PURIFICATION DE LA VIERGE
n'^offrez à votre place qu'Hun vil animal , que des oeuvres extérieures^ que des apparences de la piété : vous supposez que Dieu se contente de cet échange , et qu^il acceptera au lieu de votre cœur et de vous-même , une offrande étrangère.
Cependant la plupart des conversions, à la cour surtout , sont de ce caractère , et subsistent encore avec toutes les passions, moins marquées à la vérité 5 mais toujours aussi réelles. On s^est donné au Seigneur : mais les soins les plus vifs et les plus périlleux de la fortune ne sont point ralentis :; mais les envies , les animosités , les concurrences, les liaisons humaines, ne nous trouvent pas plus insensibles^ mais Testîme, Taniitié des grands , les distinctions publiques , les applaudissemens des hommes , la faveur du maître, surtout^ n^a rien perdu de son prix dans notre cœur , et jest peut— être entrée pour beaucoup dans le plan de notre nouvelle vie. On s^est doi/né au Seigneur 1 mais on fait de la piété une vie douce et tranquille , exempte seulement des soucis et des inquiétudes des grandes passions ^ une simple indifférence pour les agitations des plaisirs., où il entre plus d^indolence que de vertu :; une vie renfermée dans un certain cercle d^occupations ^ innocentes h la vérité , mais aisées et paisibles ^ une vie d^ailleurs toute naturelle , souvent oiseuse, où Ton ne refuse aux* sens que les excès grossiers, et où souvent plus de séparation du tumulte et des grands plaisirs , ne fait que laisser plus de loisir aux attentions et aux délicatesses du
SUR LES ûisposiTions ^ etc. 5j
corps et de la santé. Oa s'^est donné au Seigneur : mais* quoiqu'^on soit revenu des desordres d^un engagement criminel ^ on n'^en a pas encore rompu le lien £ital^ on cultive encore les tristes restes d^une passion qu^on croit éteinte ^ parce qu'ion esa. a fini les emportemens ^ on aime encore à voir ces objets ^ ces lieux où Ton a tant de fois péri : semblables à Rachel ^ on ne rend plus à ses idoles des honneurs publics ^ mais on ne peut se résoudra à s^en séparer ^ ni à les perdre de vue. En xm mot ^ on s^est donné au Seigneur : mais tout ce qui plaisoit^ plaît encore^ on n^a point fait àç sacrifice : on s'^est contenté d^oter la peau de la victime ^ de dhianger les dehors , de dépouiller un extérieur lascif et profane ^ mais ou nV pas toucl^ au reste : on n'^a pas coupé la victime comme la loi l'ordonnoit ^ et le glaive de la foi n''y a fait aucune séparation douloureuse : Detractdque pelle hostiœ^ artus in frusta concides. (Levit* 1. 6.)
Cependant ^ comme on persévère dans Tusage des choses saintes^ comme on vit exempt de grands crimes ^ comme on suit presque les mêmes routes que les justes ^ peu sVn faut quV)u ne se croie juste comme eux : ce n'^est pas ici une hypocrisie;; on est dans Terreur de bonne foi. Aa commencement et dans les premiers temps de la conversion ^ plus frappés alors du souvenir encore récent de nos désordres ^ et des réparations de pénitence dont ils nous rendoient redevables à la justice divine^ nous sentions que nous n^avions
S8 I«tJRIÏ'ÎCATION DE LA VIEKGÉ.
encore rien fait pour Dieu:; nous ne pi*enîon§ qu''âvôc une sorte de confusion le nom de serviteurs de Jésus— Christ : et tandis que le monde trop prompt souvent à donner aux plus légères démarches de changement ^ le nom de vertu et de sainteté:) tandis^ dîs-je^ quHl nous mécon— noissoit ^ nous ne nous méconnoissions pas encore nous — mêmes « Mais insensiblement nous nous sommes familiarisés avec cet état : les dehors de la justice nous ont caché notre véritable misère ^ les louanges des hommes sur notre prétendue Vertu , nous ont persuadé qu'acné étoit véritable ^ et que le Seigneur n'en demandoit pas davantage de BOUS : à force de nous regarder avec les yeux d^autrui ^ nous avons réussi à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas ^ et sans avoir jamais fait à Dieu aucun sacrifice réel et douloureux de nos sens , de nos peuchaiis ^ de nos espérances ^ de nos commodités ^ de nos anlîpatliies , de nos haines secrètes , de notre orgueil ^ de notre ambition ;; nous croyons nous être consacrés au Seigneur ^ avoir renoncé au monde ^ et fait le sacrifice que Dieu demandoit d e nous^
La pîété ^ mes Frères , n'est donc que le sacrifice de notre cœur : mais ce n'est pas assez que l'offrande en soit réelle ^ il faut encore qu'elle soit universelle ^ seconde condition. Jésus— Christ , dit saint Bernard ^ sacrifie aujourd'hui à son Père tous ses titres^ toute sa gloire^ son innocence même •, il ne réserve rien ^ pour nous apprendre ^ dit ce Père ^ que Tigitégrité du sacrifice en fait
sim LES DISPOSITIONS ^ etc. 59
STordinaire tout le mérite : Offer entes illiMtiguè çuod sumus nosmetipsL (S. Bern.)
