POUR UNIS P^OFESSIOW RELIGIEUSE
légèreté tonteuse qui semble le désavouer;; et il se veo^^^de leur mépris passé par des dé^ risîons piquaates*
Et alors ^ ma chère Sœur^ quelles sont les amertumes- d^uue vierge infidèle que le monde a sédttlte ^ et qui voit ses penchans .mondains' renfermés pour toujours dans le lieu saint? EU© traîne partout' ses dégoûts et son inquiétude : les rigueurs d^une sainte discipline déviennent « pour elle un fardeau qu^elle ne peut plus porter : elle ne trouve plus dans le secret du sanctuaire d^autre plaisir que dans les fantômes qu'aune imagination déréglée lui retrace: la prière h^est plus, pour elle qu^une contrainte ou un tumulte d^images profanes et mondaines ^ qui sVfirent en foule à son esprit ^ les louanges du Seigneur^ une occupation oiseuse et désagréable '^ les exemples de ses Sœnrs ^ un. specta-cle qui la fatigue^ parce qu'ail lui reproche tout bas ses infidélités : les devoirs les plus légers de Tobéissance la révoltent^ les pratiques les plus aisées de la r^ularité la gênent^ les mortifica* lions les plus douces Taccablent :; ce qui console les autres épouses de Jésus-Christ ^ fait tout son supplice^ et comme son dérangement lui attire tôt ou tard des murmures et des remontrances ^ de la part de celles qui sont établi«s pour veiHer sur sa conduite^ elle npurrit des antipathies et des ressentimens ^ qu^il lui faut dévorer toute seule;; que la présence et le§
occasions réveillent et idgrissent à tout momeiit^
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et que la retraite rend souvent plus vives ^ pli» amères et plus irrémédiables^ que ^lles que les - ènfans du siècle nourrissent les uns onvers les autres.
Or , ma chère Sœur , cst-41 d^état plus malheureux sur la terre? Sentir des penchans infortunés qui nous- rentrainent sans cesse yers le inonde et vers les plaisirs ^ et se retrouver sans cesse environné des horreurs de la pénitence et de la retraite : laisser sans cesse échapper le cœur hors de ces barrières sacrées^ et ne le rappeler que pour ki faire mieux sentir toute la rigueur dé sa prison et de ses chaînes : ne vivre que pour souffrir sous un extérieur pénitent^ et souffirir sans consolation et sans mérite: vous fuir sans cesse ^ 6 mon Dieu! et vous retrouver toujours sur ses pas : courir avec une folle avidité ^laprès un monde qui nous fuit^ et qu'on ne .voit que de loin 5 el se faire une félicité de désirer ce qui rend malheureux ceux mêmes qui le possèdent ! Mais que prétendezvous^ ame infidèle? (si parmi tant de vier;ges ferventes qui m'^écoutent^ il sVn trouvoît quelqu'une de ce caractère). Renouvelez aux pieds de Jésus-Christ^ tous les saints engagemens de rallîance que vous avez contractée avec lui, et cherchez-y les consolations et les seuls plaisirs solides et véritables quMl vous y préparoit : . tous les autres ne sont pas dignes du cœur^ ils vous sont doublement interdits : perdezr-en le ; désir ^ pu]sc[ue aussi . bjie^ il en fkuX perdie
POUR VSJS, PBOFESSIOir RELIGrEUSC* ^o3
Tespérance. Que vous êtes à plaindre ^ .et que Totre état laisse peu de ressource à espérer ! Lorsqu'une ame mondaine s''égare^ elle trouve le remède dans le mal ménoe; le dégoût suit bientôt les plaisirs^ le monde ^ vu de près^ ne se soutient pas long-rtemps. contre luinoxème \ mais en éloignement il en impose^ c'^est là son point de vue le plus séduisant: q' est une figure ^ gui ne brille et .ne trompe qae de loin:; Tidée qu^on se forme de lui est toujours infiniment plus aimable que lui-n^éme^ et on Taime longtemps^ quand on peut Taimar sans le voir et sans le connoltre.
