentiras de ma bonne fortune. Dès aujourd'hui je te fonde inie bouteille de bourgogne pour autant de jours que nous serous ici.
ARLEQUIN
Une bouteille par jour, cela fait trente bouteilles par mois. Pour me consoler dans ma douleur, donueiiioi en argent la fondation du premier mois.
THIVELIW.
Mpn fils, je suis bien aise d'assister à chaque paiement.
A.RLBQDIN.
Je ne verrai donc point ma reine? Oiî étes-vous donc, petit louis d'or de mon âme? Hëlas! je m'en vais vous chercher partout; hî! hil hi!.... Veux-tu aller boire le premier mois de fondation?
TRIVELIM.
Voilà mon maître, je ne saurais; mais va m'ai' tendre. (AHc^uin »n )