‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de Clermont (volume 2)Chapitre 28 sur 141 · QUATRIÈME SEMAINE DU CARÊME · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SEMAINE DU CARÊME

Ecoutons d'abord le Journal de Dangeau : « Dimanche 6 [mars), à Versailles. Le roi alla au sermon et au salut. — Mercredi 9, à Versailles. Le roi eut un peu de goutte ; on le porta au sermon dans sa chaise à bras. — Vendredi H , à Versailles. La goutte du roi est un peu augmentée, et au sortir du sermon où on le porta, il se fit reporter cb-ez madame de Maintenon, où Rigaud continua de travailler à son portrait. Madame la duchesse de Bourgogne suivit le roi au sermon, qu'ils entendirent en haut dans la tribune ; et puis elle alla chez madame de Muiiitenon ».

Voyons maintenant ce que dit la Gazette de 1701, à la date du 11 mars : « Le 6, quatrième dimanche de carême, le roi, accom|>ngné de Me^ le Dauphin et de madame la duchesse de Bourgogne , entendit dans la chapelle du cbàteau la prédication du P. Massillon, prêtre de l'Oratoire ».

Voici les rapides notes de Dangeau : « Dimanche 2 (mars), à Versailles. Le roi, après le sermon, alla tirer. — Mercredi 6, à Versailles. Le roi, après le sermon, alla tirer. — Vendredi 7, à Versailles. Le roi, après le sermon, alla se promener à Marly. Madame la duchesse de bourgogne... était au sermon ».

Recueillons maintenant le témoignage de la Gazette pour celte semaine : « Le 2 mars, quatrième dimanche de carême, le roi, accompagné du Dauphin, du duc et de la duchesse de Bourgogne, entendit dans la chapelle du château la prédicatiou dn P. Massillon ».

En 1704, madame de Coubnges remarquait, dans une lettre à madame de Grignan, que, malgré ses succès , le P. Massillon avait affaire à une terre difticile. Dans cette même année 1704, madame de Grignan écrivait à mailame de Simiane, en lui parlant de l'opéra que Danchet et Campra avaient composé sur le Télémaque de Fénelon : « Si dans cet opéra qu'on fait on conserve cet esprit et ce caractère (l'esprit et le caractère du Télémaque qu'elle a si bien exposés), il fera plus de fruit que les sermons du P. Massillon ». (M"" de Sévigné, édit. Régnier, t. x, p. 505 et 508.) Mais apparemment la Cour était une terre vraiment ingrate ; car madame de Maintenon, de son côté, écrivait à l'archevêque de Paris le 31 janvier 1700 : « La religion est peu connue à la Cour; on veut l'accommoder à soi, et non pas s'accommoder à elle ; on veut toutes les pratiques extérieures , mais non pas l'esprit ». {Correspondance générale, édit. de M. Lavalléc, t. IV, p. 308.) Elle disait encore {Ibid., p. 314) à M de Noailles,

à propos de son mandement pour le carême de 1700. « On ne compte point du tout qu'il faille se convertir on ne veut être

damné ; mais il n'y a pas moyen d'aimer Dieu et de changer de vie ! » Le fait est, hélas ! que si Massillon remporta de pacifiques triomphes et fut l'heureux auteur d'illustres et sincères retours, tels qu'en citent La Harpe, Buugerel et la marquise d"Huxelles, il échoua quelquefois et trouva des résistances opiniâtres. Madame du Dcffaud racontait souvent couunent elle ne voulut pas plier sous la pieuse éloquence de Massillon. Dans les mémoires inédits du cardinal de Bernis, conservés à Saiul-Marcel par son petit neveu M. le marquis de Bernis, le prélat, parlant des tentatives réitérées que fil le religieux évêque de Clermont pour le convertir à une sainte vie, lorsque encore chanoine de Brioude il était très-jeune et très-recherché, confesse qu'il remit à des années moins vives et moins entraînées le soin de changer de mœurs et de vie.

Nous avons sept sermons pour cette semaine. Les plus remarquables sont ceux sur V Aumône, sur la Médisance, sur VlnjuS' tice du M(>nde envers les Gens de bien, et sur la Mort. On remarquera aussi le discours qui a pour titre : Des Doutes en matière de Religion ; mais il ne parait pas appartenir aux carêmes prononcés devant Louis XIV. Le sermon sur l^ Aumône est le seul de celte semaiue qui se trouve marqué au même jour et par l'édition de t7i5 et par le recueil de Trévoux.

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