POUR RAPPELER LE SOUVENIR
DE Uk riaVEUA DES PaSlUBBS C3niSTlERS«
BeiAMAoraiiiiiii autem pnstinos dîes.
Kapptkez en votre mémoire les premiers temps* Htbiw to. ^i*
Xh rCea cs^ pas de la naissance de IlSglise y mes Frères ^ comme de celle des superstitions et des sectes. Lem* origine a toujours quelque chose de honteux. Comme Porgueil et la licence en furent lea premières sources, il faut tirer le Toile sur ccJS premienr tempis qui les établirent parmi les hommes. On y Toit les passions les plus honteuses présider à la naissance de ces ouyrages de ténèbres^ leur donner la forme , Vaccroissement*tet le pro* grès : et semblables à ces enÊuos infortunés , qui sont le triste fruit du crime de leurs pères ^ il ne faut pour les couvrir de confusion , que les rappeler à leur origine* •Maàs pour nous y mes Frères ^ nous pouvoni
Sira LA >FBIYEtm des FJIEH. CfiRÉTlENS. 33 1
VOUS dire avec confiance : Rappelez les anciens jours .* Rememoramini autem pristinos dies* Les premiers âges de TEglise sont les âges de sa lerveur et de sa gloire.
i. Souvençz-Tous de ces temps heureux^ où la foi aiçore naissante formoit tant de martyrs gé- ' neveux ^ tant de pénitens austères ^ tant de \ierges pures ^ tant de pasteurs fidèles^ tant de ministres ^épréhensibles : Rememoramini^ etc.
Rappelez ces âèdes dW^ où FEglise encore tnîmée des prémices de Tesprit qui venoit de la former^ paroissoit sans tache et sans ridei; sous des dehors tristes et obscurs ^ brilloit d^un éclat céleste et divin ^ empruntoit toute sa majesté de ses opprobres et de ses soufirancesij et foulée aux. jneds de ses persécuteurs ^ devenoit pourtant un çectade digne des an^es et des« hommes : Reme* moramini^ etc.
, Souvenez-vous de ces jours glorieux ^ où le christianisme ne comptoit que des saints au nombre' de ses enfaiis : où ses vases les plus fragiles étoient plus forts que toute la force d^un siècle profane ) et où. la- foi formoit parmi les simples et les ignoians ^ ces sages et ces héros ^ que la philo* , Sophie n^avoit fait jusque-là , ou qu^imaginer | ou que promettre : Rememoramini autem pristi* nos diesn
- Rappelez cette ferveur primitive ^ où rinao** eence des mœurs étoit , fose le dire^ le crime auquel on reconn^i3Soit les chrétiens:; où ils ne éeveninent suspects aux tprans , qu'yen paroissant
33a sim.LA TEiiYEirii
l^eu conformes au monde corrompe i; et 4>a W^ fuite des plaisirs publies éUât le seul indioe doot fit! se ser voit pour déi^oncer les fid«|es : Ranemo^ ramini autem pristinos dies»
Rappelez cette rigueur de dîsdpliijei^. où les ciiutes publique ue s'^expipient que piir des /oban limens publics \ où le spectacle de lapénHesisi, eflaçoît le scandale du criiue ^ où la longueur et la sévérité des expiations^ paroissoit eneoise^ une indulgence dans la rémission des fautes^ où les pecheui^ regardoient la pé^njt^nce la plus ri|pou^^ rêuse, comme une grace^ où ils sollicitoieiit euxt nièmes le droit de pui^ir leur^ crimes ^ et de les [fleurer ; et où ^ prosternés aux portes de nos teiùples y couverts de cendre et de cilices.^ séparés de IVutel ^nt ^ après avoir. long— temps gémi dans cet état d'humiliation et, de peine ^ ils rece«f voient le bienfait delà paix et de laréçqncîlâatiou^ lion pas comme le pi^ix de leurs Jongs travaux ^ mais comme le fruit de la cbari^é ;et de la^lémenoa de TËglise : Remeipxirwmni mtpm ppistmoê dies.
Au souvenir de ces jours heureux^ à la vue ^ cesfoibles vestiges que la cérémonie d^auJQnrd''hui nous eh retrace ^ à Fimmense di$proportion jqu« nous trouvons, entre nos pères et ixous,^ entre leur ferveur et notre léthargie ^ leur ihnocence et nos déréglemens ^ leurs austérités et nos mœurs sen-*» quelles :; les larmes et les expiations de leur péni>» tence^ et les démarches languissantes d^ 1* uâtre:. dans quelles dispositions de; tercei^ ^ d<9
DES PREMIERS eHRÉTIENS. 333
fusion ne devons-nous pas entrer? c^est h. réflexion^ la plus naturelle que nous fournit cette cérémonie^ et la seule à laquelle je m'*arrête*
L^Eglise n'*exîge plus^ il eist vrai, ces épreuves longues et publiques par où il falloit passer pour obtenir le pardon de ses fautes. Nous ne voyons plus ees difierens degrés de pénitens séparés du reste des fidèles ^ et admis successivement et pu*> bliquement , à la paix et à la réconciliation , selon la mesure de leur ferveur ^ ou la durée de leur pénitence. La discipline extérieure a changé ^ le nombre des pécheurs croissant avec celui des fi-^ dèles , il n a plus été possible de les séparer tous, et de les soumettre aux peines canoniques. Hélas ! mes Frèrçs , que restéroit^il dans rassemblée sainte, si Ton en séparoit encore aujourd'hui comme autrefois, les inu4ondes, les fornicateurs, les adultères , fes ravisseurs , et tous les pécheurs soumis alors à la pénitence publique ?
