QUATRIÈME SERMON
PO VK
UNE PROFESSION REUGIEUSE.
Sponsabo te mihi in Sjsinpiternnni, et spousaho te milii in jiistitià et jndicio, et in roisericordiâ t et sponsabo te milii in fide; et scies quia ego Dumtnus*
Je vaîi vous rendre mon épouse pour jamaîa par wu atliaiice de justice ^ de jugement, de miséricorde ^ el par une inviolable Jidélit.' ; et vous saure:^ (fue je suis le Seigneur. Osée, 2. 19, 20.
Vj^eSt ce qui se passe entre Jésus-Christ et une amè que les passioas avoient entralaée ^ lorsque, revenue de ses égaremeus ^ elle s^unit à lui par les liens de la foi et de la justice ^ et ne veat plus YÎvre que pour réparer par une constante fidélité les transgressions de sa vie passée. On peut dire qu alors elle renouvelle avec le Seigneur Palliance autrefois jurée dans son baptême : sans renoncei' à tout^ elle le prend pour son partage : sans se cacher dans un saint asile ^ et se dérober à la vue des hommes ^ elle ne vit plus que pour lui seul : sans se dépouiller des biens périssables, elle les méprise ^ et ne connolt plus d^autre bien ^ que
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celui de le posséder : sans se séparer d^un époux terrestre ^ elle ne perd plus de vue Tépoux immortel (jumelle a dans le ciel : enfin sans changer d^état, elle change de cœur ^ et éloigne d'elle tout ce qui pourroit encore rompre le nouvel engagement qu^elle contracte avec sou Seigneur*
Cependant^ ma chèce Sœur ^quelque puissante que soit la grâce dans une ame encore engagée dans le monde ^ quelque fervens que soieut ses désirs ^ quelque sincère que paroisse sa pénitence et son retour à Dieu ^ il est vrai de 4] ire que Falliance qu'^elle fait avec lui au milieu du monde ^ par une conversion véritable ^ est toujours suivie de mille imperfections que la vie du monde rend inévitables. Les sollicitudes temporelles ^ les devoirs et les bienséances ^ qui se multiplient à proportion du rang et de la nais* jBance ^ les égards que le monde exige ^ et qui ne nous laissent pas toujours les nialtres de disposer de nous-mêmes ^ les usages dont la piété la plus austère n^oseroit se dispenser ^ les liens de la cbair et du sang auxquels il faut encore tenir ^ les soins pour se concilier Tamitiié de ceux qui dispensent les grâces i; les prévoyances pour ménager a des enfans des établissemens dignes de leur naissance ^ les contre-temps qui dérangent toutes nos mesures^ tout cek partage le cœur malgré nous-mêmes ^ occupe nos affections ^ s'^empare de nos pensées ^ ralentit uotre foi ^ imousse notre goût pour les choses du ciel , rend la pratique de la prière et des autres œuvrer dfi
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salut ^ plus sèche et plus lauguissante ^ répand mille nuages sur notre esprit ^ laisse encore au monde trop de aédît sur notre cœur , et Êdt que la piété sert plutôt à nous faire déplorer en secret les embarras qui Tafibiblissent ^ qu''à nous faire goûter les cousolations qui Taccompagnent
C^est donc à tous proprement ^ ma chère Sœur^ que s adressent aujourd^'hui oes paroles de mon texte : c'^est avec vou s que le Seigneur Ta faire une alliance sainte et éternelle ^ et telle que son amour peut la désirer. Ce n^est pas assez pour lui de vous posséder à demi^ conmie il possède encore tant dVmes qui le servent au milieu du monde: il vous veut toute à lui^ il est jaloux de tout votre cœur , et ne peut souffiîr que les afFections même les plus légitimes puissent le partager encore. Heureuse si après avoir surmonté tous les obstacles qui s^'opposoient à votre sacrifice 5 si après avoir résisté à toutes les soHîcitations qui nous avoient presque fait craindre pour votre persévérance^ si après vous être arrachée d^un monde ^ qui a mis tout en œuvre pour vous retenir ^ vous ne commencez pas à moins estimer un bonheur que personne ne vous dis:putera plus ! heureuse si les suites ne ralentissent rien de la ferveur de ces commencemens ^ et si après avoir fui le monde ^ lorsqu^il couroit après vous ^ vous ne le regrettez pas lorsqu^il vous aura tout-à-fait oubliée }
