LE PRINCE, FLAMINIA , TRIVELIN
LE PRINCE, àTmelin.
Eh bien! as -tu quelque espérance à me donner? Que dit -elle?
TRIYELIK.
Ce qu'elle dit , seigneur ? Ma foi ! ce n*est pas la peine de le répéter ; il n'y si rien encore qui mérite ▼otre curiosité.
L£ PRINCE
N'importe ; dis toujours.
TRIVELIN
Eh ! non , seigneur ; ce sont de petites bagatelles dont le récit vous ennuierait ; tendresse pour Arlequin, impatience de le rejoindre, nulle envie de vous connaître, désir violent de né vous point voir, et force haine pour nous, voilà l'abrégé de ses dispositions. Vous voyez bien que cela n'est point réjouissant; et franchement, si j'osais dire ma pensée, le meilleur serait de la remettre où on l'a prise.
FLAMINIA
J'ai déjà dit la même chose au prince ; mais cela est inutile. Ainsi continuons, et ne songeons qu'à détruire l'amour de Silvia pour Arlequin.
TRIVELIN
Mon sentiment n moi est qu'il y a quelque chose
d'extraordinaire dans cette fille-là. Refuser ce qu'elle refuse , cela n'est point naturel. Ce n'est point là une femme, voyez -vous; c'est quelque créature d'une espèce à nous inconnue. Avec une femme , nous irions notre train \ celle ^ ci nous arrête ^ cela nous avertit d'un prodige ; n'allons pas plus loin.
LE PRINCE
Et c'est ce prodige qui augmente encore l'amour que j'ai conçu pour elle.
FLAMIUIA, «a rànt.
Eh ! seigneur , ne l'écoutez pas avec son prodige ; cela est bon dans un conte de fée. Je connais mon sexe , il n'a rien de prodigieux que sa coquetterie. Du côté de l'ambition, Silviaa'est point en prise; mais elle a un cœur, et par conséquent de la vanité ; avec cela y je saurai bien la ranger à son devoir de femme. Est-on allé chercher Arlequin ?
TRIVBLIN.
Oui 'y je l'attends.
LE PRIirGE.
Je von» avoue , Flamîofia , que non» risquons beaucoup à loi montrer son amant ; sa tendresse pour lui n'en deviendra que plus forte.
TRIVELIN
Oui ; mais si elle ne le voit , l'esprit lui tournera ; j'en ai sa parole.
FLAMINIA
Seigneur , je vous ai déjà dit qu'Arlequin nous était nécessaire.