Mais, mes Frères, les changemens arrivés à k police de FEglise n^Oiit rieti changé à son esprit. La ferveur des fidèles a pu se relâcher ^ la muttitude des coupables a pu rendre impossible la .durée et la publicité des peines^ la nécessité des .temps a pu suspendre des lois que la nécessité avoit d''abord établies ^ en un mot , la prudence a pu changer au dehors, ce quelle premier zèle avoit d'abord ordonné : mais il y a une loi supérieure, fixe et invisible;, qui ne change point ^ une ..obligation de pénitence inséparable de TEvangile, qui est çoinme lui , de tous les temps et de tous
jies lieux ^ et que le relâchement des mœurs ^ lom d^afibiblir ^ rend encore plus indispensable.
Tout chrétien doit crucifier sa chair avec ses ,desirs^ tout pécheur doit être puni : soit que Vous regardiez ce que vous devez à la sainteté de la foi par votre baptême^ ou à la justice de Dieu par vos crimes ^ la pénitence est pour vous Fu-nique voie du saliit. Si vous ne vous rencmceK pas sans cesse vous-même ^ yûus n^étes pas disciple de Jésus-Christ :; si vous ne lavez pas dans ie sang de la pénitence le vêtement de justice que vous avez souillé .^ vouç n^entrerez pas dans le ro}'aume de Dieu ^ deux vérités iipinuables. En uo mot^ sans la pénitence vous périrez tous^ c^est un arrêt qui n'^excepte personne ^ et dont il ' ti^'est permis à personne d^appeler. Or^ qu^e esl cette pénitence P
Si vous la mesurez par rEvanj[ile ^ renoncez«vous sans cesse vous-même:; portez votre croix chaque jour^ appelez heureux ceux qui pleurent et qui sont ajf&igés ^ ne cherchez point votre coi^ solation en ce monde ^ perdez votre ame pour la sauver; arrachez l'œil qui vous scandalise:; ne comptez pour rien votre corps ; n'attendez le royaume de Dieu que de la violence:; regardez votre chair coinme l'ennemi le plus dangereux de votre salut ; aimez ceux qui vous haïssent : souvenez-vous que les abjections et les opprobres sont le caractère des enfans de Dieu ; mettez h cognée à la racine de vos passions , et ooupei Jusqu'au yîf , tout ce qui occupe en vaiu la Jten^ Àe votre coeur ^ faites cela et vous vivrez.
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VéUà la peuitence que yous impose le titre' seul de chrétien. A ce titre ^ vous avez ajouté cielui de pécheur. H ne s^a^t plus de o mb attre et de se faire violence pour éviter de perdre la gntce :j c'*est le devoir de toute ame fidèle, c^est la pétiitence des innocens : il s''agit d^expier Vos crimes passés ^ il s^agit de pleurer des chutes iu-- Aotnbràbles , et de déradner des passions invé-*' térées :' nouveau ^enre de pénitence qui vous regarde^ la peuitence des pécheurs. Voilà de» règles que le changement des temps n^'a point changées. .
Or, montrez-nous dans vos mœurs la pénitence même des innocens. Je suppose que vous nWez point d^excès à pleurer , point de voluptés profimes à expier: vous êtes disciple de Jésus-Chrfst^ celai suffit. Or , vivez-vou^ conformément à sou Evangile?
Renoncez-*vous à tout ce qui flatte les sens f yous diâputez-vous une parole même oiseuse ^ regardez'veus les afflictions comme des grâces ? êtes— vous doux et humble de cœur ? aimez-vous ceux qui vous calomnient ? portez^vous la mortification de Jésus— Christ sur votrv chair ? haïssezvous le monde ccMrmne Fennemi de Dieu ? veillez^ vous , et priez-^oils sans cesse ? choisissez-vous la dernière place ? et ce qui est élevé aux yeux des honunes , est-il nqféprisable à vos yeux P .
Telle est la pénitence des mnocens. Sans elle ^ sans cette conformité avec FEvahgile ^ vous seriez plus chaste que Susanne^ plus irrépréhensible