DE LA SOUMISSION A LA TOLONTÉ . DE DIEU
xJivisiON. /. Quelles sont les sources secrètes de notre révolte contre la volonté de Dieu* II* Quels sont les ay^antages (fui accompagnent h^ soumission à sa volonté 5aàil<CL.
F* Partie. Les principales sources de notre relooke contre la volonté de Dieu^ sont^ pre-^ saièremeat ^ une vaine raison qui rappelle toujours les oeuvres du Seigneur au jugement de ses propres lumières : secondement^ un fonds d''amour'propre9 qui fait ique nous ramenons tout à nous-mêmes : troisâèmemetit ^ une fausse vertu ^ qui sous prét« texte de chercher Dieu ^ ne se cherche qu^elle^ même.
i*" Une vaine raison. Marie pouvoit opposer bien des doutes à Tordre de Dieu ^ qui Tobligeoit de venir se purifier dans le temple^ cependant elle obéit ^ et nous apprend par-là que c^est au Seigneur à vouloir ^ et à la créature à se soumettre. Pour nous ^ nous voulons toujours faire rendra compte à Dieu de sa condmte. S^agit-*B
de ses voies générales sur le salut de tons les hommes ? on nVntend tous les jours dans le monde que des réflexions insensées là-dessus : Pourquoi tous les hommes ne sont-ils pas sauvés P pourquoi Dieu a-t— il rendu le salut si difficile? pourquoi a~t-il fait les honmies si foibles P etc. Mais s'*il y a nécessairement des mystères incompréhensibles au reste des sujets ^ dans le conseil des souverains , pourquoi n^ en auroit-il point dans les conseils de Dieu? et, s^ilfaut, dît PEcriture, respecter le secret des rois dans la conduite de leurs peuples^ , le secret du Roi des rois dans la, dispensation des choses humaines , seroit-il ihohis respectd>le? Si ce que nous connoissons de ses oeuvres n«^^Miparoit si divin et si admirable, concluons que ce que nous n'^en connoissons pas , Test aussi. Mais ce n''est pas tout. S'agît— il des desseins éternels de Dieu sur nos destinées particulières? nous condamnons sa conduite à notre égard : nous nous en prenons à sa provideûce de nous avoir placés en certaines situations où noire foiblesse trouve des écueils inévitables ; et nous ne pensons pas que Dieu propc^onne -les grâces aux états ^ que toutes les situations où son ordre nous place , loin d'être des écueils, peuvent devenir des moyens de sahit pour nous 5 et que la plupart des diangers et des occasions dont nous nous plaignons , sont .plus dana nos passions que dans nos places.
:2^ Un amour excessif et déréglé de noofi-mémes* Harîe nous donne encore ici l'exemple de sa sou^
nùssiou à la Tolonté de Dieu. Â ne constilter que les seutiiueas humains^ tput lui eût fournit do» prétextes pour s^j soustraire , et refuser de venir au ^temple s^assujettir à la loi d,e Isl purification ; les intérêts de sa maternité divine ^ le prodige de sont enfantement , la honte même de sa pauvreté et de la modicité de son offrande-: mais elle n^éooute point la voix du sang et de la chair ^ per^* suadée que le premier sacrifice que Dieu demanda de nous ^ jC^est le sacrifice de nous-mêmes. Pour nous ^ comme nous rapportons toiit à nous* mêmes , et que nous vivons comme si Fuuivers içntier n^étoit fait que pour nous seuls ^ nous voudrions que Dieu ne fût occupé que de nous iieuls {^ quHl entrât dans le plan de notre amour-* . propre 5 et qu''au lieu d^être le modérateur de Tunivers et- le Dieu de toutes les créatures ^ il ne fût que le Dieu de nos passions et de nos çaprîces. De là ^ prenûèremient ^ Fa/Qiction ne nous trouve pas plus soumis à Dieu que la prospérité ^ et tout ce qui trouble un seul instant nos plaisirs^ notr# orgueil , nos projet»', nous aigrit et nous révolte. De là , secondement , comme nous nous aimons beaucoup nous-mêmes , et que nous ne mettons point de bornes à nos désirs, nous n^ sommes ja-* mais contens de notre état, de notre élévation ^ • de nos places ^ et parce que nous n'^a vous pas tout ce que nous désirons , nous comptons pour< rien tout ce que nou^ avons* De là ,. troisièmement ,| ^àmme nous regardons tout ce que nous dédirons â^oxiuxLÇ notre partage j les places et les honneurs
