I.vK.iissiuii ;iii îuppliai
c'oslque, si lu veuj, je t', J^claraliou ; ce scja moi qi f ons aime. Et ce ne sera pas i rendrai, au moins; car elle e fort bien l'aimer tout de bor eiJiottemêmeiilfaulquetn ses conqoiiles , et ceini de me sieurs, dites à vos gens de v est l'heure de dincr; etd'ailli cbevalier le temps de change s'ajuste.
C'est mon intention, lui n!| tre compliment , nous nous r, dînâmes. J'allai changerd'hab de paraître. Quand je fus bab salle où nons avions dlnë, et Folville (c'âait ainsi que s'ap] voyais la ressemblance), nMn <ii«-je d'un «ir badin. Regarde
nous u'y sommes que pour huit ou dix jours. Vous TOUS trompez, monsieur, dit Folville; vous y resterez bien plus long-temps que vous ne dites; c'est moi qui vous l'assure. À moins que vous ne quittiez . ce garçon-là , ajouta-t-il en me regardant ; car il va devenir amoureux, et je le condamne à six mois de martyre ici, pour ip'amuser.
J'éclatai de rire à ce discours, dont encore une fois je ne rapporte pas les véritables termes , non plus que tous ceux qu'il m'avait déjà tenus, qu'il me tiendra encore, et que me tiendront toutes les personnes à qui je parlerai. Il faut que j'acbève de m' expliquer là -dessus. Par ce monde vrai, je n'entends pas des hommes qui prononcent précisément ce que je leur fais dire. Leur naïveté n'est pas dans leurs mots, j'ai peut-être oublié d'en prévenir le lecteur; elle est dans la tournure de leurs discours, dans l'air qu'ils ont en parlant, dans leur ton, dans leur geste, même dans leurs regards; mais, par tous ces signes, leurs pensées se trouvent si nettement, si ingénument ex^ primées, que des paroles prononcées ne seraient pas plus claires. Tout cela forme une langue i part qu'il faut entendre , que j'entendais alors dans les autres pour la première fois de ma vie, que j'avais moimême parlée quelquefois, sans y prendre garde, et sans avoir eu besoin de l'apprendre ; car elle est naturelle et comme forcée dans toutes les âmes. Cette langue d'ailleurs n'admet point d'équivoque , et l'ime qui la parle ne prend jamais un mot l'un pour Tautre. Qu'on se ressouvienne que c'est d'après ce qu'on
P=™"n<-'tlailaiinalil|.-c'c-t un vjsagu plei„ J^ J„„e,,u,.
les yeui du monde |,s pl„s , <lan8cegoul-l;,,j,„,,„.j„,„, tliarme particulier. Observez MS . on ilemélail je ne sais tlesleiuieniion déplaire,,, 'Mlcrd«„„aco„verialion, ""■"" l'en proiineial. car 1
maiscudanlrc école 411e sa pr point sortie.
F»lvUk, après q„e „„„, , gnie, s'avança vers elle. Made vous «mène un de mes amis malm comme il arrivail; c'est que mérite et ,,„cj'esiimea,se ongrace do vouloir Ueiiqueje, lie je lui tienne compagnie i le faire ailleurs qu'ici. Je ne c, ï grilce en le recpvam
regarda beaucoup, mais d'une façon si bien ménagée, qu'on eût dit que c'était machinalement ou par pure attention de politesse.
La compagnie était nombreuse , et se partagea. Les uns allèrent se promener dans le jardin qui était de plain-pied avec la salle ; les autres se mirent à joqer. On me proposa le jeu -, je priai qu'on m'en dispensât. Folville fut obligé par complaisance d'être d'une parlie de quadrille, et d'y tenir la place de mademoiselle Dinval (c'était le nom de sa maîtresse), qui ne se souciait point de jouer, dit-elle^ et je restai tête à tête avec elle , assez loin deSi tables où Ton jouait.
Ce tête-à-téte ne plut point trop au présomptueux Folville. Pourquoi donc aujourd'hui refusez-vous de jouer, mademoiselle, lui dit -il de loin, vous qui aimez le jeu ? Voilà la première fois que cela vous arr rive. Est-ce par politesse pour le chevalier? Vous croyez -vous obligée de le défrayer de conversation? Non, mademoiselle, non, ce n'est pas la peine, ne vous gênez point. Approchez-vous du moins. Chevalier, mademoiselle fait des façons avec toi^ je t'en avertis, afin que tu ne le souQres pas.