Or ^ oa veut bîen retourner à Dieu et commencer une nouvelle vie;; mais on ne veut pas îout d^un coup faire un divorce universel avec le inonde : on se figure que si Ton vouloit tout entreprendre d^abord^ on ne feroît tien 5 qu^il faut se gagner peu à peu sur certains points avant que d''en venir aux autres ;; que dans de foibles commencemens ^ le Seigneur ne désapprouve pas qii^on accorde encore bien des choses à la ^^ Messe ;; qu'ail faut s''essayer sur de moindres enne^ mis, pour attaquer plus heureusement lies plus forts ^ et que David vainquit les lions et les ours^ avant que d^oser attaquer Goliath^
Ainsi on se retranchera sur un jeu outré ;; mais on ne veut pas encore toucher aux autres plaisirs : on rompra un engagement de crime ;; mais on ne veut pas d^abord bannir les spectacles ^ les entretiens dangereux , les liaisons inutiles et sus-^ pectes , les soins excessifs de la parure : on se dit à soi-même que chaque chose aura son temps ^ qu'ail faut insensiblement accoutumer le mpi^de et s^accoutumer sc^-rn?.ème J on craint de trop se presser , et Ton donne à sa foiblesse le nom d« prudence. Mais des commencemens si ménagée Qe sont jamais heureux et ne vont jamais loin : il n'*en est pas (Je la conversion , comme des ouvrages des hommes : elle n**est point , lorsqu'elle n^est pas entière^ et tout est encore à fai^e, tandis qu'ail en r^ste en<:orç un seul point ; toutes le«
6a PORtFIGATION DE LA YIERGE.
on fait sentir qu^on est grand : ^n se trouve dans des lieux secrets ^ consacrés aux exercices humi^ lians de la miséricorde ^ mais on s^y fait annoncer ])ar des distinctions de vanité ^ et il semble qu^oif ne veut pas courir le risquç de Thumiliation^ sans s^'étre préparé le dédommagement des éloges*
On ne oonnoU plus cette humilité ingénieuse ^ dont des saints distingués dans le monde nous ont laissé tant d'^exemples. Quelle joie pour eux^ lorsque^ pouvant se dérober aux regards publics ^ et se dépouiller pour un temps du poids de leur grandeur^ ils alloient inconnus^ ou soulager leurs frères ^ ou s'^exposer à des outrages ^ ou honorer le Seigneur dans quelque autre œuvre obscure de religion ! quelle sainte industrie pour trouver ces momens heureux ! c^est alors quHk se croyoient véritablement grands : c^étoit dans ces momens d^humiliation ^ qu'ails se regardoient avec une sainte complaisance , parce qu^ils retroùvoient en eux les traits les plus ressembkns de leur divin Maître ^ dépouillé aujourd'hui de tous ses titres devant la grandeur de son Père^ et confondu par une cérémonie honteuse avec les autres enlans d*Israël : c'*est alors que se trouvant comme soulagés du fardeau de leur élévation^ ils marchoient avec plus d'^ardeur et de l^èreté dans les voies de la justice : c'est alors efifin ^ que le Seigneur se communiquoit à eux plus abondamment ^ et qu'ils goùtoient des douceurs que le cœur humain Le peut comprendre. Ain^i dés que Mo'ise s'est éj^juillé du titre fastueux de fils de la fille de
SUH LES PISPOSITIONS ^ CtC, 63
Pliaraon ^ et est veau dans le désert ^ comme un homme obscur et inconnu ^.garder les troupeaux de Jéthro :; c'^est alors que le Seigneur se montre à lui dans le buisson ^ et verse dans son ame des consolations ineffables^ qui le dédonunagent avec usure de toute la pompe de TEgypte., qu il vient de sacrifier à Topprobre de Jésus— Christ.