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qui échappent à notre cupidité' ^ et qui se répandent sur les autres^ nous les regardons comme un bien qu^on nous ravit injustement. De là ^ quatrièmement ^ comme nous croyons avoir seukla sagesse en partage^ tout ce qui ne s^ajuste pss> nos vues et à nos lumières dans l'arrangement des choses d^ici-1>as ^ trouve auprès de nous sa condamnation et sa censure : nous ne saurions toQ< loir ce que Dieu veut : nous trouvons de IV justîce ^ de Thumeur ,. de Fimprudence ^ dans li dispensatîon des places et des faveurs ^ sans penser quHl se peut faire que les liommes ai»* tort ^ et fassent des choix injustes ^ mais que Din a toujours raison ^ et se sert de leurs méprises pour accomplir les desseins éternels de sa providence. Pensoi}s -de la sorte : alors le m.onde ^ le ff^ vemement des états et des empires oflTrira à nos yeulc un ordre et une sagesse admirable ^ paf<^ que nous y verrons un Dieu invisible ^ souverain modérateur de Tunivers , sans Tordre duqad ^ cheveu même ne tombe pas de nos létes 5 paf ■ volonté de qui tout se fait ^ et qui par des ©«»• gemens inexplicables ^ fait servir aux desseins ée sa miséricorde , la malice même des homm**' Mais si vous séparez Dieu du speetade de 1 ^^ vers ^ si vous n''y voyez plus la volcmlé étenielK du Seigneur^ qui en est le ressort invisible 1 '^ monde n^est plus quW.cahos^ ua théâtre * •confusion et de double ^ où Pon ne voit fot^ d'ordre , parce qu'ion n y voit que rWég^"^*
Ses mouTemeoS) sans en comprendre le secret et Fusage.
3" Une fausse vertu ^ qui résiste à Dieu sous prétexte de le chercher : dernier écueil, que Fexemple de Marie nous apprend à éviter. £a effet ^ si elle n^eût consulté que son zèle pour la gloire de son Fils^ elle devoiti^ ce semble )S# soustraire à la loi de la purification ^ q|ii ne pa-^ roîssoit propre qu^à confirmer Fincrédulité de sou peuple , en le faisant passer pour le simple fils de Marie et de Joseph. Mais Marie se défie d^m *èle qui nVst pas dans Fordre de Dieu ^ et rien ne lui paroit plus sûr même dans la vertu^ que de se cou* former k sa volonté sainte : et véritablement rien n'est bon pour nous^ que ce que Dieu veut ^ et toute piété qui n'*a pas pour fondement une con--« formité continuelle à sa volonté sainte, est une fausse vertu. C^est par là cependant que la piété* manque presque toujours ^ et nous ne voulons jamais aller à Dieu par les voies que sa .maia même nous a frayées. Premièrement ^ les devoiirs^ de notre état ne nous plaisent jamais : nous leur substituons toujours des œuvres arbitraires que pieu ne demande pas de nous. Secondement , si Dieu nous laisse dans un état d^infirmité habituelle^ nous nou^ en prenons à cet état, de notre tiédeur. et de nos infidélités d^ns le service de ï)ieu. Troisièmement , nous souffrons impatiemment nos proprés imperfections : nous voudrions n^avoir rien à. nous reprocher, et vivre contins de nous^ mêmes. Quatrièmement , si les pécheurs revêtus ToTttf F* MrsTSRss» 3»
35o ANALYSES
dé rautdrîtë publique ^ Inettent quelque obs^elç à notre zèle ^ nous ne gardons plus de mesorçide élifarité avec eux. Cinquièmement ^ les déréglemens <le nos proches ^ de nos maîtres y de nos égaux ^ avec qui nous avons à vivre ^ nous sont iiH s^[^portabIes ^ et nous nous faisons une fausse ^rtù de les censurer de lès décrier et .de les aigrir : au lieu que la véritable vertp regarde les pécheurs entre les mains de Dieu ^ les souÔre avec liante ^ puisque Dieu les souffre lui-même 5 et les aime avec tendresse , puisqu''ils peuvent devcmr ïes amis de Dieu,, et quils sont utiles aux desseins dé sa providemce.
