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peÎBtqu^rl regardait cette offre comme une dérision , et il demanda sa retraite*.
C'était là ce qu'on att^idait avec une yi^e impatience dan^ Je saloei de Maurepas ^et la marquise ae Flammarens, sanièce^ue me Ta pas dissimulé* Mais lui y feignant de ne pas consentir à ce qu'il .désirait le plus , refusa de pi^ésenter au roi la démission de IMecker, et 6nit par. lui dire que c^était â la reine . qu'U fallait la remettre , s'il était résolu décidément à la donner.
La reine ^ qui l'écoutait favorablement et qui lui marquait de l'estime , se&tit la perte qjue le roi allait faire ; et, voyant que Neeker persistait dans sa résolution , elle exigea qu'il prit au moins vingt-r-quatre heures pour y réfléchir mû* rement..
Neeker, en se consultant lui-même, se. retraça le bien qu'il avait £ait, pensa au bien qu'il: aurait fait encore ,. sentit d'avance l'amertume des regrets qu'il aurait après y avoir renoncé y et ne pouvant se persuader qu'un vieillard, au bord de la tombe , voulût être envers lui obstinémjent ini,uste , il se détermina à le voir encore une fois.
. « Monsieur , lui dit-il , si lie roi veut bien me témoigner qu'il est content de mes services , il. peut m'en donner une marque qiai v^ sera pour moi qu'tm moyen de le mieux servir -, c'est la direction des marchés de la guerre et de la marine. -— Ce que vous: demandez, ditMaurepas ,. oifenserait Les deux ministres. . — Je ne le crois
})as, reprit Neeker^ mais, au surplus, tant pis pour e ministre qui ,. dans l'examen des dépenses qu'il lui est impossible d'apprécier lui-même, m'envie«rait un travail qu'il abandonne à ses commis.,)^
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Le denu€F mot de Vun fut que cela n^étadt pa^ proposable ^ la dernière résolution de Tautre fut d'aller supplier la reine de faire agréer sa démission. La reine k reçut et le roi Taccepta. Voilà de quelle source ont dérivé tous nos malheurs^ Nous allons les voir se grossir et se déborder par torrens , fusqu^à nous entraîner dans la plus pro-fonde ruine.
On peut trouver peu vraisemblable la Êicilîté quVut le roi à se priver d'ua homme habile et qui Tavait si bien servi ^mais ce bien était altéré ar des insinuations adroites et perfides. Neckev ui était peint comme un homme rempli d'orgueil^ «t d*im orgueil inexorable. On avait y disait-ony voulu lui faire entendre qu*en supposant dans le mémoire de Bourboulon des erreurs de calculs^ ces erreurs n^étaient pas des crimes ; qu^ n'y avait pas lieu d^exiger qu'un prince, qu un frère du roi déshonorât un homme à lui , en le chas^ aant pour avoir déplu à un ministre des finances v mais rien n'avait pu Tapaiser. On lui avait oilert de demander pour lui et d'obtenir de sa majesté Bne faveur dont s'honorait la plus haute noblesse^ les entrées du cabinet ; mais il les avait dédai-gnées. Comme il se croyait nécessaire, il prétendait faire la loi \ il se comparait à Sully y. et ne demandait rien de moins qu'à dominer dans les conseils , à surveiller tous les ministres , en un mot , à s^isseoir sur le trône à côté du roi.
Ije désintéressement avec lequel Necker avait voulu servir l'état contribuait encore à le faire passer pour un altier républicain , qui voulait (pi'onlui dût sans rien devoir lui-même ^ et, pour en dire ma pensée , en refusant , comme il avait fait, les appointemens de sa place , Necker avait
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dû s^altendre qu^on explicf^uerait mal cette fiepté humiliante pour tous ceux qui ne Tavaient pas >, et qui ne pouTaient pas Tjivoir.
