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Faniour-propre , quî perfectionnent toutes lesvertus. Dans le monde ^ toutes les occupations sont des périls , ou des crimes : tous les devoirs ront des écueils ^ toutes les bienséances sont des inutilités' ou des pièges. Ici^ ma chère Sœur^ toutes les occupations sont des vertus^ ou des secours qui y conduisent : tous les pas tendent \ers le ciel:j les oeuvres mêmes les plus indifierentes ont leur mérite par Fobéissance qui les règle : tout soutient au dehors ^ et Ton y peut trouver d''écueil que dans soi— même.
, Le secours des exemples. Quel bonheur de vivre panai des vierges fidèles^ qui nous inspirent Famour du devoir ij qui nous le rendent aimable ^ qui nous soutiennent dans nos découragemens^ qui nous animent dans nos dégoûts ^ et qui portant le joug avec nous ^ en adoucissent la pesan-teur ! Daus le monde ^ il faut sans cesse se défendre de tout ce qui nous environne. Ici tout ce qui est autour de nous nous instruit : quelque vite que nous marcliions dans la voie de Dieu ^ nous en soyons toujours qui nous devancent ;; et dans ces momens de dégoût où les forces semblent nous manquer ^ nous sommes comme portées par le mouvement unanime de nos soeurs ^ qui fournissent la même carrière.
Les secom^ de la charité ^ des attentions et des prévenances de nos sœurs. Quelle douceur d^a^ Voir a passer le reste de ses jours au milieu des personnes qui nous aiment , qui ne veulent que notre salut ^ qui sont touchées de nos malheurs ^
POUR UNE PROFESSION RELIGIEUSE. 339
$eiiàibles à nos afilictioDs ^ attentives à nos besoins ^ seconrables dans nos folblesses ^ toujours prêtes à nous ouvrir leur cœur ^ ou à recevoir les effusions du nôtre, et de nous faire trouver dans la sincérité de leur tendresse et de leur charité , toute la ressource et la plus grande consolation de notre vie ! Il s^en faut bien , ma chère Soeur , qu'ion puisse se flatter d'^un semblable bonheur dans le monde : hélas ! on y vit au milieu de ses ennemis : ceux mêmes que Tamitié nous lie , ne tiennent dWdinaire à nous que par des liens d^intérêt ^ de bienséance ou de caprice : ou s^ plaint sans cesse qu'ail n^y a point d'^ami véritable , parce que ce n^est pas la charité et la vérité qui lient les cœurs. Ici tous les cœurs sont à nous , parce qu''ils sont . tous au même maître que nous : c''est le même intérêt qui nous lie , la même espérance qui nous unit^ et nous trouvons dans chacune de nos sœurs , tout ce qu^elles trouvent à leur tour en nousmêmes.
Le secours des avis et des sages conseils , qui nous j^çdressent sans nous aigrir ;j qui nous guérissent sans notf5 fîêr^ uûft nouvelle plaie; qui préviennent nos fautes , ou qui efl df v*ena,ça^ aussitôt le remède. Sans le monde* on ne trouve, ou que des flatteurs qui nourrissent nos foiblesses, ou que des censeurs qui les exagèrent. Ici la même charité qui nous montre nos fautes , y compatit et les cache ; et si nous n^avons pas le bonheur de vivre exempts de défauts , nous avons 4u moins la consolation de \ivre e:vempts d'or-*
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reurs ^ et de ne pas ignorer ce que nous sommet Que dirai-je enfin ? le secours des prières et des gémissexneus de nos soeurs ^ qui s^'intéressent ' pour nous auprès de Dieu ^ qui attirent sur nous ses miséricordes ^ qui lui offrent leur ferveur , leur vigilance ^ leurs austérités .^ pour remplacer nos momens d^'infidélité et de paresse ^ qui ^ joignant leurs vœux et leurs soupirs aux nôtres y donnent une nouvelle vertu et un nouveau mé-
■ rite à nos prières.
A tous ces secours extérieurs ^ ajoutez i, ma chère Sœur ^ les grâces intérieures que le Seigneur
■ verse ici avec abondance selon sa promesse :; et qui non-seulement adoucissent son joug et les rigueurs apparentes de ces saintes solitudes , mais qui nous les rendent aimables , et en font toute la douceur et toute la consolation de notre vie.