Il* Partie. Les avantages qui accompagnea^ ta soumission à la volonté de Dieu» Trois sources fécondes de chagrin$ forment tous les malbeuis et toutes les inquiétudes de la vie humaine : les Vaines prévoyances sur Tavenir , les agitations »finies sur le présent ^ et les regrets inutiles sur le passé.
Or , !*• la soumission à la volonté de Dieu nous fait attendre , comme INIarie ^ Favenir sans in- «Juieluàe. Quelles alarmes la prédiction du vieiDaro Siméon sur la destinée future de son Fils ^ ne de* voit-elle pas jeter dans son ame sainte ? CepeiH dant 5 coi^dme le prophète , elle jette toutes ses pensées et toutes ses frayeurs daps le sein i» Dieu.^ et sa tranquillité est. parfaite^ parce q»^ sa soumission est entière. Pour nous , les inquiétudes sur ravenir forment le poison le plus dsoxt âe notre YÎe^ et nou3 ne sommes malheureuse ^
DES SEIVMONS,^ 35t
«{ne pivce qae obus ne savons pas ifous renieiçm^ dans lé motoei]it présent : nous ^o^s tourmeatoi^ sans cesse sur le lendemain^ comme àk eha(|u^ Jour ne suffisoit pas son mal. Toute notre \i^ n''est qu^agitatîbn ^ que trouble^ que craintes 4^ que précautionis : mais une ame so^mise à Dieuj^ n''éprouve point ces troubles ^ ces frayeurs y cas soucis^ qui agitent les enfans du siècle:; parqe qu''elle sait que Tavenir est arrêté dans les con^ seils de sa providence ^ et que nos inquiétudes ^ nos spuds^ ne pouvant changer la couleur memjp . d^un spul de nos cheveux 5 ne ch^iiigecont pas^^ à plus forte raison . Tordre' de ses volontés im-r muable^ ^ que d'^ailleùrs on ne risque rien , en s^ T confiant à lui sur tout ce qui doit arriver, Ç^ n^est pas que la religion autorisé la paress^, €^ Timprudence : le fidèle travaille comime si tO!^ dépendent de lui ^ mais il es^ tranquille sur Tév^nement ^ parce que tout dépend de Dieu. Ain^^ji la prudence est couunune au fidèle et au mondain j mais la paix et la tranquillité n''est que pour 1|^ fidèle. Et quand je dis que la prudence leur e$( commune ^ c'^est le nom seul qui leur est commun j car il y a bien de la différence entre une pn;^denc9 chrétienne et soumise à Dieu ^ et une prudence tout humaine. La prudeuce du fidèle ^ dit saint Jacques ^ est ^ premièrement^ chaste et innoçffnte î elle ne coni)pit de i^iesures légitimes que celles que la cpnscience permet ^ et que la reli^on apr prouve : celle du pécheur au contraire ne compta jpour rien les crime]s ^ poux arriver à ses fips« &er
35a ahaltses
•ondement) celle du fidèle est tranquille ^ «t amie de la paix ^ ses mesures sont toujours paVflibles ^ parce qu^elIes sont toujours soumises à la Yolonté de Dieu : celle du pécheur au contraire est toujours agitée ^ parce qu Vile nVst jamais soumise Troisièmement. Celle du fidèle est modeste ^ Q s^terdit les projets ambitieux ^ etn^a que des vues conformes à son état ^ celle du pécheur est insatiable. Quatrièmement ^ celle du fidèle est humble ^ il se défie toujours de ses propres lumières : celle du pécheur au contraire est pleine -d'^oi^eil ^ il ne compte que sur Thabileté de ses mesures. Cinquièmement ^ celle du fidèle n^eA point soupçonneuse :^ il aimeroit encore mieux tomber dans le piège ^ que de juger témérairement ^les intentions, et les pensées de ses firères : la prudence du pécheur ne trouve sa sûreté que dans ses soupçons et dans ses défiances. Sixièmement, celle du fidèle n'^est point disdmulée^ comme il ne veut tromper personne , il n'^a que faire de se déguiser : celle du pécheur n^est que duplicité étemelle. Septièmement, enfin celle du fidèle est pleine de miséricorde, et des fruits des bonnes œuvres^ il joint aux moyens humains les pratiques de la vertu , et les secours dé la prière : le pécheur au contraire regarde la piété comme un obstacle à son élévation.