Enfin , pour Me laisser au roi $ueun regret sur le renvoi de JNecker , on avait trouvé le moyen: de lui persuader que ^ si c'était un mal y ce mal était inévitable»
Uun des projets de Necker était ^ comme Ton:
sait , d'établir dans tout le royaume des assemblées provÎBciales. Or , pour iàire sentir au roi Futilité de ces assemblées , Necker , dans un mémoire qu'il lui avait lu dans son travail y et quf n'était que» pour lui seul ,. avait exposé d'un côté les înconvéniens de l'autorité arbitraire confiée » des intendans , et l'abus qu'em. faisaient leursagenssubal ternes ; del'àiitre côté, l'avantage qu'il 7 aurait pour le roi à se rapprocher de ses peu-pies , et à gagner leur confiance personnelle et mimédiate, afin de moins dépendre de l'entremisedes parlemens.Ce méraoire, surpris et divulgué en même temps que Bonrboulon Êûsait courir le sien , déplut à la magis^ature ^ et l'indisposa contre Necker autant qu'il le fellak pour donner* Keu au vieux ministre de £iire entendre au roi que y dans l'esprit des parlemens , Necker était un bonune perdu \ cme les corps ne pardonnaient
Eoint \ que celui qui les avait une fois offensés ;s trouverait à jamais intraitables ^ que cette* mésintelligence serait une hydre à combattre sans cesse ; que Necker le sentait lui-même y et qu'en; se retirant pour d'autres causes simulées , il reconnaissait que la place n'était plus tenable pour
lui. ^
Une singularité remarquable , et qui seuleferait connaître l'insouciance de Maurepas ^ c'est
Îue , lorsqu^il rentra dans son salon: , tout )oyetr& u départ de Necker, ses amis lui ayant demandé quelbomme il mettrait à sa place , il avoua qu'il n'y avait point pensé. Ce fut ^ m'a dit sa nièce , le cardinal de Rohan qui , se trouvant Et par hasard, bu, désigna Fleuri i et Fleuri fut nommé.
Cet ancien ccmseiUer d'état^, esprit 6n, souple, Insinuant , avait pour lui ses relations et ses af" finités dans la magistrature ^ c'éuût 5 aux yeux de Maurepas , un avantage considérable y car , ne voyant dans les finances qu^une guerre de chicane entre. la cour et le parlement , pour lui, le plus habile contrôleur général serait celui oui saurait le mieux se ménager des véhicules et des facilités pour faire passer les édits. U s'était fait lui - même un point capital d'acquérir la bien-veillance des parlemens , et il voulait qu'à sos^ exemple un administrateur des finances eût avec eux cette souplesse qui , par des moyens doux , obtient ce que l'autorité commanderait â peine. Heuri, sous ce rapport, reihplit assez bien son attente. ïl fit passer , sans aucun obstacle , pour cinquante millions d'impôts. Necker lui avait laissé deux cents millions de fonds dans les coffres du roi. C'en était plus qu'il n'en aurait fallu à un ministre habile et bien famé pour être dans l'aisance ; mais ^ avec ces secours y. Fleuri tomba dans la détresse , manqua de ce crédit que l'estime publique ii'accor(£e qu'à la bonne loi.
Six mois après la mort de Maurepas Fleuri fut renvoyé v et le roi , pour avoir au moins un honnête homme à la tête des finances , y appela d'Ormesson.
Malheureusement celui-ci n'avait que de ht
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probité. Médiocre en tout le reste , étranger aux finances , dépourvu de moyens , assailli de nécessités , pressé par des gens en crédit , etréduit à Falternative ou de se retirer , ou de se soutenir par d^indignes condescendances , il nliésita point dans le choix , et , avec son intégrité , il aima mieux descendre du ministère que de s'y dégrader.
Un poste aussi glissant 9 où Ton ne faisait que des chutes , aurait du , ce semble , effrayer Tarnbition des aspirans ^ elle n'en était que plus âpre ^ et , dans toutes les avenues de la laveur , il n'y avait pas im intrigant qui , avec quelque légère teinture des aflaires , ne crut pouvoir prétendre à remplacer celui qui venait de tomber.
Dans cette foule , un homme d'esprit et de talent se distinguait , c'était Galonné. Il avait pris, 1>our réussir , une manière d'autant plus singuière qu'elle était simple. Loin de dissimuler son ambition, il l'avait annoncée ^ et, au lieu de l'austérité dont s'étaient armés quelques-uns de ses prédécesseurs , il s'était paré d'agrément , d'aménité , surtout de complaisance pour les femmes ; il était çoimu d'elles pour le plus obligeant des, hommes \ et , dans les confidences qu'il faisait de ses vues à celles qui étaient en crédit , il n'est point d'espérances dont il ne fût prodigue pour se concilier leurs voix. Aussi ne cessaient -elles de vanter ses lumières , son habileté , son génie. Il n'était guère moins attrayant pour les hommes, ar une politesse aisée et naturelle qui marquait es distinctions, sans en rendre aucune offensante, et par un air de bienveillance qui semblait être favorable à toutes le^s ambitions. A chaque mutation nouvelle , c'était lui qu'appelaient toutes
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les voix des gens du inonde. Enfin il fut nommé , et , en arrivant à Fontainebleau où était la cour , on eût dit qu'il tenait en main la corne d'abondance 5 on l'accompagnait en triomphe ( 3 novembre ijSS ).
