TROISIÈME RÉFLEXION
Enfin, le dernier caractère deFEsprit de Dieii.^ c'est d'être un esprit de force et de courage. Comme c'est un Esprit qui a vaincu le monde , qui en a renversé les idoles , anéanti les superstitions^-, confondu les préjugés ^ condamné les erreurs et les sectes, combattu les passions ^ en un mot^ comme c''est un Esprit plus fort que le monde:, il ne craint pas le monde. Aussi les apôtres , auparavant foibles et timides;; eux que la voix d'une femme avoit intimidés :; eux que la mort de Jésus— Christ avoit dispersés ;; et qui cachés dans Jérusalem , n'osoient s'exposer à la fureLpr des Juifs , et rendre témoignage à l'innocence de leur Maître , et à la vérité de sa doctrine : dès que l'Esprit de Dieu jcst descendu sur Qvpc*, .
SVR LIS CARACTERES* ctC. Îî'a7
îls ne coTtnoîsseiit plus ces timides ménagemens ^ ils paroîSsent avec . une sainte fierté au milieu de Jérusalem ;; ils annoncent devant les prêtres et les docteurs, ce Jésus dont ils n''osoieQt auparavant se déclarer les disciples. Non-seulement îls ne craignent plus les discours publics^ mais ils méprisent les menaces ^ ils bravent les sup— pfices :; ils répondent bardimeat qu''il est plus juste d'obéir à Dieu qu"'aux hommes 5 et comme si là' Judée n^'avoit pas offert assez de périls et assez de persécutions à leur courage, ils se répandent dans tout Funivers ^ et la férocité des peuples les' plus barbares , et Thorreur des toui^mens , et ia cruauté des tyrans , et Tattente de la moi*t la plus affreuse , et le monde entier révolté contre eux , ne fait(ju''augmenter leur fermeté ' et leur constance.
. Telle est un'e ame pleine de TEsprit de Dieu* Cet esprit quji humilie ou qui élève à son gré les personnes ^ qui se joue dés grands et des puissansj ^uî renverse ou qui affermit les noms et les for— tunes'ij qui forme ou qui détruit les royaumes çt les empires 5 cet esprit , source de toute grandeur dans le ciel et sur la terre , et devant lequel tout est néant , élève une ame qu'il remplit , au-dessus d'elle-même : il la fait participer à sa grandeur et à sa souveraineté ;j il imprime en elle ses caractères divins de liberté et d'indépendance :; il va la placer' jusque dans le sein de Dieu , d'où cette ame jetant les yeux sur cet univers , les grandeurs #t les puissances de la terre ne luiparoissent
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plus quW Tain atome incapable de Fintimider ^' et indigne même de ses regards et de ses attentions.
Hien n^approche donc de Télévation*, de Ia\ noblesse^ de la fermeté d^une ame que FEsprit' de Dieu possède. L'^élévation et la fermeté qu», le monde donne ^ est toujours mêlée de ménage*»' ment et de bassesse^ parce qu^elIe est toujours r 9pumise an monde , et par quelque endroit dé* • piendante de lui : autant que nous tenons au monde ^ nous craignons le monde. Mais une ame juste . ne le craint plus ^ parce qu^eUe n^ fient . plus : ses jugemens lui sont indiilerens ^ ses di&« CQurs et ses dérisions ne Tébranlent pas plus que 1^ son dVne cjmbale retentissante : ell^ fait gloire ; dfi la vertu devant ceux mém^squi la méprisent : elle ne déjfère qu^à la vérité^ elle ne ménage qu« . la charité^ elle n'a point de ces timidfâ com-r^. plaisances dont}apiétéfioufrre;etqui«l(^n,d''édifî€ff 1^ péchçurs qui les exigent de nous ^, les oon^. firment dans leurs erreurs injustes^ Voye» an— }qurd''hui les disciples ^ on traite leur ^le d^ivrease ^ et leur zèl&ne.&itquc^sVnibiipm^ir: onlesprtml pour des.insensés., etrinjustic^des discours publics . ne sert qu'à les €Okifii:Qi|er>dAp$ le^ir «aiate {oUq^ ou. les regarde cernée, des, séductem^s j^ et ilsu«/ fopt rijBn poi^r meitirç le mQTi4€^.,de:Ienr:CÔté..y q^ ce qU('i]s ont f^itpour le. rétoltpr. conire .eii:X 4 c'fst-àrd^ y le CQtkàu^aofi^, , Vé4iÔ$ir.. et : leircrr.pçendre^
L'esp^il: du ndçpdeiestuiEi esprit rdejsoupJessA > et de méuag^ment.;. Cçgm^e JWauihpropre. en.»
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est lé principe ^ il ne cherche la vérité ^ qu^autant que la vérité lui peut plaire^ il ne se déckrc pour là piété , quVutaut cpie la piété trouve des partisans favorables ^ il ne se fait hbnneUr de la vertu^ que dans les lieux où la vertu Fhonore. Et voilà Tesprit qui nous régit et qui nous gouverne if un esprit de timidité et de complaisance : on craint d'être à Dieu ^ et dans toutes les occasions où il s'agit de se déclarer pour lui ^ on mollît et on se ménage :j et dès qu'il faut s'exposer pour sa glcôre à la dérision et à la censure des hommes ^ on recule ^ et on se fait de sa lâcheté mie fausse prudence^ et dès qu'il est question de déplaire pour ne pas manquer au devoir, on en croit la tr£msgression l^itime ;; et la première chose qu'on examine dans les démardies que Dieu demande de nous , c'est si le inonde y don-^ Bera son suffrage ^ et pom* ne pas perdre l'estim* du monde ^ on paroit encore mondain ^ on parle son langage , on applaudit à ses maximes , on s^assujetiit à ses usages^ et pour éviter mém* d'être ennuyeux , ou entre d^ms ses plaisirs , ou est de ses dissipations^ on participe peut-être à ses crimes.
Nous n^avons qu'à nous juger de bonne foi ^ pour convenir que c'est là notre caractère. Toute uotre vie n'est qu'une suite de monagemens et de complaisances , que la loi de Dieu réprouve; partout- nous sacrifions les lumières de nptrc conscience aux erreurs et aux préjugés de ceuSc avec qui nous vivons. Nous conuoi>sons la vérité^