LA VISITATION
séance <{ui étouffe dans tant de cœurs les se— menées de grâce que vous y jetez ^ cette loi du siècle , cet Evangile des mondains , fera-t-il une exception dans les maximes générales de rEvangile de Jésus-Christ ? Eh ! si votre justice pouvoît souffrir des adoucissemens dans une loi dont vous avez prédit Taccomplissement jusqu^au point le plus léger ^ seroit-ce en faveur des puissans du siècle' que vous vous relâcheriez, eux qui vous ont disputé la plus uiince mortification ^ et qui pour Famour de vous n''ont jamais pu se retrancher sur un seul plaisir ^ ou en faveur de ces infortunés , qui par les ménagemens secrets de votre providence , en proie ici-bas à la faim , à la soif et à tant d^autres calamités , accablés sous la pe— sauteur du joug , n'ont pu toujours posséder leurs âmes daps leur patience ?
Quel est ici, mes Frères , notre aveuglement ! on ne veut pas d'une piété qui se fasse remarquer, et qui nous mette sur le pied d'homme extraordinaire. Mais si la contagion est universelle. pouvez— vous vous en sauver sans être singulier ? mais si la foule entre dans la voie large , comment voulez-vous suivre le sentier évangélique , et n'être pas remarqué ? Eh quoi ! parce que l'inondation alloit être générale, !^oé ne devoit donc pas bâtir une arche , et se sauver^avec sa seule famille ? 11 falloit donc que Loth , poiu* éviter la singularité , attendît tranquillement l'in-. cendio de Sodome ? Détrompez-vous , mes chers auditeurs^ les saints ont toujours passé poiu-gens