IV»E XVI
)) Âvez-Yous prodigué leur sang ? ètes-vous cruel , implacable ? avez-vous abusé de la justice ? le peuple vous impute-t-il ses malheurs ? vous nomme-t-il daos ses calamités ? ont-ils pu vous dire que le peuple est impatient de votre joug ? Non , non , ils ne Font pas fait. La calomnie n'est du moins pas absurde : elle cherche un peu de vraisemblance pour colorer ses noirceurs.
» Votre majesté a vu tout récemment ce qu^elle peut sur son peuple. La subordination s'est établie dans la capitale agitée ; les prisonniers mis en liberté par le peuple , d'eux-mêmes ont pris leurs fers ^ et l'ordre public qui peut-être eût coûté des torrens de sang , si l'on eût employé la force , un mot de votre bouche l'a rétabli ] mais^ce mot était un mot de paix ; il était l'expression de vQtre cœur , et vos sujets se font gloire de n'y résister jamais. Qu'il est beau d'exercer cef empire ! c'est celui de Louis IX , de Louis XII, de Henri IV, c'est le seul qui soit digne de vous. Nous vous tromperions, sire , si nous n'ajoutions
Î)as , forcés par les circonstances : Cet empire est e seul qu'il soit aujourd'hui possible en France d'exercer. La France ne souffrira pas qu'on abuse du meilleur des rois,, et qu'on l'écarté , par des voies sinistres , du noble plan qu'il a lui-même tracé. Vous nous appelez pour fixer, de concerit avec vous , la constitution , pour opérer la régénération du royaume. L'assemblée nationale vient de vous déclarer solennellement que vos vœux seront remplis , que vos promesses ne seront point vaines , que les pièges , les difficultés , les terreurs ne retarderont point sa marche et n'intimideront point son courage.
398 * ItÉMOIRES.
» Où donc est le danger des troupes^ affeete-» ront de dire nos eimeinis? et que vealent dire leurs plaintes , puisIjuHls simt inaccessibles au d^onràgement r Le danger, sire , est pressant et universel ', il est au-delà de tous les calculs de la prudetice humaine.
)) Le danger est pour le penjie des provinces ^ fine fois alarme sur notre liberté , nous ne connaissons plus de frein qui puisse le retenir^ La distance seule groâsit -, exagère tout , double les inquiétudes 9 les aigrit , les euvenime. Le danger est pour la cajHitale. De quel œil le peU{4e , au sein de Tindigence , et tourlneuté des angoisses les plus cruelles , se verra-t-ii disputer le reste de sa subsistance par une foule de soldats meuaçans ? La présence des troupes ameutera j produira une fermentation universdle -, etleprèiaîer acte dé YÎolenèe etercé , soUS prétèàttc de police, peut cojoimencer une suite borrible de malheurs.
» Le danger est pour les troupe^. Des soldats français , approchés du centre des discussions , participant aux passions comme aux intérêts des peuples , pourront oublier qu'un engagement les a faits soldjBLts pour se souvenir que la nature les fit hommes i
» Le danger , feire , meUaéè les travaux qui sont notre premier devoir , et qui n'auront un plein succès , une véritàMë perniâUence qu'aU^ tant que lés peuples les regarderont cointie entièrement libres. Il est d'ailleurs uiie contà^on dans les mouvèmèns passionnés. Nous ne sommes que des homme^ : la défiance de nbUsrmêiHes , la crainte de paraître faibles, peuvent nous entraîner au-delà du but. Nous serons obsédés d'ail*