DANS QUEL ESPRIT IL FAUT LES
PRATIQUEIU
Si Spiritu vivimus » Spiritu et ambulemus.
Si nous wwons par P Esprit f conduisons-nous par PEsjni$»
Oe n^est pas seulement pour vous exhorter à la miséricorde ^ et vous exposer sur c^e vertu les obligations de la piété chrétienne ^ que je viens ici vous entretenir ^ Mesdames : il me parolt peu
utile
DANS QUBL ESPKlT^ Ctc. !tot
utile de borner tout le fruit de ce discours à établir un devoir que vous accomplissez déjà ^ et tinQoacer la loi de la charité à des persosnes oue la charité elle-même assemble.
, Lorsque nous parlons au commun des fidèles ^ tions pouvons leur montrer danis les livres saints ees maximes décisives qui nous ordonnent de se* courir nos frères alHîgés , parce que la plupart d^entre eux les ignorent : nous pouvons leur redire ces anathèmes terribles que TEsprit de Dieu y prononce contre ceux qui ne -font pas de leur abondance un aâle et une ressource aux malheureux , parce qu'il s'y trouve des amies dures et impitoyables, qu'ail faut ébranler par ces vérités étonnantes : nous pouvons leur ouvrir le sein delà gloire^ et en leur faisant voir un royaume étemel devenu la récompense d'un verre d''eau froide , étaler tout le prix du plus léger office de miséricorde , parce que parmi ceux qui nous écoutent , il en est toujoiu^ dont la charité tiède et itidolente a besoin d'être ranimée.
Mab ici , Mesdames , où la miséricorde est une vertu commune 5 il seroit inutile d'^entreprendre de Finspirer : ici , où Ton porte des cœurs sensibles aux calamités de nos frères , ces maximes effi*ayantes des livres saints contre Pinhumanité envers les pauvres, seroient mal placées : ici enfin où la charité se soutient par une société de zèle ^ et s'anime par de saiiUs exemples, on peut se dispenser de l'encourager ^ il n'est presque plus besoin que de l'instruire.
3oS OEUTHGS DE l^ISÉ RIC OUDE.
Mon desseiadono aujourd''hui ^ Mesdames^ est de vous entretenir sur Fesprit de la foi dans la pratique des œmTes de miséricorde^ persuadé que ces œuvres ^ dans la plupart des âmes ^ ne sont pas toujoiars les firuits de cette charité qui U^opère jamais en vain ^ que les mécomptes de Fapiourw-propre détruisait souvent' à notre insu ce que la piété édifie ;; que Fœuvre du Seigneur ^ entre les mains de Fliomme ^ y contracte plus communément qu^on ne croit ^ je ne sais quoi d^humain et de défectueux ^ capable d^en anéantir tout le inérite ij et qu'il n'arrive que trop souvent , hélas ! que nos foiblesses ont la meilleure part à ïios vertus.
Je vais donc ramener à trois règles principales tout Fesprit de la piété chrétienne sur les offices de la miséricorde ^ et en opposant ces règles évan* géliques aux abus que la cujHdité ne cesse d''y piêler^ faire le discernement de For d'avec la paille ^ séparer ce que Fhomme y met du sien ^ d'avec ce que la ch^té toute seule opère ^ et établir des marques infaillibles , afin qu'on ne pui3se pas s'y méprendre,