Mais dW autre côté ^ ma chère Sœur ^ rien ne peut être comparé aux consolations que ^ésus-Christ prépare à votre fidélité. Le monde que vous avez toujouirs méprisé;; parce que . "VOUS Tavez connu ^ ne vous of&ira jamais rien qui puisse venir troubler ici Theureuse tranquillité de votre retraite. Si vous jetez encore qi^lques regards syr lui ^ ce seront des regards de compassion et de douleur : vous gémirez aux pieds du sanctuaire ^ de- Taveuglement et de la des^ •tiuée déplorable de inxd drames qui y périssent .tous les jours ^ et de celles surtout que les iiens de la chair et du sang doivent vous rendre .plus chères^ et dont le salut dcrit vous intéresser davantage : . vous y déplorerez Tégarement et la folie de presque touà les hommes ij et vous le$ verrez^ avec une sajnte tristesse^. courir -^ comme ^ in$«jqi$és, apr^ m^ fymç ,.q^i »'éYaaouit|
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et négliger les seuls biens véritables.^ et quï seuls peuvent leur assurer un l)onheur étemeL Tantôt pénétrée du zèle de la gloire du Seigneur si publiquement outragée par les scaadales et la licence des pécheurs^ tous lui direz avec le prophète : Qu^attendez-vous , Seigneur ! votre patience semble autoriser les crimes : il est temps que vous vengiez votre gloire offensée ^ et votre saint nom blasphémé: poiu: peu que vous différiez encore^ votre loi sainte va être anéantie: Tempus faciendi^ Domine r dissi-' payeront legem tuam.ÇPs. ii8. 126.) Tantôt touchée du malheur de ceux de vos frères^ qui ^ malgré tous leurs bons désirs , se laissent entraîner au toisent du monde et des passions ^ et dont la foiblesse est le plus grand crimes O mon Dieu ! lui direz-vous avec Job ^ souvenez-vous que vous nous avez formés d'aune boue fragile : fortifiez les cœurs foibjes ^ et ôtez, ou aux séductions et aux plaisirs du monde ^ le funeste ascendant qu'ails ont sur eux ^ ou à eux*-mèmes la foiblesse ^ qui ^ malgré eux ^ les en rend toujours les jouets et les esclaves. Tantôt enfin ^ dépositaire des plus secrets sentiinens de ceux mêmes qui passent pour les heureux du siècle^ et qui viendront vous confier leurs chagrins et se consoler auprès de vous de leurs peines ^ des perfidies et des injustices du monde ^ vous vous applaudirez ^ au sortir de là ^ de votre ehoix^^ vous irez renouveler mille fois aux pied de Tautd votre sacrifice 5 vous. y remerciei^ez j
POUR triTE tKOTZSSlOn IQELieiIUSE. ^oB
arec des transports dVmour et de joie ^ Jésus- Christ de VOU3 avoir conduite au port^ et retirée d''un lieu où les apparences sont si trompeuses, les chagrins si réels , les plaisirs si tristes ^ et la perte du salut cependant si inévitable. Ainsi tous les jours plus attentive à resserrer les liens heureux qui vous attachent à Jésus-Christ^ tantôt vous lui sacrifierez un dcsir naissant ^ tantôt une impatience qui dojà s'élcvoit :; tantôt une animosité qui commetiçoit à aigrir et troubler votre cœur^ tantôt, une satisfaction ^umaine que vous aurez tro;) souhaitée^ tantôt un« répugnance et un chagrin que vous aurez trop craint^ et vous étoufi'erez les passions^ avant ^ ménie qu^elles aient eu le loisir do se former et de naître.
Il vous tarde ^ sans doute , de réprouver y ma chère Sœur ..^ et il est temps. Une joie sainte se répand déjà sur votre visage : vous ne pàli>sez point à Faspect du bûcher ^ comme ces. victimes infortunées que la ctainte ou Tintérét £^ul^ traînent à Tautel, Le sacrifice que vous ^Uez faire avec tant de. courage ^ touche déjà peut-être les spectateurs : vous seule paroîssez ici ferme et tranquille ^ et ^ comme Jésus-Christ^ sur le point de consommer son ouvrage , vous dites aux témoins qui vous environnent^ et que cette cérémonie attendrit : Ne pleurez pas^ sur moi}: pleurez plutôt sur vaus^mémes.
(Luc. 23. 28.) CVst ici le plus beau jour de ma vii^ ^ raccomplissement de tous^mes çoub^its^
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et le plus hant point de mes espéraïK^es : Ai qu^ a-i-il dans mon sort qui ne doive vous paroitre digne dVTivïe? je vais entrer dans le port ^ et je vous laisse encore à la merci des flots ^ et sur le point à tout moment d^ifi triste naufrage: je vais apaiser mon juge^ travailler^ tandis qn''il estt<'mps,à me le rendre faTorabie^ et le C(>njurer de ne pas me rejeter éternellement de sa face^ et vous allez enrichir le trésor de colère pour le jour terrible de ses vengeances : je vais mourir au monde ^ il est vrai; mais à un monde qui ne fait que des malheureux ^ à un monde qui est déjà condamné ^ i un monde qui va périr demain^ et dont je n^aurois pu jouir que pendant la courte durée d^une vie rapide : Ke pleurez donc pus sur moi; pleurez plutôt sur vous— mêmes.
Quelle injustice en effet ^ 6 mon Dieii ! et quel aveuglement déplorable^ de plaindre uns anîe qui se donne entièrement à vous ^ et que vous mettez ici à couvert des pièges in6nis^ répandus sur toutes les voies des ènfàns des hommes: je mets à vos pieds les dépouilles du monde , et vous allez me revêtir d^un vêtement de salut et de justice : je me sépare du commerce et de la société de ceux qui ne vons connoissent pas^ et vous m^allez donner une place parmi vos épouses fidèles et ferventes : j^ahandonne le lieu des peines et des tentations^ et vous m^allez introduire dans le lieu des eoQfiolatftODi et des grâces» Monde profiuie , ja
PdUR Um MOFESSIOW RElïGTEUiSE. J^O^
ne vous ai jamais vu avec plaisir ^ et je vous quitte sans regret: je laisse encore, il est vraî^ au milieu de vous des gages qui me seront tou« jours chers , et dont je ne me sépara qu^ayec jSeine^ mais ne faut-il pas quMl y ait de la douleur et du sang tlans mon sacrifice ? ah ! si je n^avois eu qu''à renoncer à vos pompes et à vos plaisirs frivoles , il mVn auroit trop peu coûté ^ et ce u^eût pas été donner à Jésus-Christ tme grande marque dVmoiir , que de lui sacrifier ce que je n^aimois pas. Que vous rendrai- je donc, 6 mon Dieu! pour toutes les faveurs dont vous m'^avez comblée? je boirai votre calice, j^invoquerai votre saint uom^ et je vous rendrai mes voeux en présence de tout ce peuple ^ dans Pènceinte de votre maison, pour faire avec vous une alliance étemelle ^ pavce que vous êtes le Seigneur et le Roi de rJuxunortalité.
Ainsi soit-il.