Mais non— seulement Jésus-Christ sacrifie au— jourd'^hui à son Père toute la gloire de ses titres : afin que rien ne manque à Tintégrité de son sacrifice ^ il lui en fait un même de son innocence. Il pàroit dans le temple comme un pécheur ^ il y est racheté comme uu esclave et im enfant de colère ^ il prend sur lui toute la honte du péché dont il est exempt : et dans les sacrifices que jDieu demande de nous ^ nous voulons toujours sauver nne vaine réputation dlnuoceuqe et de probité que nous ^vons perdue.
Vous craignez quVn restituant des biens mal acquis ^ vous n informiez le public de vos injus-tices secrètes. Mais vous vous trompez , si vous avez cru jusqu^id vôtre réputation là-dessus hors dVtteinte : depuis long-temps on dit tout haut dans le monde , que ces équipages pompeux ^ ces édifices superbes , cette opulence domestique est le biien de la veuve et de Torphelin^ que vous avez élevé votre foftune sur la misère pid)ljque ;j et qu^une prospérité si prompte n'*a pu être innocente : le monde lui-m^e 6st blessé de vos profusions , et ne vou3 regarde plus qu''avec une sorte d^iodiguatiou et de mépris^ et loia que des
54 PtfRinCATlOtî Dï LA VIERGE.
démarclie^ publiques de repentir missent vôtre réputation en danger , il ne voiiS reste plus que celte voie pour recouvrer celle que vous avez perdue. Vous dites que si vous rompez brusquement ce commerce , Tédat fera penser qu'ail n''étoit pas innocent. Mais depuis long-temps le puHic murmure sur ces assiduités que vous croyez ignorées : c'est un scandale , et vous vous flattez que c^est un secret : les gens de bien en gémissent ^ le monde ^ loin d'y donner des interprétations favorables ^ va peut-être encore au delà dé la vérité :; car ses erreurs sur ce point sont toujours plutôt des erreurs de malignité que de bonté ^ et une rupture soudaine n'est plus pour vous un éclat à craindre ^ mais une démarche aussi néces-* saîre à votre honneur qu'à votre salut : vous ressemblez à Saiil ^ qui exigeoit de Samuel deè» ménagemens et des honneurs publics qui conservassent sa gloire et sa réputation dans l'esprit du peuple ^ lui ^ dont les infidélités avôieut déjà si fort éclaté dans tout Israël : mais d'ailleurs^ quand il s'agît d'obéir à la loi de Dieu,, il ne faut plus craindre les démarches les plus humiliantes ^ que le salut rend indispeîisables.
Enfin ^ mes Frères ^ l'ofirande de Jésu&*Christ est une offrande toute volontaire :; dernière con^ dition.. C'est un hommage de stuvrcdt^ pour ainsi dire^ qui ne trouve pas ses motifs dans PobligatiDn de la loi ^ mais dans le seul amour de celui qui l'offre:; et l'ouvrage du salut des hommes^ dont son Père favoit chargé ^ pouvait être consommé ^
SUH LES DISPOSITIONS ^ éfc. Cj
sans qvCil ajoutât aux opprobres et aux travaux futurs de sou ministère la honte de cette première démarche.
Mais il vouloit accomplir toute justice ^ et nous apprendre qu'aune ame , qui revenue des égaremens du inonde se consacre à Dieu ^ ne peut d^abord se refuser à elle-mém^ de saints excès;; ne s^avise pas de compter avec s#n Seigneur^ pour savoir au juste ce qu'^elle lui doit ^ ne trouve rien de trop pour sa douleur ^ et pour la vivacité de son repentir z^ et loin que la tiédeur de son zèle attende toujours Tobligation inévitable du devoir pour agir ^ elle se £iit un devoir de tout ce qu^un zèle saint lui inspire.
Or^ mes Frères, où sont les âmes de ce caractère ? Lorsque touché de la ^race , on veut reveuir à Dieu ^ le premier soin est de chercher, de toutçs les maximes de le servir la plus douce , et la moins dure à Tamour-rpropre : loin d'^em— «Tasser des rigueurs de surcroît, on étudie d'abord jusqu^où on peut pousser la condescendance , .pour s''en tenir a ces bornes dangereuses :; on se fait d'abord un plan* de vertu, où le monde entre presque autant que TEvwigile : loin de se proposer jes plus gens de bien pour modèles , on déclare d^abord qu'ion ne veut pas pousser les choses à 1 extrémité comme eux;; qu^ou ne veut pas donner daos le ridicule de la singularité , et dans les travers d''une piété outrée : loin de chercher dans leurs exemples ce quW doit imiter, on y cherche cequ^'on doit fuir, et Ton veut être à Dieu. eu
ii6 Purification de la ^I£RG^.
cotninençant à condamner ^eux qui le servent". Âiusi on ue donne à Dieu que ce qu'ion ne peut lui refuser ^ et Ton traite avec lui ^ uon comine avec nu pèi^e inité qu^on veut apaiser , mais comme avec un ennemi ^ envers qui on ne se relâche qu"'a regret de ce qu'ion est forcé de lui accorder.
