‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 3)Chapitre 38 sur 45 · TROISIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

TROISIÈME RÉFLEXION

£jT e^est pour cela^ ma chère Sœur^ que Tal-r liance que vous allez faire avec Jésus-Christ ^ est en troisième lieu ^ une alliance de miséricorde : Sponsabo te in rmsericordiâ } troisième carao^ tère. Cest-à-dire , qu'il ne regarde pas au peu que vous lui offrez ^ et qu'il vous donne plus qu'il ne reçoit de vous. Je sais que vous lui domiez beaucoup selon lé langage et les idées frivoles tlu monde ^ \m grand nom^ les taleus que le. monde <estime^ de grandes espéraiiceS| les fiires de vosiancètres». Mais ^ ma chère Sœy r , .quand vous mettriez aujourd'hui aux pieds do Jésus-Christ dés sceptres et des couronnes^ les . T^me FIL Oaaisons FVif* ^4

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royaumes du inonde et toute leur gloire^ ii€ seriez^TOUS pas trop récompensée de pouVoir étre^ en échange^ la dernière dans sa maison'' Ainsi plus vous lui sacrifiez ^ plus vous lui de^ez: plus le monde sembloit vous offrir d'^attraits^ plus il a fallu de grâce pour vous en dégoût» : plus vous |>aroi$siez née pour la vanité ^ et avec tous les talens propres à vous perdre ^ plus fl a fallu que le Seigneur préservât de bonne heure votre cœur ^ pour vous sauver^ et vous établir solidement dans la vérité.

Voilà pourquoi il n^est pas de vanité moins pardonnable dans ces asâles saints ^ que celle de ces vierges insensées ^ qui ^ rappelant avec complaisauce le souvenir du nom de leurs ancêtres^ çt du rang que la naissance leur auroif doimé dans le nK)nde^ et grossissant dans leur esprit le mérite de leur sacrifice^ prétendent s^attirer dans le lieu de rhumîlité , des honneiirs et des distinctions^ par cela même qu^elles y ont re* Doncé;; traitent avec une sorte de hauteur et de mépris ^ celles qui, nées dans des circonstances plus obscures et plus ordinaires , nVnt eu à offrir au Seigneur, comme la veuve deTEvan* 'gile, quWe foi vive, un cœur désintéressé, et toute la médiocrité de leur fortune ^ C€»Dine si plus on avoit eu d^engagemens pour aimer le monde, plus la grâce n^avoit pas dû être puissante pour nous en retirer^ comme si un souvenir qui devroit exciter notre reconnoùsance , t>c^voit fd^cx ^ aptre vanité y et que nous vou»^

PO0K UNE PflOFESSIOIf RELIGIEUSE. 399

Il lussions trouver des titres de gloire et d^orgueil

I dans les périls mêmes dont le Seigneur nous a

II délivrés par sa grande misénGorde»

ï C'est donc ici ^ ma chère Sœur , une alliance i toute de miséricorde pour vous: c'est une f distinction dont la bonté de Dieu vous a favo- ,1 risée depuis le commencement des siècles, il f prévoyoît que , née avec tant d'^avantages, vous { ne lui seriez pas plus fidèle dans le monde ^ I' avec la mesure de grâces qu'il vous destinoit ^ que tant d'autres qui y périssent : il lisoît dans i, le caractère de votre cœur et de vos penchans^ ; i que vous n'y seriez pas à l'épreuve des périls j qui y sont fréquens ^ et comme il vous a i aimée d^ amour étemel^ il vous a attirée à i lui selon l'expression d'un prophète , par une I abondanee de miséricorde : I/deo attraxi te mi* j ^erâm.(Jerem. 3i. 3.) D pouvoit^ sans doute ^ I vous laisser errer quelque temps dans le monde I au gré des passions insensées , et vous rappeler I ensuite à lui par le dégoût qui les suit toujours ^ I mais il a mieux aimé les prémices de votre ^Mieur. Ces tem]^es qui oiit servi à Baal^ ces ec^rs qui ont été au monde ^ peuvent bien ^ à la vérité^ lid être consacrés^ mais il reste, toujours je ne sais quelle odeur et quelles flé^ frissures^ qui blessent sa délicatesse^ et il n'y descend pas avec tant de complaisance ^ que •dans les coeurs innocens et dans les temples de Sion^ qui n'ont jamais servi qu.'à lui seul.

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