1*" La seconde source de nos inquiétudes , est une agitation infime sur le présent. Bien n'^arrive presque jamais selon nos désirs : mais une ame fidèle trouve , Comme aujourd'hui Marie , dai|s
.«■ nmi
mne soumission entière. aux ordres de Dieu, uoç ressource toujours prête aux embarras de sa sitiuiT . tiod présente*. Tout étoit incompréhensible da^f les desseins de Dieu sur elle : mais la volonté de Dieu est le seul dénouement de ses doutes ^ e| la grande consolation de ses pednes. Or ) .cg qtQ, rend la soumission à là volonté de Diejn si cço^Qt lante dans les situations les plus difficiles oà Jl nous place ^ c^est ^ premièrement , que c'est 1^ volonté d''u4 Dieu tout-puissant ^ à gai tout e^% aîsé^ secondemait^ d^un Dieu sage^ <]ui uç (ait rien au hasard^. (|ui voit les ditrprcnte^ utilitéi fies situations où H nous placer tcQÎstèqi^e^eati idW Dieu bpn ^ tendre et miséricordieux ^ qiU jious'aime ^ et qui ne v,eut.que notre salut.,
3'' Les regvets sur le pa^sé forment la <lemièï'9
source des inquiétudes ki^aines. INous ne jcap-r
pelons les événemçns fâcheux de nptre yie^
qu'^avec des retours ,ainers qui en «Hipoisôanetil;
le souvenirs npus fiqus r^pi;ochons saui^. cesse
4]'a\oîr été uousrmèmes les auteurs de, w^Xte iu«^
iWtune. Or , <;''est encore }(à que la ^umisfiioR
4de Maiîe est pour nous lyi Dio4qle. Ço^do^ eU<e
. ne peut jouter que la map du Tr^HiqpitiA^r
ne Tait |usqu''ici cçnduite^, i^Ue n^a pf^s 4^ priais
^ se persuader que c^est lui— même qui la coiaduit
aujourdluii au temple , jst à se souunetlre. au s%t
criâce et à rhumillalion que Die^ deipaniis d^ellç«
*^^pilà la grande science de \a. foi* Le pas$é deyr^it
^etre pour nous uive instriicjlion . coutiuuelle ^ Otk
,pous lïf^Viiotis ^étudier Ic^ voloa^tés adorables dit'
354 , AîiTALySÊS
Seigneur sût les destinées des hommes : cependant le souvenir du passé ^ loin de nous instruire) nous séduit ^ et ne &it que réveiller en nous des JpÉssions injustes. Tout passe ^ tout disparolt^ tout s'*écroule à nos yeux^ et nous ne. voyons l)iêu nulle part : nous n'y voyons que les révolutions humaines. Les patriarches.^ bien diffiéretis de nous , voyoient Dieu partout ;; et repassant sans cesse sur les différentes voies ^ par où ia. iagésse les avoit conduits^ ils y admiroient les ménagemens ine&blës de sa providence ^ et Tordre de ses volontés adorables. Et voilà la gninde science que nous apprennent nos divines Ëçrittires : dans les autres histoires ^ on n^ voit agir que les hommes ^ mais dans lliistoire des livres sainb ^ c^est Dieu seul qui fait tout. Aussi nous af^rend-^le à ne regarder les diSërentes révolùtidtis qui ont agité Funivers^ que comme -(^histoire des desseins et des volontés du Seigneur sur les hommes^ et e^est rinstruction que trouve -à prés«»t une ame fidèle dans le souvenir du passé) comme ce sera une des grandes consolations des justes dans le ciel ^ de voir à découvert Tordre -admirable des volontés du Seigneur dans tous les ëvéttemens de leur vie passée. Ik verront avec . quelle bonté et quelle sagesse Dieu faisoit tout servir à la sanctification des siens ^ tandis que les pécheurs seront surpris et désespérés de voir que ^ croyant vivre sans joug et sans Dieu en ce monde ^ ils étoient néanmoins entre les mains de sa sagesse ^ qui $e servoit de leurs égaremens ^ pom
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raccomplissemènt de ses desseins éternels. Ré-*« flexion qui seule devroitrappeiler tous les hommes à une soumission continuelle âux volontés du Seigneur^^ puisque , qu'ils se soumettent ou noU à sa volonté sainte^ il est certain qu'ils agissent toujours soUs la main de Dieu : ainsi en se révol-tant contre lui^ ils ne changent poitit les évéae-* mens ^ ils ne fout que multiplier leurs crimes.