‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 3)Chapitre 36 sur 45 · PREMIÈRE RÉFLEXION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RÉFLEXION

JliN premier lieu ^ le Seigneur va yoiu rendre I sou épouse par une alliance de justice : sponsabo i; te in justitid : premier caractère. Ceat^-à-dire ij qu'ail étoit juste que tous lui donnassieas cette { marque de votre amour ^ que YOtre recoonoisrr \ sauce envers lui ne pouvoit s^acquitter à moins | I et qu''im sacrifice moios entier n^eùt pas- répondu à ce qu'ail étoit en droit d^àttendre de. \(Ou»< Oui^ ma chère Sœur ^ la mesure de ce que nous d^^ vous à Dieu e9t ce que nous avons reçu de lui : ^ il n^e^ige pas égaleaaent de toutes les ames^ parce qu^il ne leur donne pas à toutes également. * Plus il se owNBUQÎqttie à nous ^ plus, il vei^ quo nous soyons à lui : plus il met dans notre cœur de •désirs de perfeetîon et de fidélité ^ plus il veut qu# nous avaQcâena^ et que aou^ hû soyonsfidèles : plus il nou« pousse ^ jÂus il fimt marcher ^ en un laOt ) ses 4<3)f^ doivenjl régler nos efforts et notre zèla«

Or 7 rajqieleB en ce mènent ^ ma chère Sœur ^ toutealcs grâces dont il vous a jusques iei comblée^ des sentin^n^ de salul inspirés dans une première jeunesse^ tant de pénis éloignée; tant d'obstacles, qui sembloîent rendre la démarobe que vous &ites aujourd'hui impossible , surmontés^ tous les talens qui paroissoient devoir vous destiner a« inonde et à la vanité, réservés pour lui seul^ tant de suggestions pour vous dégoutter de Tétai;

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que VOUS embrassez , méprisées ^ tant de pîéges qn\me tendresse trop, humaine vous fendoit chaque jour , heureusement évités ^ les larm« bernes et les menaces de ceux qui àvoîent autonte sur vous, également inutiles , le monde entier conjuré pour vous perdre , ou par les embûcha qu il assembloit autour de vous , ou par les sen^ timens qu^il réveilloit dans votre cœnr , et qae vous ne pouviez refuser au sang et à la nature J le monde entier , dis-je , conjuré pour vous perdre, terrassé et foulé aux pieds. Rappelez , ma chère Sœur, toute la suite des miséricordes du Seigneur sur vous , et que le souvenir de cet enchaînement de grâces ne s'efface jamais de votre cœur.

.Dans ces jours qui on^ précédé ce Jour heureux, lorsque lassée, ce semble, de vous soutenir toute seule contre toutes les at^ques que le monde , que la nature , que votre propre cœnr vous livroit , vous paroisaez sur le point de succomber , et de vous y rendre : dans ces momens tant de fois éprouvés , où votre piété sembloit s affoiblir , votre fermeté s'ébranler , votre ÙÂ s obscurcir; et où le monde vous paroissant plus aimable , la retraite religieuse sembloit ne vorâ offrir plus que des dégoûts et des horreurs secrètes ^ que ie passoit-il alors dans votre cœur ? Jésus-Christ n'y étoit-il pas lui-même pour vous fortifier ? D'où vom venoient ces inspirations soudaines, ces retours de foi et de religion? quell« ,étoit la voix secrète qui vous parloit alors au fond ,du coeur ? K'étoit-^e pas Tépoùx .céleste, quj

