LE JOUR DE LA PURIFICATION
SECON0 SERMON. -—SUR LES DISPOSITIONS NÉCBSSÀIRff POUR SE CONSACRER A DIEU PAR UNE HOUVELLI VIE.
I/i VISION. Nous (xpprenons dans ce mystère^ les dispositions dans lesquelles ilfaut entrer pour se consaêtf^r à Dieu par une vie toute nous^eïle: nous y trouvons un ^esprit de sacrifice dans Jésus — Christ ^ qui s^ offre à son Père} et un esprit de fidélité dans Marie qui t offre. Or voilà les deux dispositions qui rendent la con^ version sincère et durable ^ et V offrande de nos cœurs ^ agréable à Dieu. /. Un esprit de sacrifice .f qui ne réserye rien en s^ offrante IJ. Un esprit de fidélité ^ qui ne se déthent plus sur rien en le servant.
P* Partie. Un esprit de sacrifice qui né rè^ serve rien en s^ offrant. Quoique Jésus*-Chrïst ne soit pas ^fihuolé aujourd'hui dans le temple,^ h sacrifice ^')1 £ttl d6ltti-^iùéD»e à «oiiPèr%) '
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fi^en est pas moins réel : bien différent en celat des autres premiers-nés qu^on venoit mettre entre les mains des pontifes y et quW présentoit au temple^ jjut6t pour les racheter^ que pour les oon* sacrer au^ Seigneur. Pour Jésus-Christ ^ dès qu^il •entre dans le temple^ dès lors il aocepte et souffre 'par avance ^ tout ce qu'ail doîtsouânr un jour pour son Père. Ainsi quoique ce qui se passe aujourd'hui dans le temple ^ ne soit qu^une image du Calvaire ^ Toblation n'en est pas moins réelle ^ dit saint Bernard,
1° Et telle doit être la première condition de notre sacrifice^ lorsque nous voulons nous donner à Dieu<^ la réalité de Tofirande. La démence divine qui depuis le péché ^ pourroit lexiger de nous le sacrifice de notre vie ^ a r^niplacé cette peine ^ et le sacrifice continuel 4e I«i ^ie des sens ^ est dev<!|uu la loi de mf|et imposée à tout fidèle : loi que nous avons tdb acceptée «ur les fonts sacrés ^ lorsqu'on vint nous offrir *«u Seigneur dans le tenEipJie. Voilà la vie chré^ tienne ^ une vie de r^iôncenlënt et de sacrifice* 4}ependant^ qu'est-ce que se consacrer A Dieu pour la plupart .des ames^ qui re;yenue$ des «gar lemansdu monde « veulent le servir? CTest ainir" Cernent étaler des dehors plus reUgîeuK ^ et ne plus vivre dans un oubli entier de ^pieu et de la Hreligioa. Mais si vous n'êtes m mtoinp ambitieux ^ im inoins attaché^ ni moins sensuel^ ni moins sensible ^ etc. ^ vous vous effrezTau Seiga^nr (CCtiiic«les pramier^aés d^Israël ^ ' qui ét^At
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tîhetà ecussitôt , ne devenoient pas son partage ^ c"'est-à-dire, que vous n'*ofFrez à Dieu à votre place^ qu^un vîl animal ^ des oeuvres extérieures ^ une apparence de piété ^ au lieu de votre cœur et de vou^méine : Dieu ne sauroit se contenter de cet échange ^^il faut que lé sacrifice soit réel. Cependant la plupart des conversions ^^ à la cour surtout^ fiontlie ce caractère^ et subsistent encore avec toutes les passions ^ moins marquées à la vérité , mais toujours aussi réelles. On s^est donné au Seigneur ^ mais tout ce qui plaisoit ^ plalt encore : dès lors on n\ point fait de sacrifice ;; on s^est contenté d^èter la peau de la victime ^ d^en changer les dehors^ mais on n^a pas touché au reste : et comme on persévère dans Fusage des choses saintes^ comme on vit exempt de grands cfimes cetnme on suit presque les: mêmes routes que les justes, peu s^en faut quon ne se croie juste comme eux ^ et cen^estpas par hypocrisie: «n est dans Férreur de bonne foi : on croit avoir fait à Dieu le sacrifice qif il demandoit de nous^ quoique nous ne lui ayons jamais fait aucun sacrifice réel et douloureux de nos sens , de nos penchans , de nos espérances , de nos commodités^ de nos antipathies , etc. Détrompons-nous ^ cVst le sacrifice . du cœur , que Dieu demande ^ tout autre sacrifice n^est -pas un sacrifice réel.