A ces mots , je me levai, comme voulant la quitter; mais elle me retint, et s'adressant à Folville : Que vous êtes importun ! lui dit-elle. Ne vous embarrassez point de moi. Si vous êtes jaloux, on n'y saurait que faire. Je ne veux ni jouer, ni m'approcher du jeu 5 vos observations me sont désagréables, et vous m'obligerez de ne pas prendre garde à moi. Je me plais ici , c'est-à-dire avec vous, ajouta-t-elle tout bas, eR
joignant à celte aposlrophc le reyard le plus fintleur pour moi. Oui, monsieur le chevitlit-r, contîniia-l>cUe d'un ton par lequel elle semblait vouloir [empfjrer un peu la force de ce qu'elle me disait; oui, monsieur, TOUS me plaisez , je vous l'avoue ; je vous tron%'c d'une figure aimable, extrêmement aimable; et vous le jugez bien à ma façon de vous regarder. Si j'osais , mes ret;ards seraient encore plus intelligibles; mais tout modestes qu'ils sont, je crois <{ue vous ne Inissez pas de les entendre. Voye?. comme je baisse les yi quand vous les surprenez sur vous; c'est afin tie vous iaire conclure que je prends plaisir à vous voir, mai* que , par pudeur, je voudrais bien ne pas vous le laisser deviner.
Que mon ami est heufeux! lui dis-je, sans faire attention au sens caché de ses discours ; et que tous les hommes qui vous voient doivent envier son sort, mademoiselle! Il vous a donc dit que j'allais t'cpouser dans quelques jours? me répondit- elle. Oui, mademoiselle, repris-je; c'est la première nouvelle qu'il m'a apprise. Il est vrai que cela est arrêté, et que tout le monde en est instruit, dit elle; mais je ne sais plus ce qui en sera ; je voudrais à présent n'avoir point été si vite. Eh I dites'moi , monsieur, est-ce que vous voudriez être à sa place? Parlez-vous de son bonheur avec envie? Osez dire ce que vous pensez là-dessus, laissez paraître vos sentimens, je les attends ; je me suis promise et non pas donnée ; je trouverais bien moyen de rompre. Le goût que j'avais pour ce raariagfrlà vient de s'aOaiblir extrêmement; il me
devient insipide , et c*est vous qui en êtes cause. Plus je TOUS vois, plus votreamiyperd; il ne vous vaut pas, il s'en faut bien. Allons, nn peu de hardiesse, ditesmoi quelque chose d'un peu fort. Il n'y a encore que vos yeux qui parlent ; joignez les discours aux regards ; il me sera si doux d'être sûre que je remue le cœnr . d'nn homme comme vous , qui a de si bons airs! Voos^ revenez de Paris, vons avez vn la cour, vons sortez de ce monde qui a le goût exquis, vous avez dû plaire à nombre de jolies femmes -, et n'eussiez -vous que ces avantages, cela est bien considérable. 11 serait flatteur pour moi de vous toucher; ce serait une aventure d'une grande distinction pour mes appas en ce pays-ci, et peut-^tre que je vous aime bien autant h cause de cela, qu'à cause de tout ce qoe vous avez d^simable.
Là-dessus , elle se dëganta , comme pour travailler à un petit ouvrage de broderie qui était à côté d'elle ; mais c'était parce qu'elle avait la main jolie , et qu'elle était bien aise de me la montrer. Les femmes, et même les plus sages , ont taqt de ces petites industries-là ! Vous n'aviez pas vu ma main , me dit-elle ; n'est-il pas vrai qu'elle est belle? Que de grfices dans toute ma personne! ajouta-t-elle, comme enchantée d'elle-même. Elles vous frappent assurément; vous les sentez, vous les admirez , mais trop sourdement; éclatez un peu davantage. Allons, monsieur, ouvrezmoi votre cœur, osez m'entretenir de ce qui s'y passe; embarrassez-moi , faites-moi rougir, en insinuant que vous m'aimez. Mon penchant et ma vanité sont pour
vous; parlez, régalez-mo'i de quelques expressioi»
tendres et naïves.