Que de secours. ^ ma chère Sœur ^ la uiiseri- ' «orde de Jésus-Christ vous prépare dans ce saint asile ! que de soutiens, pour votre foiblesse i qt» ' de sûreté pour Finnoccnce de votre âge ! que de remparts contre vous-même ! que dç. facîîîi*» pour tous vos deyclw ! que de remèdes pour tous %os VAàViX ! que de ressources pour tous les événemens de votre vie ! Et tandis que tant d'^ames dans le monde vivent au milieu- des écueils et des précipices , sans défiance ^ sans secours ^ en profe à tout ce qui les environne :, exposées au dehora à tous les ennemis de leur salut ^ vides au dedans de ces dons singuliers de foi et de grâce ^ qui rendent tous les eiforts de Satan et tous ses pièges.
POtTR OTE I^RÔFEISSION RELIGIÏtySÉ'. S^l
ioutiles,^ que les miséricordes du Seigneur sut TOUS ^ ma chère Sœur ^ sont uniques et admî— ^ jeabled ! lui , comme dit le prophète , qui délivré votre ame de mille morts que le monde vouspréparoit : Qui redimit de interitu animcun tuam^ ,(Ps. I03. 4. etseq. ) lui qui vous comble et vous couronne de ses dons et de ses grâces ; Qui coronat te in misericordid et miser ationîéus ; lui qui vient au-<devant même de vos désirs, qui .vous accorde toutes les demandes de votre cœur^ en vous ouvrant ces portes sacrées, et qui semble prodiguer eu votre feveur ses biens et tous les trésors de ses richesses : .Qui replet in bonis r/e— ■ siderium tuum ^ lui enfin qui renouvellera ici sans cesse votre force , et qui prolongera jusqu^à la vieillesse la plus avancée , toute la ferveur et toute la: sainte vivacité de votre premier âge : Renovabittir ut aquilce jugent us tua.
Revôtez-vousdouc, ma chère Sœur, avec u»
cœur pénétré de reconnoisgance , de ce voile re-^ ligieux qui va vous mettre désormais à couvert des séductions du monde et des attaques deTennemi : regardez les vêtemens sacrés dont la religion vous revêt aujourdliui , et qui vont succéder aux dépouilles du siècle 5 regardez-les comme les signes écla tans de votre délivrance, et les témoignages* éternels de la bonté de Dieu pour vous ^ et si Ton^ vous demande un jour, comme autrefois aux Juifs , ce que siçniiGtônt ces mai*ques extérieures: de consécration et de sacrifice dout vous allez- êt»^ revêtue ; Quid sibi vtdmht testitnonia hœrç^ .^
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( Deut. 6. ^o. ) repondez hardiment comme euxr ïïous étions esclaves en Egypte, et nous gémissions sous le joug de Pharaon ;; et le Seigneur a opéré un prodige éclatant en notre faveur pour nous en délivrer, et nous condm're dans luie terre sainte , ou nous célébrons sans cesse le souvenude ses merveilles et la gloire de son nom :
Servi eramus PliaraonU in JEgjpto , et ^duxit nos Dominus in manujbrti. (^Ibid. ^ . ai . )
Et voilà, ma chère Sœur, les consolations que la miséricorde de Dieu rassemble dans la vie religieuse^ dernier avantage dont je devois vous entretenir : mais il faut finir. Our , ma chère Sœur , que ne puis~je vous exposer toutes les: douceurs que vous allez goûter dans la retraite samfe , où la grâce aujourd'^hui vous appelle ! celte paix du cœur que le monde ne connoit pas, et que le monde ne sauroit donner : cette jofe qui sort du fond d\me conscience pure ; ce calme heureux dont jouit une ame morte à tout ce qui agite les enfans d'Adam ;; ne goûtant que Dieu seul , ne désirant que Dfeu seul , et ne s''étaut réservée que Bien seul. Quel repos , ma chère Sœm- ! quelle innocence de vie ! les passions tranquilles, les penchans réglés, tous les désirs éteints, hors celui d'aller jouir de Jésus-Christ ^ Timagînatiou pure , les goûts innpcens , Tesprit soumis et paisible , Famé tout entière dans la paix tt dans la joie du Seigneur.
T^js sont les trois avantages de la vie relî^^ieuse et IVccompi i^semént des promesses que le Seigneur
POtm tJînS PROPESSTOIÎ HELIGIETISE. Szfî
dans son prophète fait à cette portion pure deson troupeau , à ces épouses fidèles et ferventes ^ à ce peuple nouveau et choisi. Il liabitera dans Tin séjour de paix : Et sedebit in pulchritudinè pacis : (Is. 32. ift. ) premier avantage ^ les tentations y sont moiiidres. Il habitera sous des tentes de sûreté et de confiance : Et in tabernaculis^ Jiducide i second avantage^ les secours y sont plus ^auds. Enfin il habitera au milieu des richesse* et des douceurs de Tabondance : Et in requie opalentd* dernier avantage^ les consolations y sont plus abondantes..