a** Mais ce n''est pas assez que FofFrande de Uiotre cœur soit réelle : la seconde condition , c^^ qu^'elle soit universelle. Jésus^Chnst , dit saint -Bernard) sacri^e aujourdliui à son Père^
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pour s^en tenir à ces borùes dangerenses. Maôs quW aime peu son Di^u^ lorsqu^on peut se prescrire à soi-même la mesure de raimer ! les commencemens de L| vraie pénitence ne sauroient être ni si languissans , ni si ménagés.
n* Paktie. La seconde disposition d'une ame qid veut se donner à Dieu ^ dok être un esprà de fidélité qui ne se dément plus sur rien eH le servant; et cVst ce cp.e nous apprend Texempk de Marie.
Mos infidélités ont leur source ^ premièrement^ ou dans une prudence de la chair toujours ingénieuse à trouver des inconvéniens aux desseins de la grâce sur notre ame ^ secondement ^ ou dans un orgueil et une ^ complaisance secrète^ qm trouve dans les dons même de FEsprit— Saint ^ recueil de la vertu^ troisièmement ^ ou enfin dans un découragement dangereux^ quiàlavuedesmaux dout il est menacé ^ se consulte trop soi-même ^ et fiât de sa foiblesse la mesure de ses devoirs. Or^ la fidélité de Marie dans ce mystère nons fournit de grandes règles poUr éviter ces écu^s. ' i"" Docile^ elle ne raisonne pas. Elle u'^écoute rien de ce quelle pouvoit se dire pour se dispenser de la loi de la purification : que c^étoit se dégrader publiquement de Thonneur de sa divine maternité ^ et dérober à son Fils la gloire de son éteitielle origine ^ etc. Elle avoit ; appris dans sa retraite ^ que trop de raison , quand il s^agit des voies de Dieu ,' est un excès de lumière qui éblckuit et qui égare ; et que la vie de la
foi
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loi laisse toujours des ténèbres et des difficulté pour ue pas ôter à Tame juste le mérite de sa dodlité. Mais Fex^iple de Marie a peu d'imitafeurs, parmi ceux mime qu'on r^iarde comme justes. Nous prenons presque toujours dans les iatéréts dé la gloire de Dieu , des prétextes pouino«8 disposer de sa loi sainte,- et nous trouvons le secret de nous déguisera nous-mêmes nospasàoas sous le nom de k jàcté : en un mot , nous trouvons des inoonvéniens infinis , dès qu'il s'agit de feirele laen : et nous oe pensons pas que notre devoir est d'accomplir k loi qui est claire , et qu après cek les inconvéniens douteux que nous croyons apercevoir de loin, ne nous regardent plas: cest lailaire de celui qui nous ordonne d obéir 5 et puisque les inconvéniens que nous croyons apercevoir, ne l'ont pas encore obligé de changer sa loi, ils ae doivent rien changer nwâ à k fidélité de notre obéissance.
