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nerons pour cela quatre mille livres et un exemplaire du supplément. >> Ils étaient bien sûrs que je me piquerais de répondre à leur confiance. J^ répondis si bien que , dans la suite , ils m'avouèrent que j'avais passé leur attente. Mais reprenons le fil des événemens de ma vie , que mille accidens variaient.
La mort du roi venait de produire un changement considérable à la cour , dans le ministère , et singulièrement dans la fortune de mes amis.
M. Bouret s'était ruiné à bâtir et à décorer pour le roi le pavillon de Croix-Fontàine ; et le roi croyait l'en payer assez en l'honorant , une fois Tannée , de sa présence dans un de ses rendez-vous de chasse , honneur qui coûtait cher encore au malheureux , obligé ce jour - là de donner à toute la chasse un dîner pour lequel rien n'était épargné.
J'avais gémi plus d'une fois de ses profusions; mais le plus libéral , le plus imprévoyant des hommes avait , pour ses véritables amis , le défiant de ne jamais vouloir écouter leurs avis sur l'article de sa dépense. Cependant il avait achevé d'épuiser son crédit en bâtissant sûr les Champs- Elysées cinq ou six maisons à grands frais -, lorsque le roi mourut sans avoir seulement pensé à le sauver de sa ruine ; et , cette mort le laissant noyé de dettes , sans ressource et sans espérance, il prit, je crois, la résolution de se délivrer delà vie : on le trouva mort dans son lit. Il fut , pour son malheur ,' imprudent jusqu'à la félie *, il ne fut jamais malhonnête.
Madame de Séran fut plus sage. N'ayant plus, à la mort du roi , aucune perspective de faveur et de protection y ni pour elle , m pour ses en--
9f Mélf0lRE.S,
faa& y elle fii Htt^iAipkii «olide de l'unique bteii^ iait qu'dle Af ût Accepté ; k iioave««i dîkrecteur des bàtîmeDa ^ le eointe d^AngivilIer , loi ayant pro|M>6é de céder , pour kû y scxfe ïtbxA à un prix ceavenable , eUe j consestiu ANOtli nwm fiàaea délogés ïusk et Tautre^ em 1776 ^ trois an» après qu^elle m'eut accordé cette heureuse bosj^tmté.
L'avénemâiC d«i nouveau roi a la couronne fut suivi de son tacre dans Téglise de Reims.
En qualké d'historiographe de Frai^ce ^ il was fut e^oint d'aâaister à cette cérémonie augitfte. Je ne répéterai point ici ce que )'en ai dit dans unelettrequi futiiuprîmée à non insti^ëique j'ai depuis kisérée dans la eottéetîoa de mes cenVres ^ de est uM faible peinture de Teflet de ce ^and apeclàde sur cinquAUte mille âmes que fy iw Ttas^nblée». Quant à ce qui m'est personnel y jamais rien ne m'a tant ému»
A«t vebie ) feue , Asêm ee roya^pe , lèusles agréasens que ma place pouvait aa'j procurer , et )e etns ks devoir à la manière honorable dont le BMuréohal de Beauvan, capitaine des gardles en eneréieey et n«n confrère à Tacadénne Iranfaise , eut bi bonté de làe traSker.
De toutes les femmes que fm connues , celle dont la palitease a le plus de naturel et de char^ mes ^ 0*est la maréchale de Bcauvau : elle mit y ainaâ qlK sim épous , une attention délicate et Biarquée àdonnrr l'exemple de ee&ët qu'ils tou* ksent que FoneAt pour moi ^ et cet exemple fut stti^. Sensible aux mavqties de leur hiânv esl-» lance , je l'ai depuis cultivée à'ver tkAià. Le caraks^ lève du maréchal n'était pas aussi attrayant que oclmde sa femme ^ cqy eud a m jamoiscétte diignité froide qu'on lui cepioçlndt ne m'a gêné un mo^
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ment avec lui. J^étais persuadé que , dans toute autre condition, son air, sesmafiiéres, son ton , auraient été les mêmea , et , en m'acconuaodant avec ce mil me semblait être soa naturel , }e le trouvais bonnéte et bon , obligeant y serviaUe même sans se faire valoir^ Pour sa femme , au^ iourd'bui sa veuve , ye ne crois pas (ju^il y ait sous le ciel de caractèi*e plus aimable ni plus accom* pli que le sien. C'est bien eUe qu'on peut appe> 1er justement et sans ironie la femme qui a toujours raison ^ mais la justesse, la netteté, la darté inaltérable de son esprit est accompagnée de taftt de douceur , de simplicité , de modestie et de grâce, qu'elfe nous fait aimer la supériorité même qu'elle a sur nous. 11 semble qu'elle nous coin'" munique sop esprit, qu'elle associe nos idées ave^ les siennes , et nous l^se participer à l'avantage ott'elle a toujours de penser s^i juste et si bien» Son grand art, comme son attenti<m la plus con^ tinuelle , était d'honorer son époux ^ de le faille valoir , de s'effîtcer pour le mettre à sa place ^ et pour )tti céder l'intérêt, la considération, les respects qu'elle s'attirait. À l'entendre , c'était tOui^ jours à M. de Beauvau qu'cm devait rapports tout le bien qu'on louait en elle. Ohn^vez , mes enfiins , qu'eue n'y perdait rien , qru'eUe n'en était même que plus bonorée ^ et que ce lustre réfléchi qu'elle prétait au caractère de don époiwt ne faisait que donner au sîen plus de relief et plus d'éi'lat^ Jamais femti»e n'a mieux seoiti la dignité de ses devoirs d'éfloule, et tte lesarrasr plis avee plus 4e nc^esse*
Ma lettre &ur la cérémonie du aaere , publiée et distribuée à la cour par l'intendanA die Champagne , y avait produit Velfet < d'un tableau qtd
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retraçait aux yeux du roi et de la reine un jour de gloire et de bonheur. C'était pour moi , dans leur esprit , un commencement de bienveillance. La reine , quelque temps après , me témoigna quelque bonté. Chez elle , sur un petit théâtre , elle voulut faire jouer Sylvain el Tjimidela Maison» Ce petit spectacle fit im plaisir sensible; et , en passant devant moi , la reine me dit , de l'air le plus aimable : Marniontel ^ cela est char' mont. Mais ces présages de faveur ne tardèrent pas à être démentis à l'occasion des deux musiques.
Sous le feu roi, l'ambassadeur de Naples avait persuadé à la cour de faire venir d'Italie un hanile musicien pour relever le théâtre de l'Opéra français, qui, depuis long-temps, menaçait ruine, et qu'on soutenait avec peine aux dépens du tré-* 8or public. La nouvelle maîtresse , madame Dubarry, avait adopté cette idée , et notre ambassadeur à la cour de Naples , le baron de Breteuil , avait été chargé de négocier l'engagement de Piccini, pour venir s'établir en France, avec deux mille écus de gratification annuelle , à condition de nous donner des opéras finançais.
A peine fut-il arrivé , que mon ami , l'ambassadeur de Naples , le marquis de Caraccioli, vint me le recommander , et me prier de faire pour lui , me disait-il , au grand Opéra , ce que j'avais fait pour Grétry au théâtre de l'Opéra-Comique.
Dans ce temps-là même était arrivé d'Allemagne le musicien Gluck , aussi fortement recommandé â la jeune reine par l'empereur Joseph son frère , que si le succès de la musique allemande avait eu l'importance d'une affaire d'Etat. On avait composé à Vienne , sur le canevas d'un