LB VENDREDI SAINT
SUft VA PASSION DE 190TRE SBICNEiTR jtsUS— CHKIST.
iJivision. L^opposition à la vérité^ a toujàurs été 2e caraethre le plus essentiel du monde:
tuais la mort de Jésus-Christ est la plus grande preuve de l'imposition du monde pour la tjérité^ et en même temps le plus grand tépioigtiagt de la vérité contre le monde»
Y^ Partie. La mort de Jésus-Ckrist est la plus grande preuve de f opposition du monde pour la mérité ^ c'est-à-dire ^ pour la vérité dd sa doctrine ^ des Ecritures ^ de ses miracles ^ de son innocence et de sa royauté.
i"" Opposition à la vérité de sa doctrine: et c^est le respect humain qui la forme cette oppo« isition même dans ses disciples. Qu''étoit-ce que sa doctrine ^ sinon une préparation aux croix et aux souffiances ? Cepaidant dès que le monde se déclare contre lui ^ ses disciples cfaancèlent ^ et sont découragés : et v<^ci jusqu^'où le respect humain et la crainte du monde les aveugle sur, la vérité de sa doctrine. Dans Judas ^ elle forme un perfide qui trahit son divin Maître^ iet qui se joint à ses ennemis pour le perdre. Le. même respect humain est cause de la défection des autres disciples '^ et Pierre lui-même qui^ loin des dangers ^ se promettojt tout de son jDOurage^ n'^est
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pas à répréttve d^une si dangereuse tentation: il n^ose sVvouer le disciple du Sauveur ^ et affecte d^ignûrer jusqu''au nom de son divin maître : Non noi^i kominem.
a"" Opposition à la vérité des Ecritm^es ^ et c'est ce que produit la jalousie dans les prêtres et dans les docteurs. Jésus-Christ les avoit souvent renvoyés aux Ecritures ^ comme au témoignage le moins suspect de la vérité de son ministère. Ce témoignage étoit clair ^ puisque lés J)rédictiony des prophètes étoient accomplies : mais Fenvie qui les aveugle , Temporte sur la vérité qui les éclaire:; et voici tous les caractères de cette injuste passion. Premièrement^ la mauvaise foi^ ils ne peuvent se dissimuler à eux-mêmes la vérité de ses prodiges :; et au lieu de le reconnoître pour le Messie ^ ils se demandent à eux— mêmes : Que ferons-nous? Quid Jacimus ^ quia hic homo multa signa facit ? Secondement ^ la bassesse : ils cherchent eux— mêmes en secret un faUx témoignage contre Jésus-Christ. Troisièçiemént ^ la dureté : ces. juges corrompus livrent le Sauveur à Tinso^ lence et à la fureur de leurs serviteurs et de leur» ministres. Quatrièmement ^ enfin le sacrifice des intérêts de la patrie : eux qui détestoient le joug des încirconcis ^ qui se vantoient auparavant de n^avoir jamais été sujets ni esclaves de personne^ protestent qu'ails n^'ont point d'*autre roi que César.
y Opposition à la vérité des miracles du Sauveur ^ et c^est l'ingratitude poussée jusqu'à la fureur , qu\ la met dans le peuple. Témoins dt Toine V. MYSTÉnzê» 3»
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tant de prodiges qu^îl avoit opérés à leurs yeux , ils paroissoient enfouie à sa suite avec ses disciples^ ils avoîent voulu Tétablir roi sur eux dans le désert , lorsqu**!! les ra§sasioit d'aune nourriture miraculeuse ^ et ce même peuple en furie ^ se déclare aujourd'hui contre Jésus-Christ , le suit comme un séditieux , et demande sa mort à Pilate,
4° Opposition à la vérité de son innocence ; et c'est ce que produit dans Pilate une ambition aveugle. Le Sauveur du monde est traîné devant ce magistrat infidèle : tout prouve à Pilkte -son innocence:; iHa reconnoît lui-même : mais on le menace de la disgrâce de César ; et voici tous les obstacles qu**une lâche ambition met dans son cœur à la vérité qu'ail ne peut se cacher à luimême : Premièrement , un obstacle de dissim^ulatîon et de mauvaise foi: au lieu de renVbyer absolument Jésus-Christ, il propose des expédiens pour le sauver , et fait entendre contre sa conscience , quHl a besoin de grâce. Secondement, un obstacle de haine contre la vérité^ qui fait qu'elle lui est à charge : embarrassé de la préférence que les Juifs donnent à Barabbas , il demande ce qu'ail fera donc de ce Jésus qu'ion appelle le Christ. Troisièmement, un obstacle d'^hjpocrisie , qui fait servir la vérité même aux vues de Pambition : il renvoie Jésus à Hérode , non pour conserver la vie à xm innocent , mais pour recouvrer ïamitié de ce prince , qu'il avoit perdue. Quatrièmement, un obstacle de fausse conscience^ qui fait qu^éu sacrifiant la vérité à des intérêts
hufhaios ^ on croit encore n'^avoir rien à se reprocher : Pilate \oyant que les tempéramens ne servent qu^à allumer de plus en plus la fureur des Juifs ^ livre enfia le Sauveur à leur vengeance^ mais en même temps il lave ses mains : "il consent qu^on le fasse mourir ^ et il déclare qu'il n^estpas coupable de la mort de ce juste.