Folville,lui dis-ie,en me menaut ici , madame, ne m'a pas traittî en ami. Eh bien! apr^s? reprit-elle» eu m'agacanl par mille petites singeries de modestie, qui signifiaient ■. Cela n'est point encore assez, clair; expliquez-vous mieux, sans que je m'en m^'lc. Voulezvous dire qu'il a exposé votre cœur à uq danger dont il ne se tirera pas? Est-ce là ce que vous entendes? Poursuive». Sans Folville que j'ai rencontre, ajoutaije, je ne vous aurais jamais vue, mademoiselle; et c'est un (itourdi qui ne m'a pas mi-nagé.
Nous en étions là de cet entretien si plaisant, quand une dame qui entra avec son mari nous interrompiL M.ulcmoiselle Dinval se leva pour les recevoir; d'autres personnes qui se promenaient dans le jardin, arrivèrent, et la conversation devint générale. A l'égard de mon guide, dont je n'ai point parlé dans tout ceci, il regardait jouer.
Maigre tout ce qu'on vient de m' entendre dire à mademoiselle Dinval, je n'avais nul dessein sur son cœur; je voulais m'amuser seulement. Quant à elle, il est certain qu'elle se sentait du penchant pour moi , ou que du moins elle croyait de bonne foi en sentir; car cela était assez équivoque. Lui plaisais-je, parce que j'arrivais de Paris, que j'avais vu la cour, et qu'elle me trouvait les airs du grand monde? Ou bien étaitce ma personne qu'elle aimait? C'est ce qu'il était difficile de décider, et ce qu'elle n'aurait pu décider ellemôme. Quoi qu'il en soit , que ce fût son cœur ou soi}
imagination qui lui eût parlé pour moi, je fis réflexion que Folville ne gagnait ni à l'un ni à l'autre, et je me promis de ne plus retourner chez elle.
Revenons à cette dame et à son mari , par lesquels nous avions été interrompus, et aux personnes qui du jardin «itaient rentrées dans la saile. La dame était une personne de cinquante -cinq ans à peu prt«, et peut-être de soixante, mais encore de très-bonne mine> avec un peu trop d'embonpoint; et, dans la force de ses charmes, elle devait, sans contredit, avoir été une des plus belles femmes du monde. Elle avait encore des grâces; c'étaient des appas ilgés et non flétris, qui se passaient , mais qui n'étaient pas passés , et qui , dans cet état , avaient encore de quoi se venger tout doucement de quiconque aurait cru les regarder sans conséquence. J'aurais , pour le moins , autant aimé cette femme-lii que trois ou quatre jeunes femmes qui étaient présentes. Tout son tort était d'être un peu trop ajustée. Ce n'est pas que son ajustement ne lui allât k merveille; elle n'avait nul tort à mes yeux; elle choquait seulement le préjugé où l'on est, qu'une femme d'un certain âge ne doit pas être si galamment parée. Et la distinction que je fais là en sa faveur, toutes les femmes de la compagnie la faisaient aussi. Elles sentaient bien tout ce qui restait de mérite à cette dame âgée: mais elles ne le dirent à personne qu'à moi. Elles ne pouvaient pas me le cacher; elles s'expriipaient dans cette langue dont il est question, et que j'entendais.
Ah ! la belle rol>e ! Qu'elle siérait bien it qui n'a
mes aussi âgéesqu' elle, c-t moins bien conscmîes;cir vous m'avouerez qu'elle est bien faite et qa'ellc a le teint l«au.
