‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 76 sur 316 · LA COMTESSE, LÉLIO, COLOMBINE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LÉLIO, COLOMBINE

C0LOMBI9E.

Que me voulez -vous, madame?

LA COMTESSE

Ce que je veux ?

COLOMBINE

Si vous ne voulez rien , je m*en retourne.

LA COMTESSE

Parlez ; quels discours avez-vous tenus à monsieur sur mou compte ?

COLOMBINE

Des discours très-sensc's, à mon ordinaire.

LA COMTESSE

Je vous trouve bien hardie d'oser, suivant votre petite cervelle , tirer de folles conjectures de mes sentimens ; et je voudrais bien vous demander sur quoi vous avez compris que j'aime monsieur , à qui vous l'avez dit ?

COLOMBINE

N'est-ce que cela? Je vous jure que je l'ai cru comme je l'ai dit, et je l'ai dit pour le bien de la chose. C'était pour abréger votre chemin k l'un et à l'autre; car vous y viendrez tous deux 5 cela ira là 5 et si la chose arrive, je n'aurai fait aucun mal. A votre égard, madame, je vais vous expliquer sur quoi j'ai pensé que vous aimiez. . . .

i3o LÀ SURPRISE DE L'AMOUR,

LÀ COMTESSE, lui coupant It parole.

Je vous défends de parler.

L É L I O y d*on air doux et modeste.

Je suis honteux d'être la cause de cette explication ; mais vous pouvez être persuadée que ce qu'elle a pu dire ne m'a fait aucune impression. Non , madame , vous ne m'aimez point , j'en suis convaincu ; et je vous avouerai même , dans l'ëtat où je suis , que cette conviction m'est absolument nécessaire. Je vous laisse. Si nos paysans se raccommodent , je verrai ce que je puis faire pour eux. Puisque vous vous intéressez à leur mariage , je me ferai un plaisir de le hâter ; et j'aurai l'honneur de vous porter tantôt ma réponse , si vous me le permettez.

LA COMTESSE, pendant «(aa LAio tort.

Juste ciel ! que vient-il de me dire ? D'où vient que je suis émue de ce que je viens d'entendre ? Cette conviction m'est abolument nécessaire. Non , cela ne signifie rien, et je n'y veux rien comprendre.

GOLOMBINE, à part.

Oh! notre amour se fait grand-, il parlera bientôt bon français* .

' // parlera bientôt bon français. Ce second acte , quoique semé de mots charmans et de détails agréahTet , est moins vif que le premier. Cependant le progrès de Famour y est Tistblci et Ton sent que Tiiistint de la déclaration , qui doit tout terminer, ne peut être recule plus loin que la fin de la joumife.

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