Un« aulre instruction que nous donne ici la doçUité de Marie , c'est qu'élevée au degré le ^ps.subUme de k grâce, elle ne dédaigne pas uae «îérémonie vtJgaire dû culte^ elle n'affecte pas des voies plus sublimes, plus spirituelles, et pins parfaites. Or, cet écueil est à craindre pour k piété : souvent on croît avoir une dévotion plus éclairée et de meilleur goût , en laissant au peuple simple et grossier les pratiques les plus commîmes de k religion, que k piété publique a. autorisées, et dont k simplicité semble les destiaer à k multitude ignorante : on croit en
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donnant moins aux sens et à la chaîr qui ne sert de rien , agir plus selon Tesprit' qui est utile à tout : et ou ne pense pas que tout aide à la Véritable piété , et que rien n'est petit et imparfait pour elle , que les œuvres qui manquent de ferveur.
2" Marie humble , ne s'élève pas. Oh ne peut douter qu'elle n'eût été éclairée d'en haut sur toute la suite du ministèce de son Fils ^ son divin cantique en est une preuve : cependant elle ne dédaigne pas d'être instruite par lé saint vieillard Siméon ^ elle ne s'empresse pas de raconta- à son tour les grandes choses que le Sedgneur avoit opérées en elle. Or , rien de plus rare , même dans la piété , que cette sage et modeste retenue, qui va à cacher ses propres dons , et à manifester
cèuK des autees.
3° Marie généreuse ne se décourage pas. On lui annonce qu'un gUive de douleur percera son ame • que cet enferit qu'elle vient offrir , se» expo'sé comme un but aux traits de la oontitidiction et de la calomnie^ on ne présente a son espnt que des images tristes et eflrayantes : cependant l des présages si funestes elle ofiire ime foi généreuse et soumise; fille d'Abraham , elle en mute la fidéUlé et le courage : or ,• c'est ici où 1 exemple de Marie est peu imité. Là piété n arrache pas touiouts du cœur des parens les plus chrétiens l'amour charnel et déréglé des enfiins^ et Fon n'offre pas toujours au Seigneur , comme eUte , ni ce qU'o» Ji deiaeiUew:, ni peutrêtre ce «juil
aemaxidoit de nous. Si ua eufaat paroit plus propre que les. autres à souteuir la gloire de soq nom. et Testime publique^ on le sépare pour la terre : en yaia mille traits d^une .vocation sainte paroissent déjà sur. sa perscmne ^ on* résiste à l''ordre de Dieu r on regarde les plus saints mou* Temens de la grâce , comme des légèretés de Tenfance^ et sans le détournei* ouvertement dVn dessein louable , sous prétexte d^éprouver sa vocation , on la lui fait perdre. Ce n est pas que je prétende ici blâmer les précautions d- une .prudence chrétienne^ mais je blâme les vains prétextes de la chair et du sang. En effet ^ lorgne les mêmes desirsderetraite.se trouvent dans osux de vos enfao^^ qui par Fordre de leur naissance , ou par la médiocrité de leurs talens ^ sont moins propres au monde, et à seconder la vanité de .vos projets;; vous n'êtes pas si difficiles et si circonspects, : loin de leur repré^entcjr les inoon- ■yéniens d'un choix téméraire ^ Jc'est vous-mêmes qui le leur inspirez. Aussi arrive-t-il de là que la honte de vos familles devient le partage* du Sei— gueui*. Après cela vous êtes assez injustes pour faire du dérèglement et de Fignorance des personnes consaci*ées à Dieu , le sujet Ip plus ordinaire de vos dérisions et de vos censures :
mais ne spnt-ce pas les mains de votre cupidité qui ont placé sur Fautel , ces idoles méprisables que vous. insultez ? S'il n'y avoif point dans TEglise tant de parens avares , ambitieux , injustes ^ on nV verrcÂt pas tant de ministres moiidç^las ^
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scanâalevLX ^ igaona». Telles soat les înstnirtMRis que la foi déccmvre datis ce mystère. Coosacroiisneus donc aujourd'hui au Seigneur avec Jésu»- €3irist^ mais consacrons-nous sans résenre ^ et répondon» avec fidélîté , comme Marie ^ aux desseins de Dieu sur nous.