PREMIÈRE PARTIE
Je ne crains point de convenir dabord avec vous, mes Frères, (juc les miséritoides du Seigneur sont toujours plus abondantes que nos malices, et (|ue s^a bonté peut fournira tous les pécheurs de légitimes motifs de confiance. La doctrine que je dois établir e^t assez terrible, sans y ajouter de nouvelles terreurs en ne montrant qu'à demi les vérités qui peuvent l'adoucir; et si l'on a besoin d'user d ménagement en cette matière, c'est plutôt en n'exposant pas tout ce qui serait capable d'alarmer les consciences , qu'en taisant une partie de ce qui pourrait les consoler.
Il est vrai, mes Frères , que les livres saint nous donnent partout de la bonté de Dieu des idées magnifiques et consolantes. Tantôt c'est un maîlre doux et patient qui attend le pécheur à |)éniteuce; qui dissimule les péchés des honunes pour les porter à s'en repentir; qui se tait, qui se repose, qui ne se pressa point de punir, qui difière afin qu'on le prévienne, qui menace pour être désarmé : lanlôl c'est un ami tendre qui ne se lasse point de heurter à la porte du cœur ; qui nous fiattc, qui nous presse, qui nous sollicite, qui nous sup|)lie; et qui emploie pour nous attirera lui tout ce dont un amour ingénieux peut s'aviser pour ramener un cœur rebelle : tantôt fcufiu, car on n'aurait jamais tout dit, c'est