Oui, monâîeur, me dil-clle avecTÏvadttfj il est vrai ()u\'i tout prendre, cette femme-1^ dissimule assez bien son flge, et qu'elle h de beaux restes; j'en con- Tieiis. Mais il est pourtant ridicule, quand on date d'aussi loin quelle , de venir se présenter en compaguio comme quelque cbose d'aimable, sous priitcxU* qu'on peut ellecliveroent le paraître encore. Oui, je vous le ri-pttc, elle a bonne mine, elle a des yeax, du leinl , des gr3ces ; je ne le nierai point. Je ne sais pas comment cela se fait; mais c'est une vëritë; et voilà ce qui sauve un peu l'impertinence de sa parure et de ses rubans, ce qui fait qu'elle soutientcet attirail galant, et pourtant si déplacé, dans lequel vous la voyez. Cependant elle le soutiendra, monsieur, tant qu'il lui plaira; cela n'empécbera point qu'elle ne soit vieille, et qu'il ne soit sot et extravagant à elle de vouloir nous en imposera présent. Sa figure nous trompe, et ne continue d'être aimable, tout ancienne qu'elle est, que parce que le temps a glisse sur elle, et que les années n'y ont pas fait leur ravage ordinaire; car elle devrait être usée, et elle est censée l'être. En un mot , un pareil étalage est digne de risée ; c'est se moquer des gens. Ne faut-il pas se rendre justice? Est-ce qu'on a un visage à soixante ans passés ? Je n'ai que vingt ans , moi -, je ne sais pas si je suis aimable, ou non; on m'a toujours traitée comme si je l'étais, et il me serait permis de me per-
suader que je le suis. Je ne parle pas de beaulë, d'autant plus que souvent on n'en a que faire ; il y a des physionomies qui s'en passent , et qui peut-être n'en valent que mieux de n'en point avoir. Quoi qu'il en soit, je suis jeune, et comme jeune, il me serait pardonnable de vouloir plaire ; me voilà dans l'âge où l'on plaît, et où l'on mérite de plaire. Mais si je parviens à l'âge de cette femme-là , sans avoir été plus maltraitée qu'elle par le temps , si mon visage alors peut encore en faire accroire à ceux qui me verront, et les induire , contre toute raison , à me vouloir autant de bien qu'il me paraît que vous en vou-* lez à cette femme , je leur dirai : Messieurs , vous vous méprenez; telle que vous me voyez, je serais votre aïeule; mes agrémens ne sont que tricherie; mon visage est un imposteur, dont vous êtes les dupes ; il ne m'appartient plus de vous paraître aimable. Voilà, monsieur, comment je leur parlerai , je le promets.
Vous le promettez de si loin, lui dis-je en riant, que vous ne vous ressouviendrez plus de votre promesse , quand ih sera temps de la tenir.
Ce discours la fit rire à son tour. N'allez pas, au reste, me dit-elle, révéler ce que je vous ai dit. J'ai un procès ; le petit homme noir avec lequel vous l'avez vue entrer , et que vous apercevez là - bas , est son mari et mon juge ; elle a du pouvoir sur lui , et pourrait fort bien Tindisposer contre moi. J'ai besoin de faveur dans mon affaire ; elle n'est pas trop bien fondée , à la prendre dans un certain sens , et ce sens-
là n'est pas If plus faible. Vous feriez donc prudeoi* ment de vous accommoder, lui dis-je. Vous avez raison , reprit-elle; mais aolre partie adverse n'est pas d.iiis le goût d'un accomniodenient, d'autant plus que c'est uous qui demandons- Et qui demandez C£ que vous sentez ne vous ilre pas trop dû, lui dU-je douccmcDt. Peut-être bien, répondil-elle; mais on s'c-tourdit en pareil cas. Le procès vient de mon chef, et je ne veux pas me donner la peine de trop approfondir mon droit, de peur de voir que j'ai tort. D'aillours mon mari a plus de crtidit que celui contre lequel nous plaidons , et cela tente ; c'est un avanlage dont on est bien aise de profiler, pour éprouver es (|iii en arrivera. Quand même nous n'aurions pas le droit de notre côtti, si les juges nous donnent gain de cause, ce ne sera pas notre faute.
Dans le moment qu elle tenait ce discours , le petit homme, mari de la belle femme âgée, vint à passer auprès de nous, pour aller causer dans le jardin avec une autre personne. Monsieur, monsieur, lui dit-elle en l'arrêtant , vous devez nous juger la semaine qui vient, et j'ai envie de m'appuyer auprès de vous de la recommandation de madame*** ; c'était sa femme. Et tout de suite, s' avançant vers cette dame, qui nous regardait : Venez , madame , lui dit-elle j venez , s'il vous plaît, solliciter mon juge. Si, pour tous y engager, il ne tient qu'à vous donner de l'encens, je ne vous l'épargnerai pas. Tenez , en voilà du plus fort. Oui, madame, venez me recommander à monsieur ; ce sera la beauté même qui parlera pour moi. Oo dit
que tout liiu cède \ essayons son pouvoir ; voyons si elle me fera gagner mon procès. Ce sont là des yeux bien en état de m'obtenir gain de cause; ils sont d'une vivacité 9 d'une douceur... Vous êtes aujourd'hui d'un brillant, d'un resplendissaot...
On ^ura la suite dans Tautre feuille.