D'abord , se croyant à la source d'une richesse intarissable , sans calculer ni les besoins ni les dépenses qui l'attendaient ^ ivre de sa prospérité , dans laquelle il s'imaginait voir bientôt celle de l'état •, dédaignant toute prévoyance , négligeant toute économie , comme indigne d'un roi puissant *, persuadé que le premier art d'un homme en place était l'art de plaire \ livrant à la faveur le soin de sa fortune , et ne songeant qu'à se rendre agréable à ceux qui se font craindre pour se faire acheter, il se vit tout à coup environné de louange et de vaine gloire. On ne parlait que des grâces de son accueil et des charmes de son langage. Ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression déformes élégcm,tes'^ et Tobtigeance , ce mot nouveau , parut être inventé pour lui. Jamais , disait-on , le ministère des finances n'avait été rempli avec autant d'enjouement , d'aisance et de noblesse. La facilité de son esprit dans l'expédition des affaires étonnait tout le monde , et la gaieté avec laquelle il traitait les plus sérieuses le faisait admirer comme un talent prodigieux. Ceux même enfin qui osaient douter qu'il fût le meilleilr des ministres , étaient forcés de convenir qu'il en était le plus charmant. On publiait que son travail avec le roi n'était qu'un jeu ^ tant sa légèreté y semait d'agrément; rien d'épineux , rien de pénible , nul embarras
Îour le présent , nulle inquiétude pour l'avenir, re roi était tranquille , et tout le monde était
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contettt , lorsqu^au bout de trois ans et quelques mois de ce brûlant et riant ministère , fut révélé le secret funeste de la ruine de Tétat.
Ce fut alors que Ton vit dans Galonné dès ressources et du courage. Après avoir inutilement épuisé tous les moyens de ranimer le crédit expirant , il vit que sa seule espérance était dans quelque coup aéclat qui donnât aux édits Taspect d'une restauration delà chose publique ; et, pour les montrer revêtus d'une autorité imposante , il demanda au roi une assemblée de notables , où il exposerait la situation des finances , jiJBn d'aviser avec «lie aux moyens de remplir le videqu'il y avait trouvé, disait-il, et que la guerre dans les deux Indes avait dû augmenter encore.
Celle assemblée fut ouverte à Versailles le aa février 1787. Le travail que Galonné y présenta était vaste et hardi ; et peut-être méritait-il plus de faveur qu'il n'en obtint ; car il touchait aux grands moyens d'accroitre la somme de Timpôt , et en même temps de la rendre plus légère en la divisam. Mais les notables étaient du nombre de ceux qu'allaient frapper les nouvelles impositions; et c'est à quoi, bien malheureusement pour eux et pour l'état, ils n'avaient jamais pu conr sentir. Des jnrojets de Galonné , les uns furent 3Ugés confus et captieux , d'autres pleins de difficultés qui les rendaient impraticables , d'autres enfin mauvais , quand même ils auraient pu s'exécuter. Tel fut te résultat des observations des notables sur la partie de son travail qui avait subi leur examen , car il ne fut pas même discuté jusqu'au bout.
Sa base était l'impôt territorial en nature , dont l'avantage aurait été de suivre l'accroissement
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progressif des valeurs. Si cependant on ravaît trouvé trop difficile à percevoir, il en aurait changé le mode , pourvu qu'il eût été perçu également sur tous les biens-i'onds. Mais on ne voulut pas même entrer en conciliation avec lui \ et , pour le fond , ainsi que pour la forme , les notables articulèrent que cet impôt était inadmissible , et en même temps déclarèrent que sur toute espèce d'impôt ils refusaient de délibérer, à moins qu'on ne mit sous leurs yeux des états détaillés de la recette et de la dépense , dans lesquels on put voir comment s'était formé le déficit^ que , si , d après Téxamen des comptes , une subvention nouvelle était indispensable , ils consentiraient quel'impositiou en fût égale sur tous les mens.
La réponse du roi fut telle qu'ils Tayaient pré* Tue. Il leur fut défendu d'insister sur cet examen} mais réclalrcissement que refusait Calonne , luimême il l'avait provoqué , en se faisant un procès avec Necker sur l'origine du déficit. Voici comment il s'était engagé dans ce défilé périlleux.
En 1787, à l'ouverture de l'assemblée, le déficit, de l'aveu de Calonne , montait à cent quinze millions ^ et , comme il avait besoin de croire qu'une partie considérable de ce déficit existait avant lui , il le crut et il l'avança dans l'assemblée des notables.
Necker, averti que, dans cette assemblée, Calonne devait accuser d'infidélité tous les comptes rendus avant son ministère , lui écrivit qu'ayant donné l'attention la plus scrupuleuse au compte qu'il avait rendu en 1781, il le tenait pour par- &itement juste ^ « et comme j'ai rassemblé , ajou«*