Tome V, àîrSTÈRSS* ao
a3o LE JOUR DE LA PENTEGÔtE.
et cependaat nous la retenons dans rinjustice ^ nous applaudissons aux maximes qui la combattent :j nous n'^osons résister à ceux qui la condamnent ;j nous donnons tous les jours à la flatterie et au désir de ne pas déplaire ^ nulle clioses que notre conscience nous reproche ^ et d^où notre goût même nous éloigne: en un mot ^ nous ne vivons pas pour nous— mêmes et pour la vérité ;; nous vivons pour les autres et pour la vanité ^ nous voulons plaire ^ nous ne pouvons nous passer du monde ij nous tenons à lui par des vues de gloire ^ de fortune , d^établissement ^ de crédit , de réputation ^ d''amu— sèment ^ même d^amitié et de société ^ et de là vient que dès que la vérité est en concurrence avec quelqu''une de ces passions , et qu**!! faut leur donner atteinte en se déclarant pour elle ^ nous Tabandonnons ., nous nous ménageons^ nous dissimulons ^ nous nous faisons de fausses maximes pour justifier nos tempéramens injustes ^ nous nous persuadons que la vie du monde ^ où nous 3ommes engagés ^ nous les rend inévitables. Ainsi toute notre vie se passe à déférer aux autres ^ à I10U3 accommoder à leurs passions ^ à suivre leurs exépiplea ^ à consentir à leurs maximes s nulle fermeté ^ nulle résistance ^ nul courage ^ tout nous ébranle ^ tout pous entraîne ^ la complaisance est le grand ressort dé toute notre conduite ^ et n^eyant peut-être point de vices à nous ^ nous de* venon$ coupables de ceux de tous les ftutrç$ ^ et
HQX1S w pf^tiquons çtucune yey tu%
SUR LES CAKÀGTÈRBS ^ CtC. 23 1
Cependaut comme nous conservons dans le cœur un reste d'amour pour la vérîlé ^ que nous ne nous livrons au monde qu''à regret ^ que nous en évitons les égaremens ^ que nous nous distinguons de lui par les actions extérieures de la piété ^ nous croyons ne pas lui appartenir comme ces âmes mondaines qui en sont enivrées : niais nous nous trompons :; il est sûr du moins que nous n'^appartenons pas à FEsprit de Dieu ^ que ce n'^est pas lui qui nous conduit et qui nous possède. Car cet Esprit divin est un esprit de force ^ de •fermeté ^ de courage : il ne craint pas le monde ^ parce qull méprise le monde : il ne veut pas plaire au monde ^ parce qu'ail est crucifié au monde : il ne recherche pas les suffrages du monde ^ parce qu'il juge les jugemens du monde : il ne ménage pas Tamitié du monde ^ parce qu'il est ennemi du monde : il ne se laisse pas ébranler par les exemples du monde ^ parce qu'il a vaincu le monde. Le caractère le plus opposé à l'Esprit de Dieu, c'est ce caractère de lâcheté et de complaisance ^ et la marque la plus sûre que Dieu n'est pas dans un cœur, et qu'on est encore au monde , c'est lorsqu'on le craint plus que la vérité , qu'on le ménage aux dépens de la vérité , qu'on veut lui plaire malgré la vérité ^ et qu'on lui sacrifie sans cesse la vérité.
Grand Dieu! répandez aujourd'hui dans nos cœurs ce triple esprit de recueillement , de renoncement, de fermeté , qui, répandu autrefois sur vos disciples, eu fit des hommes nouveaux, les
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vainqueurs du monde ^ et les téooioins de la vë-* rite : anéantissez eu nous cet esprit du monde ^ cet esprit de dissipation ^ d^immortification ^ de complaisance et de lâcheté ^ qui ferme depuis si long— temps dans nos coeurs Fentrée à votre Ek^ prit divin : renouvelez en ce jour nos désirs ^ nos 4ifiections^ nos seniimens^ nos pensées. Venez ^ Esprit de vérité ^ dans nos cœurs ^ prendre la place du monde misérable qui nous déplaît^ dL .auquel nous n^atons pas la force d^o&er déplaire;^ et après avoir établi ici-bas en nous votre de-^ meure ^ faites que nous* devenions les lemploBi étemels de votre gloire et -de votr« vérité* Àifi» soit--iI.
SERMON
POUR