POUK UNE PROfQ^^IOIf RELIGIEUSE. 889

\ TOUS disoit tpuf )^s : Ias€H»$ée , tout 6e que t^ 1! vois , et que le inpi^4e te &it espérer ^ passera ^ 1 ixiais les bieni; qi^e j^ te prpm^ta^ ne passeroat i point : que te serviroi); 1^ g^iu du monde entier ^ \ si tu veaois à pçi:^^ ton ^me ?attadieton cceu»^ I si tu es sage , ^ ce qiû P^ peut t'éebgpper ^ et qui \ doitdemeurertûuJQurs : )e$ créatures qui seuxUent , te promettre de3 plaisirs à doiu^ et une fëUdté si k riante ^ ue cher<^f nt qu^4 te séduire : dles sout ^ toutes vaines ^ incouâtautes ^ âiusses ^ perfides i I ^Ues ue te préparéot que de» dégoAts et dei g ftmertuiuQs cruelles : le B^nde est pleip de mat I heureux ; et s^il s'^y trouve quelque oousolatioa ^ ^lle n^'est que pour les âmes qui m^'y pont fidèles. Lorsqu'il vpi^ parloit de la sorte ^ ma ckère , Sœur ^ votne eoMir ^ eonune eelui des disciples I d''EiiuiiiiÛ9) se redev^M^-^l pas tout de feu , pour lui ? ne senties^vous pas votre foi se raffermir^ I votre laa|[ùeur se lasimer ^ vos irrésolutions se Û%er 9 vos téi»B>re9 S9 disôper ^ et la sérénité suçjcéder à FiMrage ? Quelles iétqient les suites de cet «temps de te&tation;, sinon une résolution pli|a 'vive ) plus décidée ^ pkis inébranlable de vous. ^ consacrer à JésusTCfarisI ? Je ne fais que racéuter ici rbistoire 4es miséricordes du Sdgneur sur votre «me ^ que voms uoHft avez ccmfiée avee un attendrissement da veçOiDDoissanoe ^ ââa quVile fit publiée »ur les toits.

Voyeç eu effiit y 9*Tà en use de méine envers tant d'antres que le tçrcânt entraliie : 4} ne les troulî^ pM dans Iwrs y^mê inseoiéçs^ î} ue daigne

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pas disputer leur cœur au monde qui lé ^ossèJc tout entier^ il les laisse jouir paisiblement da fruit de leurs infidélités ^ il semble leur en mé- 1 nager lui-même les occasions ^ et par des jugemem secrets et terribles^ éloigner ou rendre inutOc tout ce qui pourroit les ramener aux Voies de k vérité . Qu'avez-vous fait, ma chère Sœur, qui ait pu vous attirer ces égards et ces préférences ? où en seriez-vous , s''il se fut contenté de vous solliciter foiblement^ de vous inspirer quelques désirs de vous consacrer à lui , sans vous lès faire iexécuter, comme il en inspire tous les jours à itant drames en qui le monde étouffe ces commenpemens de grâce, et qui demeurent infidèles a leur vocation ? où. en seriez-vous, s'il eût torne toutes les opérations de sa grâce à votre égard, à ces demi— volontés dcmt le moncte est plein,* a ces réflexions stériles sur les abus des plaisirs, de la fortune « et de toutes les choses présentes^ qui ne convertissent personne-^ à ces projets éloignés de conversion qu^on ne forme tous les jouRj que pour se dire à sc»-méme qu'ion n'^est pas encore endurci , qu^eofin on changera , et se calmer en attendant, sur.. ses désordres? D le pouTOitj et vous n'avez rien à ses yeux de plii^ que tant d'autres qu'il traite de la sorte ^ mais il vous» prévenue de ses bénédictions;; il vous, a toujoufl environnée de son bouclier. Plus le monde a fait d'efforts pour vous séduire , plus il a été attcsntif à vous, protéger : il à toujours eu sur vousHin ce» jaloux j appliqué à étudier les affoiblisseméns d*

POUR HNiT pRorESsiorr religieuse; Sgij Votre cœur^ et prompt à vous les reprocher. Ah !

'tant de soins ne dévoient pas aboutira vous laisser exposée au milieu des périls d'un monde corrompu : il travailloit à se former ime épouse , à orner la

Victime qu'il destinoit à ses autels. En vous donnant

-aujourd'hui à lui ^ vous ne faites donc que lui offrir son propre ouvrage :; vous lui présentez le fruit de ses soins :; vous parez Tautel de ses propres dons^ vous lui rendez ce que vous en avez reçu^ Touâ vous acquittez envers votre bienfaiteur j "VOUS ne pouviez ^ sans injustice et sans ingratitude'^

moins faire pour lui. Il avpît déjà sur vous ^ par ses bienfaits \, tous les droits que vous allez lui

' donner par ce nouvel engagement ^ et la sainte alliance que vous faites aujourd'hui avec lui , est une alliance de reconnbîssance et de justice : Sporif

' sabo te in j'ustitid,

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