Mais non ^ ma chère Sœur ^ nous avons de vous de meilleures espérances ^ 6t des presseo-»*
timens
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tîmcns plus heureux pour votre salut : Cofifidimus vneliora et viciniora saluti, ( Hebr. 6. 9. ) Ce n''est pas ieî uq parti pris dans un âge encore tendre , où une longue éducation dans ces saints asiles décide toujours presque de nos choix ^ et où le monde encore inconnu Qu'offre encore rien aussi qui puisse nous séduire : cVst une sainte résolution formée , soutenue long-temps au milieu du monde méme^ et d^un monde où tout vous rîoit ^ où tous les suffrage^ étoient pour vous , où vous nVviez que trop de ces taleiis dangereux qu*'il faut pour lui plaire ^ où vous étiez devenue la seule consolation d^une mère désolée ^ en un mot ^ où tout sembloit devoir vous attacher , et où cependant ^ quoique mille obstacles aient retardé le dessein où vous étiez de le quitter ^ rien n^a été capable de vous en détourner. Ainsi^ ma chère Sœur ^ les applaudissemens d^im monde profane , auquel le ciœur est si sensible , si généreusement méprisés ^ le seul lien même qui vous attachoit encore au monde , en vous attachant à une mère tendre jet chrétienne ^ si généreusement rompu ^ ce lien que vous respecterez toujours ^ et dont le souvenir plus vif sans doute ^ sur le point d^en rompre les nœuds pour jamais^ arrache peut-être encore à votre cœuF des restes de regret et de tendresse ^ lès routes dngulières par où la providence vous a conduite en ce lieu saint* le soin spécial qu'elle a p^ru prendre jusques ici de votre destinée ^ tout cela ^ ma chère Sœur . nous rassure sur les suites : les difficultés que 1« Tome FIL Oraisons fvm% 33
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moBidé a formées à Totre entreprise iiot» répondent qu'elle ne peut être que Pouvrage de Dieu. Oui ^ Seigneur ^ vous ne rejett^ez pu HHé i^ictime que votre main ellenatéme a cehduil» à travei» tant d'olxrtacies àuac piéds de Fautd. Al>amloaitez ^ kiê. bonne heure ^ ces vierges im- {irudentes:, qui ne se donnent à vous qu^ regret; et auxquelles Tocgueil tout seul ^ et le diagm ûe ne pouvoir trouver dam le monde d''établiss(v ^aent qui soutienne la vamté de leur nom et de iem^ naiisance^ ouvt« les p€>rtes de c^ lieu saint: «le jetés qœ desTegards d^iadigoation et de mépris fiur ees ^Miorifices foaoés xpa'^on offre au monde ^lutét qu'à vous-mémie.) et oùi^on ne vous donne que ce (pi'il a rejeté. Mais pour cette \ierp fidèle ^ qui entre de bonne foi dans vos Toies; qui mqprase avee imesainte fierté tout ce qoe ie monde lui offitHtde chiunutés*^ qui renonce > tout pour vous suivre^ qui v^us confie le dépM «te sa foi et de scn immcence ^ et vous prend pour sa pcntion et -son seul héritage : vous êtes^ Sdgxteur ^ fidâe dans vos promesses : vous la garderas comme la prunelle de votre œâ , et la mettrez à Tal^ri sous 4e& ailes da votre grâce.
Eu leffet ^ ma dsèrè Sœiur , il ne faut qu^exa* miner les ewactères de raUiance que vous allei contracter avtec Jésvs^hxist ^ pour conclure qt^ de tous lès pri^ugés ée «ditit , il n^^en e^ pas di plus certain , ni 4e fhts o^ns^higA pour vous.
POUR tNE PRQFISSION BELIGIEUSE. SS^