‹ OEuvres complètes de MarmontelChapitre 67 sur 117 · LIVRE xni. ^Î'SS · texte numérisé non relu

LIVRE xni. ^Î'SS

dessus tout , une garantie continuelle defa liberté civile et de la liberté politique ^ et tous ces avantaçeg ^ il ne les espérait dçs états généraux qu'au- ,

tant que les con^munes y feraient respecter leurs justes réclamation^. Lç ^^eto de V}in des trois ordres , s'ils opinaient par chapibre , Ini semblait un obstacle invincible et perpétuel aux n^eilleures résolutions. Il voulait do?;ic que l'on pût recourir à ropmion par tJ^te : ce qui Q/e serait équitable xjp'autant que les cop^mu^es seraient en nombre égal avec Téglise et la noblesse. C'était de ces deux ordres ligué$ avec les parlemens qu'était venue la xésistance A la perceptipu des vingtièmes ; c'était pour rompre çettte ligue qu'on avait r^îcours aux communes. Alors encore le langage des communes était l'expression des seQtimens les plus convenables et pour l'autorité royale çt

λour la personne du roi. Ce fut à ce langage que . e ministre fut trompé.

On vient de voir que les notables , en ^édui- ^apt à une contribution modique le d^oit d'élire et d'être élu , l'avaient rendu indépendant de toute propriété réelle , au risque d'y laisser introduire .un grand .nond:>re d'homnites indifférens sur le sort de l'état. Necjcer, dafls l'illusion qu'il avait le malheur de se faire à lui-même sur l'attention qu'aurait le peuple à bien qboisir ses députés , et sur le caractère de sagesse et de probité, qu'un saint respect pour leurs fonctions imprimerait aux députés du pi^uple , Qrut devoir, comme les notables , gêper le moins possible Ja liberté des élections , et fixer au plus bas la qu^otité d'imposition qui dominait d^oit d'être élu. Ce fut l'une des ses erreurs. En accordant au tiers état l'égaUté du.nombre , il devait bien pré-

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voir qu'une partie du clergé se rangerait dû côté du peuple 5 et à ce clergé populaire il donna cependant tous les moyens de s'e trouver en force dans les premières élections : tous les curés y étaient admis, tandis qu'il n'accordait aux coUégiales qu'im représentant par chapitre. Les curés devaient donc être élus en grand nombre , et aller grossir aux états le parti auquel ils tenaient et par l^s nœuds du sang , et par leurs habitudes , et surtout par la vieille haine qu'iK couvaient pour le haut clergé.

Cependant comme cet avantage était trop évident , s'il était décidé que l'on opinerait par tête, le ministre accordait aiix premiers ordres la liberté de n'opiner ainsi que de leur plein consentement , source de dissensions où infailliblement les plus faibles succomberaient.

C'est ici le moment critique où la conduite de ce ministre cesse d'être irrépréhensible et a besoin d'apologie. Jamais homme ne fut plus éloigné que lui de l'infidélité perfide dont l'a fait accuser l'iniquité des temps •, mais, quant à la sécurité de sa confiance en un peuple que la ligue et la fronde lui avaient dû faire assez connaître, il est trop vrai que rien ne saurait l'excuser.

Sans doute pour remplir et les devoirs d'homme public , et ceux de citoyen , et ceux de serviteur d'un roi jeune et vertueux , comme il le dit luimême, il fallait ecZairèr sa justice , diriger ses inclinations^ et le faire jouir de la, première des faveurs du trône ^ de la félicité des peuples et de leurs touchantes bénédictions. Mais il fallait éclairer sa sagesse en même temps que sa justicel'avertir, en le conduisant , des risques qu'il allait

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