‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 3)Chapitre 26 sur 45 · PREMIER SERMON · texte numérisé non relu

PREMIER SERMON

UNE PROFESSION RELIGIEUSE

Misît de snmmo , et accepit me , et assmnpsit me de diquis multisj... et eduxit me in la^tudinemy quoniam Toluit me.

Le Seigneur a tendu sa main du haut du eîel; il m'a mhoisi et n^a retiré du milieu des grandes eaux; et il m^a ûonduit dans un lieu spacieux et assuré » parce qu'il m'a aimé, Pg, 17. 17. 20.

Vj'est ainsi qu^un roi selon le cœur de Dieu^ délivré de tous ses ennemis ^ échappé à tous les périls qui avoient tant de fois menacé sa yie ^ tranquâle enfin sur un trône où la main dû Seigneur Favoit placé , et jouissant au milieu de Jérusalem du fruit de ses victoires passées ^ de Famour de ses peuples ^ de Festîme de ses sujets ^ et de toutes les douceurs d^un règne heureux et florissant: c^est ainsi que rappelant tant de bien* faits à leur source ^ et sentant croître sa recon— noissance avec sa prospérité ^ il repassoit sans cesse dans son esprit les merveilles du Seigneur ^ et ne se lassoit point de publier les miséricordes dont il Favoit prévenu dès le sein de sa mère*

l*' SERM. POUR UNE VROFESS* ItELIG. ^Sj

Il m'^a tendu la main du haut du ciel ^ se disoit tous les jours à lui-même ce prince religieux ^ il m^a choisi sur tous mes frères :; il mV préféré à tous ceux de ma tribu;; il a rejeté la postérité de Saûl ;; il a dédaigné les grands et les puissans ^ et il m'*est venu chercher dans ma plus tendre jeunesse , moi qui n''offrois enpore à ses yeux que 1|L simplicité de mon cœur , * et Fobscurité de mes premières années : Misit de sumrno ^ et accepit me.

Comment pourroîs-je assez publier la magnificence de ses grâces ? continuoit ce roi fidèle. U ne s^est pas contenté de jeter sur moi les regards d^une élection étemelle ;j sa main toutepuissante m^a délivré de tous les périls qui m'^environnoient^ de Tinsolence de Goliath^ des persécutions de Saùl ^ des embûches des Philistins ^ de la perfidie d^Absalon ^ et des pièges mêmes de ma prospérité et de ma gloire : Et assunipsit me de tu jais multis, . Enfin pour couronner ses miséricordes ^ il m"** conduit dans la sainte Jérusalem ; et par un piif efiet de sa bonne volonté , il a établi pour toujours ma demeure dans ce lieu de paix, de sûretë et d^abondatice : Et eduxit me in latitudinem. ^ 4]Uoniam voluit me.

Voilà , ma chère Sœur , Thistoire des mîséri-* cordes du Seigneur sur votre ame , et les trois points de vue pas oii vous devez envisager., le reste de vos jours ^ le bienfait signalé qui vous consacre aujorn^d^hui à Jésus-Christ. Sans cesse

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désormais ranimaut aux pieds des autels votre reconnoissance ^ par le souvenir des misérioordes de Dieu sur vous , vous devez vous dire à vousmême comme David :

Il m''a tendu la main du haut du ciel ^ il a daigné me choisir seule dans la maison de mon père ^ il m'*a préférée à tant drames qull laissé périr dans le monde , sans jeter sur eDes ce regard puissant de miséricorde qui mi^en a retirée : Misit de sumrno , et accepit me.

Aussi ce n''a pas été assez pour son amour ^ de me choisir dans ses conseils étemels ^ combien d'*ames appelées sont infidèles à Tattrait^de leur vocation ! n a brisé tous les liens qui auroîent pu me, retenir encore sous Tempire de ce monde corrompu ^ et m^a aidé à me sauver d^un Heu où les naufrages sont si communs ^ et où le salut est si rare : Et assumpsit me de aquis muhis.

Que lui rendrai-je pour tant de bienfaits? D a comblé tous, ses dons en me conduisant dans le lieu saint ;j il mV ouvert les portes de la sainte Sion^ et ni''a placée au milieu des vierges fidèles qui le servent;; et ce qui enchérit encore le prix de ses faveurs , c^est qull nen a trouvé les motifs que dans les richesses de sa miséricorde et de sa bonne volonté pour moi: JEt eduxit me in lati-^ tiuUnem ^ quoniam voluit me.

Et voilà , ma chère Sœur , les trois consolations de la vie religieuse que vous allez embrasser. P. cm î ère consolation tirée du choix que Dieu feit dWe anae qu'il prend pour son partage :

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Misit de summo ^ et accepit me. Seconde consolation prise des périls infinis et de la corruption générale du monde^ d^où il la retire : Et assumpsit me de aquis multis* Enfin dernière consolation produite par les sûretés et les avantages de la religion ^ où il Tappelle : Et eduxit me in latitudineni ^ quoniam voluit me. Une consolation d^élection ^ une consolation de préservation ^ une consolation de consécration. Implorons ^ etc. A[fe^ Maria.

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