‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 3)Chapitre 43 sur 45 · MES SERMONS · texte numérisé non relu

MES SERMONS

sacrilège^ mais tous les plaisirs même légitimes^ où il ne cherche que la satisfaction des sens ]^ sôiûllent et profanent sa consécration. Or , pour parvenir à cette parfaite soumission de la chair à l^esprit ^ les saints fondateurs vous ont prescrit deux moyens'. Le premier , qui est propre de Fétat religieux^ est Fentière consécration de votr« corps à Jésus— Christ ^ laquelle ne consiste pas 'seiilement dans le renoncement à la société sainte 4lu mariage : tout doit être pur et chaste dans une vierge consacrée à la chasteté religieuses tout ce qui n''est pas saint ^ éternel ^ céleste ^ la souille^ la dégrade , Favilit : telle est Texcellence de l«i Mainte virginité qui va vous consacrer à Jésus- Christ. Pour faciliter la pratique de' ce premier

'*' moyen ^ les premiers instituteurs y en ont joint un second , savoir : les jeûnes ^ les veilles ^ lès macérations , la prière , parce qu^ils ont compris iqu^il étoit impossible de conserver le corps pur au Seigneur ^ si la mortification n'en réprimoit les révoltes , et si la prière n''en purifioit le« desii*s.

Or^ voilà Favantage que vous avez dans votre état sur les personnes engagées dans le monde : comme vous , elles sont obligées de conserver leur corps pur au Seigneur, et de s''interdire tous les désirs qui pourroient souiller Famé : mais pour en venir là , ils sont obligés comme

. vous , et encore plus que vous , de se mortifier sans cesse , de veiller , de ne point cesser de prier et de gémir pour appeler le Seigneur au secours

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de leur foiblesse. Mais ces devoirs si essentiels à cette vertu^ qui nous conserve pures et sans tacke^ deviennent comme impraticables au milieu du monde : la prière n^y est même pour les plus réguliers, qu'Hun moment de bienséance et d'cnmii| accordé le matin et le soir à ce saint exercice : la mortification n^ est pas moins ioconnue et impraticable cpie la prière ^ en effet ^ comment se liiortifier au milieu d'^un monde où Foii donne tout aux- sens ? Mais dans ces asiles saints ^ la prière et la mortification deviennent comme le îbnds et Toocupation nécessaire de votre état^ et il en coûteroit plus de s''y refuser^ que de s^y livrer avec une constante fidélité : tout y facilite la prière , parce que tout y inspire le recueilleuient : tout y conduit à la mortification ^ les ^nts usages établis ^ les exercices religieux , raustérité de la vie commune , etc. Ainsi lé seul .privilège que les pei>onnes du monde ont ici . pai^dessus vous, c'est qu'ayant au fond les mêmes obligations que vous , elles n'ont pas les mêmes facilités pour les remplir.

ir Réflexion . Sur le vœu de pauvreté. Gonune nous ne saurions presque plus jouir des bienfaits de Fauteur de la nature sans en abuser , les saints fondateurs ont cru qu'il étoitplus sûr et plus facile de s'en dépouiller tout-à-fidt , que de se contenir dans les bornes d?un usage saint et égitime. Or , cet engagement de pauvreté religieuse renferme trois devoirs essentiels : pre-^ décernent ^ un détachement de cœur de toutes

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