‹ OEuvres complètes de MarmontelChapitre 63 sur 117 · LIVRE XIII. 22t · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. 22t

àe^^iifàxoàf M^çhie à sçop çordl>^. bleur , il possé^ dait en bénéfices, six a^M 6oixanie-dj?crliuit mille libres de rente , et que tout réceiQBient encore ijU}^ QO}^ de bois. dws. Tiuie <ie ses abbayes lui ^yah vain un millioiii.

{ja considération dontNecker avait joui s'était accrue dans sa disgrâce ; mais autant. Testime pubjUipe devs^t rencoup^er) auiant devait Vior quiéter la situafion du. rojàume.

Aleutpur de la capitale, soixante lieues carrées de pays , et du pays le plus fertile , absolument dévastées fe^ la grêle h ta veille de la moisson , la récolte mauvaise dans tout le reste du royaume ; le mi^ 4^,blés: exç^éré en^ïore par la crainte de la faixiiiiie , et d^a^ Turgente iié<;essité d'en faire venir di^ dehçMrs , £^uqun fonds ni aucun crédit ; tous les eâetfi raya^x décriés sur la place et ^r^sque sans valeur ] toute voie interdite et aux empr^ipts et aux impôts ; d'un c6te , la recette nécessairement appauvrie ; de l'autre , la dépense fof'cé^ieu^ augmentée , et, au lieu des contrîbutions auxquelles sout soumis les habitans de la çampagQe , d^S secours pressant à répandre dans les Ueiçc que ]a grêle venait de ruiner ; les trî*biipaii:! daus l'inaction; partout la licence impunie e% la police intimidée ^ la discipline même rbftupelante parmi les troupes, et attaquée dans 43e principe aobéissance ei de fidélité qui en est le mrf et le i*essort ; tout l'ancien droit public dij^cut^ et mis en problème ; enfin toutes les classes et lOiUs les ordres de l'état, sans convenir lespns ayecles autres, nicbacun d'eux avec lui- Hièiue , sur ce que devaient être les états généraux , s'accordant à les demander avec les plus vives instwces, et jusque-là ne voulant entendre

à aucune subvention: telle était la crise effrayante ou Necker trouvait le royaume.

Son premier soin fut de rétablir l'ordre : l'interdiction des parlemens fut révoquée, la justice reprit son cours, etles lois de la police leur force et leur action; Le trésor , vide à l'arrivée de Necker, parut tout à coup se remplir ^ les caisses cin furent ouvertes 5 et , si le désolant arrêt du 16 août ne fut pas révoqué d'abord , au moins fiitil comme annulé : tout fut payé en espèces sonnantes ; et , quelques semaines après , un nouvel arrêt du conseil acheva d'effacer la honte de la faillite de Brienne.

En laissant tomber ce ministre disgracié dans le mépris , la haine publique s'était jetée sur Lamoignon , regardé comme son complice 5 il fallut le sacrifier. Cependant, comme je dois plus à la vérité qu'à l'opinion , j'oserai dire que le roi perdit dans Lamoignon un bon ministre, et l'état un J)on citoyen. Trompé par la réputation que Brienne avait usurpée, Lamoignon n'avait vu d'abord rien de meilleur à faire que de se lier avec lui. Sous la promesse réciproque d'agir ensemble et de concert. Il ne fut pas long-temps à reconnaître en lui une tète vide et légère \ mais, en le voyant s'engager dans des défilés dangereux , il llavertît souvent , l'arrêta quelquefois, et ne l'abandonna jamais. Le tort ou le malheur de Lamoignon fut d'être mal associé. Il voulait ardenmient le bien , il aimait tendrement le roi : il m'a dit à moi-même qu'il ne connaissait pas un meilleur ni un plus honnête honmie : et lui ',

Slein de ce vieil esprit d'intégrité de ses ancêtres , semblait avoir pris pour ses vertus de caractère le courage et la loyauté. La haine même des

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