‹ OEuvres completes de MarivauxChapitre 41 sur 49 · LA FORTUNE · texte numérisé non relu

LA FORTUNE

Demandez-lui ce qu^îl veut. Pourquoi ne Tai-je pas déjà trouvé chez moi ? Le saut qu'il fallait faire l'auraît-il arrêté ? Comment le désir de venir à moi ne lui a-t-il pas fermé les yeux ? Vite 9 qu'il nous dise ce qui Ta arrêté. Mais que notre ami réponde à son aise 9 et qu'il prenne une posture moins gênante ; je lui épargne cet abaissement-là.

LA SUIVANTE

Levez-vous.

LA VEIDUEE.

J'obéis.

LA SUIVANTS

Qui êtes- vous ?

LA VEHBUB E.

Chevalier del'Arc-en-Ciel.

LA SUIVANTE

Je le vois bien , et je vous demande ce qu'étaient vos parens.

LA VEBDUEB.

Je n*en sais rien ; je ne les ai jamais connus.

LA SUIVANTE

Yous les avez donc perdus au berceau ?

LA VBRDUBB.

Non; ce sont eux qili m'ont perdu, et je fus trouvé par un commissaire.

Ali ! je n'y saurais (cnir. Venez, mou nis ; venez, d%tK obiet de ma complaisance , que je vous cmbruHfte. Coni' bien de ([ualilés n'apportej!-vou« pas pour me plaire I Jt ne m*étonne plus du penchaut que j'avais pour vuus.

l* BiriVlItTE, 1 part.

La Fortune deviendra folle de ce garçon -là. ( a*M. 1 Pourquoi n'avez-voiu pas sauté ? Où est l'iiitrépidilé que doit vous inspirer une aussi beureu$« naia»aDcc ? Cbet qui ^tes-vougauioard'hui?

( L* Forluni ■• »nel .UI un Mar, } Ll VKftDClE.

Chez un homme que la déeaso a comblé de ne» grâces. dans le temps qu'elle logeait rue Quincampoïx. Il ne lient pas à lui <|ui; je ne change dVtat ; il y aurait lonplemps que je disposerais nioi-niémc de lu couleur de mon b.ibit, iti je voulai.i l'en croire.

Qu'il me donnera des emplois , qu'il me fera riche, h je veux épouser Lisette) ci -devant une petite femme de chambre extrêmement iolîe , tout-à-faît mignonne vraiment , et parfaitement nippée. Ce «erait , ma fui , un bon petit ménage tout dressé , et qui n'attend que moi pour devenir honnête ; maïs, néant.

C'est que je ne l'épouserais qu'en accondes noces. Mon

DU PHILOSOPHE. 4i3

maître in*est un peu suspect ; je n'aime pas les veuves dont le mari vit encore.

Là FORTUNE.

Ah ! le benêt ! ah I le sot ! J'en allais faire mon enfant gâté. Allons , qu'il se retire ; je ne veux plus le voir.

Là VBRDUEB.

Mais, ma déesse...

Là SUlVàHTB.

Allez-vous-en , vous reviendrez une autre fois ; mais ne reparaissez que bien déterminé.

( La Verdure tort. }

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