ACTE III, SCÈNE VI. 53i
cela avec une aisance admirable ^ on ne peut pas être plus persuadé qu*il Test.
LE CHEVALIER
Je n'ai pas le moindre petit doute ^ c'est une confiance que vous m'avez donnée. J'en use sans façon , comme vous voyez , et je conclus toujours que Lélio partira.
LA COMTESSE
Eh! vous n'y songez pas. Dire à un homme qu'il s'en aille !
Me refuser son congé, à moi qui le demande , comme s'il ne m'était pas dû !
LA COMTESSE
Badin !
LE CHEVALIER
Tiède amante !
LA GO MTESSE.
Petit tyran !
LE CHEVALIER
Cœur révolté, vous rendrez- vous ?
LA COMTESSE
Je ne saurais , mon cher chevalier *, j'ai quelques raisons pour en agir plus honnêtement avec lui.
LE CHEVALIER
Des raisons , madame , des raisons ! et qu'est-ce que c'est que cela ?
LA COMTESSE
Ne vous alarmez point ; c'est que je lui ai prêté de l'argent.
LE CHEVALIER
Eh bien! vous en aurait -il fait une reconnaissance (|u*on n^ose montrer en justice?
Point du tout; j'en ai son billet.
LE CHEVALIER
Joignez -y un sergent; vous voilà payée,
LA COMTESSE
il est vrai; mais....
LE CHEVALIER
Hai ! hai ! voilà un nuds qui a Fair honteux.
LA COMTESSE
Que voulez-vous donc que je voas dise ? Pour m'as^ surer cet argent -là, j'ai consenti que nous fissions lui et moi un dédit de la somme.
LE CHEVALIER
Un dédit,. madame! Âh! c'est un vrai transport d'amour que ce dédit-là; c'est une faveur. 11 me pénètre, il me trouble ; je n^en suis pas le maître.
LA COMTESSE
Ce misérable dédit ! pourquoi faut - il que je l'aie fait ? Yoilà ce que c'est que ma facilité pour un homme haïssable, que j'ai toujours deviné que je haïrais. J'ai toujours eu certaine antipathie pour lui, et je n'ai jamais eu l'esprit d'y prendre garde.
LE CHEVALIER
fih ! madame , il s'est bien accommodé de cette