LIVRE xiî. igj
tak^il, les pièces justificatives de tous les articles qui en étaient susceptibles , je me trouve heureu-^ seinent en état de prêter à la vérité toute sa force. Je crois donc , monsieur , être en droit de vous demander, ou de n'altérer en aucune ma- ' nière la confiance due à l'exactitude dece compte, ou d'éclairer vos doutes en me les communi* quant. »
Galonné , avec une promesse assez légère de ne point attaquer ce compte , éluda l'éclaircissement. Necker insista 9 et, pour réponse à la lettre la plus pressante , il reçut un billet poliment iro* ilique , avec un exemplaire du discours que Galonné venait de prononcer dans l'assemblée des notables , et dans lequel it avait avancé qu'en 1781 il y avait un déficit considérable entre les revenus et les dépenses ordinaires. Neckçr en même temps fut instruit que, dans le grand comité des notables qui s'était tenu chez Monsieur y Galonné avait expressément dit que cette somme était de cinquante-six millions*
Alors ce fut au roi que Necker se plaignit que, sans avoir voulu l'entendre , le contrôleur-général des finances se fut permis de l'accuser. « Sire, disait-il dans sa lettre, je serais l'homme du monde le plus digne de mépris , si une pareille inculpation avait le^moindre fondement; je dois la repousser au péril de mon repos et de mon bonheur , et je viens supplier humblement votre majesté de vouloir bien permettre que je
f>araisse devant mon accusateur public, 011. à 'assemblée des notables , ou dans le grand comité de cette assemblée , et toujours en présence de votre majesté. » Gette lettre fut sans réponse ; mais Necker ne se crut pas obligé d'entendre ce
igB MÉMOIRES.
silence du roi comme on voulait cp'il Venten* dit. « Le roi , dit-il dans le mémoire qu'il pu* blia , n'a pas juge à propos d'adhérer à ma demande ] mais , pénétré de l'étendue de sa bonté et de sa justice , je me soumets avec confiance à l'obligation qui m'est imposée par l'honneur et la vérité. »
Dans ce mémoire, il convenait qu'en 1776 Cluny avait ladssé dans les finances un vide de vingt-quatre millions ; il convenait aussi que, dcv puis la mort de Cluny, en octobre 177b, jusxpi'au mois de mai 1781, époque où il s était luixnéme retiré des finances , 1 accroissement des charges avait monté à quarante-^inq millions ; mais en même tonps n montrait comment il avait rempli ce vide, tant en économie qu'en bonifications dans les revenus de l'état. C était  discuter et à réfuter ces calculs que les notables prétendaient que Calonne était obligé ; et il faut convenir que ^ trop légèrement , il s'y était engagé lui-même.
Necker avait rendu ses calculs les plus clairs qu'il était possible 5 sa véracité reccnmue y ajoutait encore un grand p<Mds. Le livre crn'il venait de publier sur les finances avait fortiné sa réputation personnelle ; ses mœurs , ses talens , ses lumières , avaient dans l'opinion publique une consistance d'estime qu'il n'aurait pas fallu essayer d'ébranler sans de forts et puissans moyens.
Necker fut exilé pour avoir osé se défendre.
Ce fut encore un tort que se donna Calonne ; il fallait ou l'entendre avant de l'attaquer, ou trouver juste et bon qu'il eût repoussé son attaque. Il lui imputait son mauvais succès dans l'assem-^