‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 3)Chapitre 42 sur 45 · ES SERMONS · texte numérisé non relu

ES SERMONS

ferventes , pour éprouver les âmes qui lui sont

fidèles : secondement, c^est de rappeler souvent

l'^exemple de ces pieuses fondatrices qui vous ont

frayé les premières voies de ce fervent institut ;

troisièmement , sans chercher des exemples d^ns

les temps qui nous ont précédés^ c^est de vou^

proposer sans cesse celui des vierges ferventes ,

qui marchent ici à vos yeux avec tant de fidélité

dans la voie du Seigneur;; c''est dVtudier leur

conduite, aimer leur société, rechercher 4eur

confiance.

II* Partus. Lçs consolations de la vie reli-r gieuse. Elles consistent dans trois avantages; Premièrement , les tentations y sont moindres : secondement , les secours y sont plus grands ;; troisièmement^ les consolations y sont plus pures et plus abondantes.

l"" Les tentations y sont moindres; parce que les trois grands écueils de Finnocence des hommeS| ^''exercent ici qu'*à demi leur malignité et leur empire. iLa première tentation de la vie humaine ^ ce sont les richesses : or le dépouillement religieux y met à couvert de cette tentation; c^est-àdire , de rattachement aux richesses , de Fusage injuste qu^on en fait, et des soucis inséparables., soit de Tacquisitiop , soit de la conservation dçs ridiesses. Le sacrifice que vous allez faire à Jér^ 6us-Christ de votre corps, en le consacrant ii une continence perpétuelle , vous rend supérietireà la tentation delà chair , qui est la secpnde tentation de la vie humaine ; car au liçu que le monde ea-*

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lier semble s^empresser et se glorifier de faire naufrage contre cet écueil^ dans ces asiles saints tout inspire la pudeur^ tout soutient rinnocence. Le troisième écueil de la vie humaine ^ c^est Fusage capricieux de notre liberté ^ or le sacrifice d« votre esprit «t de votre volonté ^ que vous alla faire à Jésus-Clurist ^ vous met à couvert de cette tentation ^ et des chutes et des embarras quelle ea^ traîne^ car au lieu que dans le monde cette lîbe^ té que les hommes font tant valoir comine leur souveraine félicité ^ est pourtant la source de cet lennui qui empoisonne tous leurs plaisirs , et la cause du peu d'ordre qui se trouve dans leur vie 5 au contraire dans la vie r^gieuse tout est réglé, chaque moment a son emploi marqué : la tenta* tion de Tennui,. de Tinutilité où Ton vit dans le monde , n''y est point à craindre : on n*j vit point au hasard et sous la conduite si incertaine et toujoiu^ dangereuse de soi-même i) on. y vit sous la main des règles ^ pour ainsi dire ^ toujonn jiûres et toujours égales.

2* Les secours y sont plus grands. Premiè-

' rement ^ lé secours de la retraite qui vous naet

à couvert des périls dont le monde est plein:

secondement^ lé secours des exercices religieux^

qui mortifient les passions ^ qui règlent les sens,

' qui nourrissent la ferveur ^ qui anéantissent pet

' à peu Tamour— propre^ qui perfectionnent toutes

les vertus. Troisièmement ^ le secours des

V exemples^ quel bonheur de vivre parmi des

^ -vierges fidèles ^ qui nous inspirent Famour du ^

devoir.

DES SSKMO?rS. ^2t

devoir, et nous soulieuiieut dans nos décourage-^ mens i Quatrièmement , le secours de la charité ^ des attentions et des prévenances de pos sœurs \ <{uelle douceur dVvoîr à passer sa vie au milieu des personnes qui nous aiment , qui ne veulent •que notre salut, qui sont' touchées de nos mal*- Heurs ^ sensibles à nos afflictions , attentives à nos besoins , secourables à nos foiblesses ! etc. Cinquièmement , le secours des avis et des sages eonseils, qui nous redressent sans nous aigrir, qui préviennent nos fautes , ou en sont aussitôt lé remède. Sixièmement , le secours des prières et des gémissemens de nos sœurs, qui s'inté^ ressent pour nous auprès de Dieu , attirent sur nous ses miséricordes. Septièmement, les grâces intérieures que le Seigneur verse ici avec abondance , et qui non— seulement adoucissent son joug , mais nous le rendent aimable.

3° Lés consolations plus pures et plus abondantes. On y goûte cette paix du cœur que lie monde ne connoit pas , et qu^il ne sauroit donner ^ cette joie qui sort du fond d'une conscience pùre^ ce calme heureux dont jouit une ame morte à tout ce qui agite les enfans d'Adam :; ne goûtant que Dieu seul, ne désirant que Dieu seul ^ et ne s'étant réservé que Dieu seul.

Tmrfie FIL OliAISOrfS Fvrt- ÎÇf

4^3 A.NALTSES

Ilie SERMON

FOUR UNE PROFESSION RELIGIEVSEr

Division. Trois réflexions sur les trois *vœux de Vétat religieux ^ dans lesquelles on ejcamine €e que ces vœux ont de commun as^ec la vie chrétienne ^ et ce qu'ils y ajoutent de plus.

I" Réflexion. Sur le vœu de virginité per-pétuelle. Ge vœu vous engage à deux devoirs : ie premier , c^est Fentière soumission de la chair à Tesprit ^ devoir qui vous est commun avec tous les fidèles : le second ^ les moyens pour parvenir à cette soumission ^ dont le principal vous est particulier et propre de votre état ^ et les autres regardent également tous les chrétiens.

Premier devoir ^ Fentière soumission de la chair à Tesprit : devoir qui vous est commun avec tous les fidèles ; car la pureté que In sainteté de la vocation chrétienne exige de tous les fidèles ^ ne se borne pas à leur interdire certains désordres grossiers et honteux ^ eUe va bien plus loin. Comme tout chrétien a renoncé à la chair dans son baptême^ et que par4à il est devenu saint ^ spirituel ^ membre de Jésus-Christ ^ temple da Saint-Esprit , il faut ^ pom: remplir cette haute obligation ^ qu'ail se regarde comme un honmie céleste ^ consacré par Tonction de la divinité qui réside en lui. Dès-lors pour un chrétien ^ non- ^Bttul^meut tout ce xpi souille la chair e^t ua

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