5* Opposition à la vérité de sa royauté ^ et c^esl ce que produit dans Hérode son impiété : d^abord^ par un mouvement de euriosité ^ il souhaite de voir cet homme dont la renommée publioit des choses si merveilleuses ^ il se jpromet d^en être lui-même le témoin :^ il fait à Jésus-Christ mille questions inutiles ;; mais ensuite ^ ne voyant aucun miracle ^ et n^eu pouvant même tirer une seule parole ^ il le méprise ^ et toute sa cour suit son exemple.
Il* Partie. La mort de Jésus— Christ est le plus grand témoignage de la vérité contre le monde.
i^ La mort de Jésus-Christ rend témoignage à la vérité des Ecritures : c^est la clef sacrée qui ouvre les sept sceaux de ce livre fermé;; car sans' le dénouement de ce grand sacrifice ^ les livres saints sont incompréhensibles^ mais la mort.de Jésus^-Christ y répand un nouveau jour. A la faveur de ce mystère ^ on voit clair dans toutes les figures ^ on découvre Tesprit de toutes les cérémonies ^ on entre dans le sens de toutes les prophéties^ on sent la vérité et la divinité de nos livres saints. ,
i'jÔ ANALYSES»
u^ Elle rend témoignag'e à la vérité de sa dôetriiie ^ en la confirmant par ses. opprobres et par
)Scs souffrances. Tqnte la doctrine du SauTenr tbmbloit se réduire à humilier Fesprit ^ et à mor^ tlfier les sens : or comme nul philosophe jusqu^à lui^ n^avoit annoncé aux hommes ^ qu*il faÛoit aller à la félicité par les humiliations et par les souffrances ^ il falloit que Fexemple du Sauveur
' confirmât la nouveauté de ses préceptes^ et c^est ce qu'ail a fait par les humiliations et les douleurs dé sa mort: aussi notre impénitence n'*a--t-elle rien à opposer au ^cand exemple qu^il nous donne aujourd'hui.
3** Jésus-Christ rend témoignage sur la croîr i la vérité de ses miracles ^ en les renouvelant. £t
. ice n'est pas tant en ouvrant les tombeaux^ eu ' brisant les rochers.^ en obscurcissant le soleQ^ etc.^ e'est en convertissant un scélérat qui expire à ses côtés ^ c'est en changeant le cœur du ceuienier même qui préside à son supplice^ et le forçant de confesser tout haut sa puissance et sa divinité \
, c'est en touchant les spectateurs de sa mort. Voilà le grand miracle de la mort de Jésus-Chiist: la conversion des grands pécheurs.
4* Jésus-ChiTst rend témoignage sur la croix à la vérité de son innocence et de sa sainteté ^ en priant pour ses ennemis. En effet, le caractère 1« moins équivoque de la sainteté , c'est d^aîmer ceux qui nous outragent, et de prier pour le salut de ceux qui veulent nous perdre : or voilà h grand témoignage que Jésus^Christ rend aujour-
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d^hiû k son ianoceikce;; 41 meurt pour ceux qui le crucifient ^ et il meurt en demandant grâce à son Père pour ses ennemis i-Père , pardonnez-leur^ parce qu'ils ne sa\^ent ce qu'ils font.
5° Jési|s--Christ rend témoignage à la vérité de sa royauté ^ en conquérant le monde. par sa croix. Le monde lui avoit disputé Féclat et la réalité de sa royauté ^ il ne Fayoit traité de roi que par dé*> riaioni toutes les marques de sa royauté avoient été de nouveaux o{»probre$^ mais aujourd'hui ces marques honteuses dWe royauté si humiliante ^ deviennent les signes glorieux de sa puissance ^t de son empire. Mais au lieu que la puissance et le règne des rois de la terre ^ finissent avec eux ^ 1« règne de Jésus— Christ ne commence à éclater que par sa mort^ et ses opprobres sont la première source de ses grandeurs et de sa gloire. En effet ^ depuis qu''il est mort ^ tout reconnoit sa souveraineté : sa croix triomphe du ciel et de Fenfer ^ de Taveuglement des Juifs ^ de Tincrédulité des gentils ^ de la barbarie des bourreaux ^ de Fen-^i durcissement même d'un pécheur mourant. .