Que pourrois-je vous dire îcr à vous ^ mes^ Frères , qui ^vez le malheur de vivre dans le monde ?■ ( car ces cérémonies religieuses ne doiventpas être pour vous un simple spectacle ^ mais une* instruction) ^ que pourrois-je vous dire ici ? de sortir du monde ^ où Tordre de Dieu et li^ devoirs de votre état vous retiennent ? non • mes Frères ; mais de tâcher de vous faire des périls mêmes y des embarras et des amertumes du monde ^ une voie de sahit : vous y trouverez..^ je Fa voue ^ plus de difficultés ^ mais tout est possible à la grâce. Vous eaViéz le cahne et Theureuse tranquillité où vivent ces épouses de Jésus-Christ : vous Ta comparez aux agitations éternelles ^ aux craintes^ aux chagrins , aux perplexités , à ce tumulte d'afTaires, dépassions^ de devoirs, de bienséances^ qui ne vous laissent pas un moment tranquilles. Maïs , mes Frères , ce n*'est pas la retraite pré'cisément <|ui donne la paix du cœur ^ c'est riu—
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nocence de* la y\e ^ ce sont des mœurs conforme!» à la loi de Dieu : vivez bien ^ et vous serez heureux. Vous ne trouve» point le rejpos, parce que TOUS le cherchez où il u^est pas^ dans la &veor , dans Félévation ^ dans^ les plaisirs ^ souvent même dans le crime ^ tout cela troublé , lasse , ronge , retnplit le cœur de poison et d'amértwme ^ vous le savez : cherchez-le en Dieu seul , et vous le trouverez : lui seul est un Dieu de paix et 4e consolation. Le crime n^a point fait jusqu'îcT d^heureux^ ne vous y promettez pas une destinée plus favorable que eelte de tous les pécheurs qui ont marché avant vous, dans les voies^ triâtes et améres de Tiniquîté. Notre cœur u^est fait que j^our la vertu et pour Finnocence : tout ce qui' le tire de là ^ le tire de sa situation naturelle et primitive, et le rend malheureux. Quel bonheur pour neus, mes Frères, de ne pouh'oirabandoiioer Dieu sans qu^il uous> en- coûte ^ sans que hotr^ eœur se i^volte contre nous-^mêmes lËt ne sommes-nous pas bien crîrmnels , dVcheter au prix de tout notre repos ^ notre infortune éter-^ Belle ?
Grand Dieu ! qtfcc tardé-je donc en effet ée TOUS rendre un coeur^ convaiucu tous les jours y par sou inquiétude danshle crime , qu'ail uVst fait que pour voiffi ? pourquoi fla^obslîné-je à chercher dans les créatures cette paix et cette félicité chi^mérique que je n^ai pu y trouver jusqu'ici ? pour^ ^oi soutenir plus long-temps des dégoûts et des vemiards aflj.'eux , qui empoisonnent toute la dou^
POUR UNE PHOFESSION^ RELIGIEUSE. 3^5
«eur de ma vîe^ moi qui n^aî qu^à revenir à vous^ 6 mon Dieu ! pour voir commencer mon bonheur et finir ma misère ? Des vierges simples et innocentes ravissent le ciel à mes yeux ^ et sans balancer , renoncent à tout ' dès Fentrée même de la vie , pour s^assurer vos promesses éternelles ;j et depuis tant d'^années que je gémis sous le joug du monde et des passions^ et moi déjà bien avancé dans ma carrière ^ je n'ai pas la force de me dégager des chaînes fatales qui m''accablent^ et de voua consacrer lés restes d'aune vie infortunée , que le monde et les passions ont jusqu''ici tout occupée ! O mon Dieu ! laissez— vous toucher à mes malheurs et à ma foiblesse : répandez toujours des amertumes sur mes passions insensées ^ et ne vous lassez pas de me poursuivre et de me rendre malheureux ^ jusqu'^à ce cpue je me sois lassé moimême de vous fuir , et d**aimer mon infortune ;j afin que revenu à vous ^ 6 mon Dieu ! je puisse enfin posséder mon cœur dans la paix et dans la joie ^ et attendre cette paix étemelle que vous avez préparée à ceux qui vous aiment* Ainsi «Qit-il*