‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 4)Chapitre 47 sur 59 · SUK LA FERVEUR · texte numérisé non relu

SUK LA FERVEUR

que Judith ^ plus charitable que Corneille ^ tous êtes perdu.

Et cependant^ mes Frères^ vous nWez été ni chastes^ ni tempérans^ ni irréprochables : vous êtes pécheurs ^ vous lé savez : la pénitence des innocens ne suffît plus pour vous : vous devez à la. justice de Dieu des réparations infinies. Que de plaisirs injustes et honteux à expier ! que de scandales à réparer ! que d^horreurs à eâacer ! quelle conscience monstrueuse à, purifier ! Il vous faut encore la pénitence des pécheurs. Mais en quoi consiste eette pénitence ?

Ah ! si vous la mesurez par la justice de Dieu qui Texige ^ regardez la sainteté et la majesté de celui que vous avez outragé : regardez la terreur de ses jugemens ^ exercés autrefois sur des prévarications que vous compteriez à pejbe parmi vos fautes : regardez Tunivers entier inondé par le déluge ^ des villes coupables livrées à un feu vengeur ^ des murmurateurs engloutis^ un simple violemènt du sabbat firappé de mort ^ une légère défiance de Moïse punie par rexclusion de la terre promise : régardez son propre Fik devenu la victime de nos péchés ^ et quels chatim^is sa justice a exigés de celui en qui il avoit mis toute sa complaisance ; regardez | et faites selon ce modèle.

Si vous en jugez par les règles que TEglise observoit envers les pécheurs qu^elle souxnettoit à la pénitence publique ^ paroissez ici , illustres pénitens qui gémissiez autrefois des années en--

tière»

DES PREMIERS CARÉTfENS. 33 J

iières à la porte du temple^ sous la cendre et sous ' le cilice ij et par tout ce que TEglise exigeoit alon de vous ^ de jeûnes ^ de macérations ^ de privations ^ de prières ^ apprenez aux fidèles qui m^é* coûtent^ ce qu elle exigeroit encore aujourd'hui^ si la sainteté de son esprit décidoit de la sévérité de ses règles*

Voilà la pénitence de ces pcclieurs. L^Eglise ne fait plus de cette pénitence Une police publique^ mub la justice de Dieu^ qui est immuable^ vous dispense-l-elle de la pénitence secrète ? L^Ëglis^ eUe-mème ^ qni ne s^est relâchée qu'à regret de la discipline extérieure ^ en conserve toujours Tesprit ij elle vous charge encore de vous imposer en secret des peines proportionnées à vos fautes ^ ^ et d'être à vous-même votre juge.

Et certes , mes Frères , de bonne foi ^ pourqu<» croiriez-vous aujourd'hui , sur le devoir de la pémtence ^ votre condition plus làvorable que celle des fidèles des premiers temps ?

Est-ce que la justice de Dieu a changé ses règles ? Mais vous savez qu'en Dieu , il n^y a ni mutation ^ ni vicissitude^ que tout change autour de lui^ mais qu'il demeure toujours le même.

Est-ce que vos crimes sont moins énormes que ceux de ces premiers fidèles ? Hélas ! ils ne connoissoient pas même les horreurs que vous avalez comme Peau. Une seule chute en faisoit quelquefo6 des pénitens puMics ^ et après une vie entière de souillures éi dlniquité , vous voudriez être

Page 1