TROISIÈME PARTIE
En effet ^ mes Frères ^ ce h^étoi) pas assez que la sagesse de Dieu dans ce mystère eut confouda Torgu^l de l-homme ) en ne lui faisant trouver SQU salut que dans les humiliations et Tabiàsse^ ment :; qu'^eUe eut mis un frein aux désirs déré^, fU» d9 m cbdir^ 0^ w Im lm»àni poiir partit
'^^e les croix et les soufiraacet -: il fallbit encDiÎ9
•pour remédier à -toutes ses plaies , qu^eBe captîvjlt
«a rai^ou ( qui depuis tant de siècles Tavoit fait
•â tristëmeat égarer dans ses pensées ) ^ en Mi
•proposant pour l-objet unique de son culte ^ âk
^soQ espérance ^ de sa consdlafion^ de sa sciencfe
et de sa sagesse , Punion du Verbe avec notife
chair ^ c'e5t-4*Kiire ^ Jésiu-Christ la foKe de la
• raison humaine , et de toutes les coutradictioils
la plus incompréhensible , et la plus insensée éa
'Apparence. *
Le moyen le plus sur d'arrêter ces dosirs în^
-fiatiables et inutiles^ de tout savoir et de toilt
comprendre) qui jusque-là avoîent abosé les
maîtres tant vantés de la sagesse humaine ; cetée
"Tainô confiance qui promettoit' là découverte de
la vérité aux seifls efforts de Tesprit 5 cette iicencje
eSsétiée ^ qui 1x>us les jours enfantoit de nouveaux
chair ^ et la sagesse de Dieu inconnue aux puissàns et aux sages du siècle dans ce mystère.
Par-là ) vous comprenez d'abord , ô homme !
que l'auteur de votre être ne veut pas vous saliver par la raison ^ mais par la. foi ^ ^^^^ ^^ cache à vous :; qu'il ne faut plus le chercher par • les vains efforts de Tesprit , mais par les mouvé- ' mens du cœur ;; que la vérité qui doit vous délivrer , ne vous est ici-bas montrée qu'en énigme, *"ct qu'il &ut crdii^e poUr comprendre •: Crédite et
îïîa L^INCARTÏATION.
inteWgetis. Ce n^ést pas que la religioa ne nous propose. que des mystères qui ^nous passent^ et qu^elle nous interdise tout usage de la raison i elle a ses lumières comme ses ténèbres ^ afin que ,dWe part Tobéissance du fidèle soit raisonnable ^ et que de Tautre ^ elle ne soit pas sans mérite. Kous voyons assez pour éclairer ceux qui veulent . connoitre ^ noiis ne \oyons pas assez peur iôrceac ceux qui refiisent de voir s la religion a assez de . preuves pour ne pas laisser une ame fidèle sans assurance et sans consolation ^ elle .n''en a pas assez pour laisser Torgueil et Tincrédulité sans réplique. Ainsi la religion par son côté lumineux ^ console la raison ^ -et son côté obscur laisse à la foi tout son mérite.
Cependant tout est plein aujourd'hui de phrétiens philosophes ^ et de fidèles juges de la foi. On adoucit tout^ on donne un air de raison à tout : en retenant le fond de la doctrine chré— tienne et de Fespérance en Jésus-Christ^ on croit se faire une religion plus saine ^ en se la faisant plus claire et plus intelligible : tout ce qui tient tant soit peu du prodige et du surpre-^ nant^ on s^en défie : on forme des doutes sur ces flanmies éternelles que la justice divine ,a préparées à Timpudique et à Fimpîe : on veut entrer dans les desseins de Dieu sur les destinées des honmies ^ et par des idées tout humaines de sa bonté) réformer ce qu'ils ont^ ou d'efirayant^ ou d'incompréhensible : on ose examiner si nous pouvxMQs être les héritiers de la faute ou du chà*-»
£ INCARTf AtîOt» itS
Ttlmeiffc 3e nos pères ^ et si notre profonSe corruption n'est |ifts TouTrag^ de la nature^ plutôt que rdu péclté : on demande sans cesse pourquoi d^ rpenchans de plaisir ^ qui semblent être nés ayec . nous ^ peuvent nous être imputés comme dès crimes i on ^ouve des inconvéniens dans rhi^^
• toire vénérable de nos livres saints : on s^érige
• en censeur dé ces faits éclatans et merveîlléux ^ ' que des hommes inspirés iious y ont conservés ^ ' et que le bi:as du Seigneur opéra autrefois pour
la délivrance de son peuple : ou chercbe comment
il a pu créer un monde qui n^étoît pas^ exterminer
'toute chair dans les eaux du déluge ;j sauver la
race des hommes et des animaux dans un seul
' asile ^ ouvrir et fermer la mer ^ pour faciliter la
fuite de son peuple :; lé tiourrir dâii$ le désert dW
paia miraculeux ^ 1b conduire dans une nuée
'éclatante^ et ordonner même an soleil de proï-
• longer sa course ^ pour achever de lé rendre vaiii-
• queur des ennemis de son noln : que diraHJe '? <xnx veut trouver dans les forces de la nature ^ ïa 'possibilité de ces prodiges éclalans , où la. foi de
nos pères a toujours reconnu le doîgt de Dîeu^ et Ton change Thistoire de Ja religion^ et dés manifestations du Seigaeur aux hommes ^ en, des événemens presque tout naturels^. et des monu-r -métis trop vantés dVne prudence tout humaine, d'^est ainsi ^ 6 mou Dieu ! que Thomm^ insensé se disputé à lui-mêjùié la consolation de croire 'qiie voxis avez opéré des merveilles en sa laveur ^
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et qu^ilse fait une étude d'infinner I#s plus beaux titres de sa gloire et de son espéraaee.
