‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 4)Chapitre 36 sur 59 · I. FÊTE DE I>A VISITATION · texte numérisé non relu

I. FÊTE DE I>A VISITATION

DE LA SAlNTîi VIERGE.

Exurgen» autem Maria in diebufrilli&i. abiit in montais cum festinationey^iu civita^em. Juda.

Un peu après. ^ Marie partit <wec promptitude , et t^en mtU, dojis les montoQneA de Judée f. en une yiUe de la tribu de Juda- bue i. 3^.

V^UKL est €6 iK>u veau prodige ç mes: Frères? une fille timide , foible , jusque-là élevée ^ dit un Père., .^4$. uémbr.y dans le calme et dans la pudeur de la retr»te, elle , qui naguère , ne pouvok sou-> tenir ^. sans trouble -et sans embarras, la présence même d-un an^e , se montre aujourd-bui en pu-^ blic , sVxpose à la vue des bonmxes , et ne compte même pour rien, les alarmes et les périls d'ua long «t pénible voyage»

Incrédule , veut~eUe avok pour garant de sa

aysi LA VfSlTATiÔfr •

maternité ^ le miracle de la fécondité d^ElisaI>etk? incertaine^ Tient— elle Itii confier le secret de Fambassade de Gabriel^ pour savoir ce qu'^ellé en doit croire? fière de sa nouvelle dignité^ se hate-t-elle par un de ces secrets empressemens qa''inspire une vaine joie ^ d^en aller annoncer la nouvelle à sa cousine ?

Ah ! s^écrie saint Ambroise , tout publie ici la foi et rhumilité de Marie. Convaincue que le Tout-Puissant se plaît à faire de grandes choses^ eHe sait qu^il ne lui est pas plus difficile d^'allier la fécondité avec la virginité ^ qu'^avec une bon— teuse stérilité. Elle commence à découvrir que Thistoire des Sara et des Anne ^ nVvoit été qu^ua prélude de ce qui se passe à ses yeux^ et rentrant dans son néant , à mesure que Dieu sVpproche d^elle pour Télever , Mère du Libérateur de Sion ^ que tant de siècles avoient promis ^ que tant de justes avoient annoncé ^ que tant de rois et db prophètes avoi^it souhaité ^ elle va rendre à Elisabeth les mêmes devoirs^ que son Fils doit un jour rendre à Jean-Baptiste ^ et comme lui ^ elle se croit obligée d'accomplir toute justice : Sic enitn ilecètnos implereomnem justitiûm» (Matt. 3. 1 5.)

Ni la bienséance ^ continue ce Père , sur laquelle son sexe est si délicat ^ et qui si souvent lui tient L'eu de vertu ^ ni la difficulté des cheminç ^ ni la longueur du vojage-n^alarinentpas sa délicatesse: peu attentive à tous les obstacles que ramoûr^ propre grossit et multiplie toujours avec tant d'art €t de succès , elfe se livre au divin penchant qui

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