ACTE III, SCÈNE L i
avec les hommes. Dans un an ou^ deux, je me raccommoderai peut-être avec ces nigauds-là.
ARLEQUI19.
U faudra donc que je me tienne pendant ce tempslà les bras croisés à vous voir venir, moi ?
GOLOMBINB.
Voyez-moi venir dans la posture qu'il vous plaira -, que m'importe que vos bras soient croises ou ne le soient pas ?
ARLEQUIV.
Par la sambille ! j'enrage. Maudit esprit lunatique, que je te donnerais de grand cœur un bon coup de poing , si tu ne portais pas une cornette !
COLOMBINE, riant.
Ah! je vous entends. Vous m'aimez^ j'en suis fâchée , mon ami ; le ciel vous assiste !
ARLEQUIN
Mardi ! oui , je t'aime ; mais , laisse-moi faire. Tiens, mon chien d'amour s'en ira-, je m'étranglerais plutôt. Je m'en vais être ivrogne ; je jouerai à la boule toute la journée ; je prierai mon maître de m'apprendre le piquet; je jouerai avec lui ou avec moi; je dormirai plutôt que de rester sans rien faire. Tu verras , va ; je cours tirer bouteille pour commencer.
COLOMBINE
Tu mériterais que je te fisse expirer par pur chagrin ; mais je suis généreuse. Tu as méprisé toutes les suivantes de France en ma personne ; je les repré-
i34 LA SURPRISE DE L'AMOUR,
sente. U faut une réparation à cette insulte. A mon é%2ird y je t'en quitterais volontiers ; mais je ne puis trahir les intërétsetTIionneur d'un corps aussi respectable pour toi. Fais-lui donc satisfaction ; demandelui à genoux pardon de toutes tes impertinences , et ta grâce t*est accordée.
ARLEQUIN
M'aimeras-^u après cette autre impertinence-]à ?
COLOMBIIVE.
Humilie-toi, el tu seras instruit.
ARLEQUIN, M mettante geooax.
Pardi ! je le veux bien -, je demande pardon à ce drôle de corps pour qui tu parles >.
COLOHBINE.
En diras-tu du bien ?
ARLEQUIN
C*est une autre afiaire ^ il est défendu de mentir.
COLOMBINB.
Point de grâce.
ARLEQUIN
Accommodons-nous. Je n'en dirai ni bien ni mal. Est-ce fait?
GOLOMBINE.
Eh ! la réparation est un peu cavalière ; mais le corps
* Je demande pardon à ce drSle de corps, CTest ud calemboar qnt lai-méme est assez drâle, et qui conyient parfaitement à un drôle de corps tel qu'Arleqaio.