Mais ^ mes Frères ^ depuis <]Ue vous adorez uo. pieu fait homme ^ c''est une folie ^ dit un Père^ de vouloir raisonner sur tout ce que la religioa nous propose dHnaccessihle à la raison» U n^est plus rien d^incompréhensible que Jésu^-Cbrist Honune-Dieu n^aplanisse et ne rende croyable : ou renoncez donc à Jésus-Christ ^ ou avouez que Dieu peut faire ce que vous ne pouvez comprendre : ou blaspliémez avec Fimpie quMl n'*est plus que le Fils de Marie et de Joseph ;j ou si TOUS confessez avec la piété qu'ail est le Christ Fils du Dieu vivant ^ cessez de trouver des difficultés dans les autres mystères de la foi : un chrétien ne doit plus raisonner sur les voies de Dieu ^ s^il raisonne, copséquemment. Ainsi F Apôtre appelle Jésus-Christ i^auteur et le consommateur de -^«lotre foi : ^uctorem fidei et consumniatorem Jesum: (Hebr, 12. 2. )1 1 en est Fauteur ^ parce qu^il nous Finspire ^ il en est le consommateiu*., parce qu'ail en est ^ pour ainsi dire ^ la perfection et le plus haut point ^ et qu^àprès lui ^ la foi ne peut rien nous proposer de plus élevé, et de plus inaccessible à la raison himiaine.
Méditons donc sans cesse , mes Frères , le mystère, de Jésus-Christ Homme— Dieu :, en lui nou^ trouverons le dénouement de toutes les difficultés, parce qu^en lui nous trouverons un noeud encore plus inexplicable : il éclairera notre ytison en achevant de la confondre , et; nous courr
L^lNCàRHATIOVr. 1^5
,daira à rintelligence ^ en nous &isant seiltir la nécessité de la foi. Imitons la docOité de Marie ^ devenue aujourd'hui la mère du Verbe incamé.
L^snYoyé du ciel lui annonce ({u'elle sera vierge et féconde ^ que ce qui naîtra en elle ^ sera le FDs du Très-Haut ^ et Fouvrage unique de ri^-^ prit-Saint : quoi de plus propre à révolter la raison tout entière? cependant sans hésiter^ sans examiner ^ sans demander de signe pour garant d^'un mystère si incroyable ^ elle croît et adore .la puissance et les desseins de Dieu sur elle. Zachavie avoit trouvé dans Fàge et dans la stérilité d'Éli^ z^eth. ^ des raisons spécieuses pour douter de la pijpmesse divine^ et malgré les exemples célèbres de Sara et de la mère de Samuel ^ il hésite et se défie. Marie au contraire ^ dans un mystère où tout est nouveau et incompréhensible ^ où elle 9e trouve rien dans Fhîstoire des merveilles du Seigneur ^ qui puisse la rassurer par la ressemblance^ ne veut point d'^autre garant de sa foi^ que la toute-~puîssance et la vérité de celui qui Texige* Une Vierge simple et innocente ^ croit sans hé— . siter ^ un prêtre instruit dans la loi, doute et §e défie de la promesse divine. Les grandes connoi^ sauces ôtent. toujours quelque chose à la simplicité de la foi^ et par un destin inévitable à la recherche des sciences humaines, inséparable d'ordinaire de complaisance et d'orgueil, la sounûssiou qui noij^s rend fidèles , semble perdre, d'un côté ,.ce que les lumières qui nous rendent habiles , gagnent de Fautre j comiiie si plus on étoit éclairé , plus oa
^Bé deyoît pas voîr dâîr -dans la fdîBles&e de m rraison ^ et dans rincertitude et Tobscurité de ses luinières.
Et certes ^ mes Frères ^ que servent les vaines réflexions sur la doctrine sainte? Si le salut étoit le fruit de la raison ^ vous auriez sujet de vous défier de'tout ce que vous ne pouvez comprendre: ' mais la justice vient de la foi ^ et se perfectionne par la foi : pourquoi craîgnez-voùs donc, comme
- un écueîl , de saintes obsQurités , qui sont devenues votre voie et votre remède?
Vivez donc de la foi , mes Frères ^ commencez -' par îpurifier votre cceur ^ IHnnocefïce est la source
■ des véritables lumières : rappelez Jésus-Christ au ' dedans de vous : avec lui vous avez tous lés trésors
- de la doctrine et de la sagesse': établissez-vous ' dans la charité ^ c''est le seul moyen de trouver ist ' vérité : oh ne connolt Dieu, que lorsqu^on Faime. f Soùvenez-vous qu'un cœur corrompu ne sauroit ' avoir une raison saine et épurée ^ que plus vous •approcherez de Dieu par la grâce , plus vous '■participerez à ses lumières^ plus vous avancerez ' dans la voie de ses commandemens , plus voiis
croîtrez de clarté^en darté ^ plus enfin vous sentirez ' s^éclaircîr dans votre esprit , ces vérités divines •
■ que nous verrons un jour à découvert , lorsque ^ fions lui serons devenus Semblables, comme il ' devient aujourd'^hui ^seœUabie à nous,
^ Aiosi s<ât-Jl«
• »— — »»»«iif-
SERMON