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lions qu il avait prises. Il fallut donc qu'il s'expliquât lui-même ; et à ce langage plein dVrti&ce il répondit par des raisons pleines de force et de candeur.
(( Personne n'ignore , dit-il aux députés , les désordres et l^s scènes scandaleuses qui s^e sont passés et renouvelés à Paris et à Versailles sous mes yeux et sous les yeux des états généraux. Il est nécessaire que je fasse usage des moyens qui sont en ma puissance pour remettre et maintenir l'ordre dans la capitale et dans les environs. C'est un de mes devoirs principaux que de veiller à la sûreté publique. Ce sont ces motifs qui m'ont engagé à faire un rassemblement de troupes autour de Paris. Vous pouvez assurer les états gé- .néraux qu'elles ne sont destinées qu'à réprimer , ou plutôt qu'à prévenir de pareils désordres , à maintenir l'exercice des lois , à assurer et à protéger même la liberté qui doit régner dans vos délibérations. Toute espèce de contrainte en doit être bannie , de même que toute appréhension de tumulte et de violence en doit être écartée. Ce ne seraient que des gens malintentionnés qui
Sourraient égarer mes peuples sur les vrais motifs es mesures de précaution que je prends. J'ai constamment cherché à faire tout ce qui pouvait tendre à leur bonheur, et j'ai toujours eu lieu d'être assuré de leur amour et de leur Gdélité.
» Si cependant la présence nécessaire des troupes dans les environs de Paris causait encore de l'ombrage , je me porterais , sur la demande de l'assemblée , à transférer les états généraux à Noyou ou à Soissons , et je me rendrais à Compiègne. »
C'est ce qu^il était bien sûr que Tou ne de-
manderait pas. Bien n'était plus contraire au plan formé que de se séparer du peuple de Paris. , tl était donc plus qu'inutile d*en témoigner Tintentîon ; et si , par un nouveau tumulte , le roi était forcé à cette translation , crae ne Tordonnait-il ? que ne se rendait-il à Compiègne avec sa maison et une garde respectable , en déclarant nulle et contraire au droit de sûreté et de liberté des suffrages toute délibération prise au milieu du trouble qui agitait Versailles et Paris ? Le parti populaire n'eut garde de quitter son
Î>oste. Il avait besoin d'être soutenu de la popuace *, c'était en l'agitant qu'il se rendait lui-même Jouissant et redoutable. Aussi répondit-il , par 'orgaiie de Mirabeau , que a c'était aux troupes à s'éloigner de l'assemblée, et non pas à l'assemblée à s'éloigner des troupes. Nous avons , dit-il , réclamé une translation pour l'armée et nqn pas pour nous. »
Dès -lors au moins fat -il bien évident que c'était par le peuple que les communes voulaient agir \ et , dans cette lutte d'autorité oui allait s'en-
!;ager , elles voulaient toutes leurs lorces et n'^;i aisser aucune au roi.
n était juste cependant que le roi conservât au moins une force de résistance. Dans les monarchies les plus tempérées , le roi a le droit du i^eto , et jamais on n avait douté de la nécessité de la sanction royale pour donner aux décrets des députés du peuple la forme et la force des lois. En effet , comme dépositaire de la puiçsoilGe executive , le roi avait le droit d'examiner les lois qu'il devait faire exécuter ^ et par sa qualité de premier représentant de la nation , il était con^ fititué le surveillant des autres. Daps le tumulte
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et dans le cltoc des passioi^s divertses çt des in* térèts opposés qui pouviiient diviser une assemblée politique , il était fréquemment à craindre que la résultat d'une discussion orageuse ne fût pas la résolution la plus sage et la plus utile. Souvent il en pouvait passer de contraires au bien publie. Une seule voix au-dessus de l'égalité numérique pouvait faire une loi d'un injuste et violent décret. Toutes les fois que Téloquence passionnée et la saine raison seraient aux prises , il y avait peu de sûreté pour le plus équitable et le meilleur parti. Leroi^ dans lalégislation, était 4onc un modérateur y un régulateur nécessaire ; ce n'était donc ni dans la volonté du roi seul > ni dans celle des doutés du peuple , que devait réi&ider la plénitude de la puissance législative , mais dans Taccord de ces deux volontés , et le consentemeQt de Tun aux résolutions de l'autre formait cette sanction royale.
Or , si ce droit d'examiner et de sanctionner les lois j d'y donner son eonsentènàent ou d'y apposer son veto était méconnu , contesté ^ refusé au monarque \ s'il se voyait ravir son autorité légitime ; s'il voyait son trône ébranlé, sa couronne avilie , le sceptre de ses pères prêt a se briser dans ses mains y ne serait-il pas nécessaire qu'il fût armé pour les défendre? ne serait-il pas juste , aux yeux même de la nation y qu'il apprit aux copunumes à se renfermer dans les bornes qui leur étaient marquées , même par leur mandat ?
Ces questions agitées dams le conseil effrayaient les ministres.
« Tout acte de rigueur , disaient^ils , seraitune démarche égalemei^t fimeste ^ 9oit quHI fallût h
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soutenir y soit qu'il fallut rabandonner ; une ho^ tilité contraire aux sentimeos duroi , capable d'allumer entre son peuple et lui les feux de la guerre civile , et qui rendrait odiieux le pouvoir qu'elle aurait renou redoutable ou<{ui l'avilirait s'il se laissait braver. »
Placés eux-mêmes entre deux écueils , dans un détroit où allait périr l'autorité royale , ou ce qu'on appelait la liberté publique , n ayant jpoar sauver l'une et Tautre , ni assez de crédit, ni assez d'influence , ils employaient auprès du roi tous les moyens de discussion que leur donnaient son estime etleur zèle : ils ne lui faisaient voir qu'imprudence et péril dans ce rassemblement de troupes mécontentes et corruptibles dont on se croyait assuré. Mais fussent-elles plus affermies dans la volonté d'obéir , qui répondrait que c'en serait assez de leur approche pour rétablir l'ordre et le calme ? Et si on manquait le but d'intimider le peuple, si, au lieu de le contenir, on allait l'irriter encore, que ferait-on pour le réduire ? que ferait-on pour l'apaiser ? Us voyaient , a la tête du parti populaire , des hommes d'un naturel pervers ; ils y voyaient aussi des fourbes profondément dissimulés : mais ils présumaient bien encore du caractère national ^ils comptaient un grand nombre de gens de bien dans les communes ', et l'exemple du roi , sa modération , sa loyauté , sa bonté généreuse , y pouvaient faire
E révaloir des sentimens analogues aux siens* iCur espérance était la même que celle de Lally- Tolendal , lorsqu'en parlant à là noblesse de son bailliage, il Im disait : Ik uous trompent, citoyens nobles , ceux qui i^ous disent que le tiers n*a réclama la justice que pour être injuste , et