Oui ^ mes Frères ^ qu^on aîme peu son Dieu y quand on peut se prescnre à soi-même la mesure de Taimer î qu'on est peu touché de ses crimes y quand on peut d'ahord cherdier desadoucissemens à sa pénitence ! que la conversion est suspecte , lorsque Ton commence par y mettre des bornes ! et que le cœur est peu changé , lorsqu'^il a encore le loisir de supputer les premières démarches de son changement } Les commencemens de la pénitence ne sauroîent être si languissans et si ménagés : le cœur alors ne pouvant presque porter les premières impressions du Dieu qui le remplît ^ ne cherche qu'à soulager sa douleur : le;s larmes ne coulent jamais avec assez d^abondance ^ la componction, n'est jamais assez vive. Quelles inquiétudes sur l'état dépIoraMe où il a vécu ^ la graçe n'opère-t-elle pa^ dans l'ame d'un véritable pénitent ï quelle sainte indignation fait41 paroitre contre les dissolutions de ses premières mœurs y et le scandale de sa vie passée l quelles raisons n'a-t^ pas à nous opposer^ lorsque nous voidons modérer l'excès de son zèle ^ et consoler l'amer^ tume de sa dôulem-! quelle crainte de ne pas trouver auprès de Dieu toute llndulgenee que
StJK LES DISPOSITIONS ^ CtC. &]
nous luî promettons ! quel d^îr de réparer le temps perdu dans les erreurs du siècle ^ de metlre à profit ce qui lui reste de \îe , et de ne plus perdre de vue le bienfait inestimable qui vient de l'appeler à la coonoissance et à Tamour de la vérité ! quelle sainte jalousie envers ceux de ses frères qui ont eu le bonlieur de se donner à Dieu avant lui ! et qu''il lui paroit triste d''avoir aimé si tard celui qui seul est digne de notre amom* ! qnel zèle à venger sur sa, chair les iniquités dont ^Ue s'étoit souillée ^ et k faire serA'ir à la justice les membres qui av oient servi au péché ! ■
Voilà, mes Frères, les conversions que la suite ne voit jamais se relâcher , ni se démentir. Mais TO jeune homme de lïlvangile , qui , appelé par Jésns-Cluist , commence par disputer s^il estt)bHgé de renoncer à tout pour le suivre^ mais cet autre, <pà^ en se donnant à luî, veut encore se réserver le droit d'*aller rendre les derniers devoirs à son père^ maïs toutes ces conversions mitigées et imparfaites :j mais totis ces sacrifices où Ton commence par mêler du miel contre Fordonnance dé la loi, le Seigneur les rejette^ et pour être dignes de ses regards , il faut que la réalité de immolation en sanctifie Toflirande:; que Tintante la perfectionne:; et enfin , que la ferveur et la surabondance de sèle la consomme, et la fasse monter en odeur de suavité jusqu'^au trône de la majesté sainte : telle est la loi du sacrifice : Hœcest fea: sacrificiL ( Levit 6. i4* ) ^^^ si le défaut de ces conditions rend la plupart des conversions
66 PtîRU'ICATlO^f DE LA VIERCÉ.
peu sincères ^ le défaut de fidélité les rend aussi peu durables^ et c^est sur quoi Texcmple de Marie Va nous instruire*
SECONDE PARTIE
J^ES infidélités les plus ordinaires ou nous tombons dans les démarches de salut que Dieu demande de uous^ ont leurs som-ces^ ou dans une prudence de la chair ^ toujours ingénieuse à ti^ouver des inconvéniens aux desseins de la grâce sur notre ame ;j ou dans un orgueil et une complaisance secrète^ qui trouvent dans les dons mêmes de TEsprit— Saint, Fécueil de la vertu ^ ou enfîu dans un découragement dangereux , qui , à la vue des maux dont il est menacé, se consulte trop soi-même , et fait de sa foiblesse la mesure de ses devoirs.
Or, la fidélité de Marie dans ce mptère nous fournit. de grandes^ règles, pour éviter ces troi» écueils : docile, elle ne raisonne pas^ humble, elle ne s''élève pas ^ généreuse, ^lle ne sedécou* rage pas. Stiivez, s^il vous plaît, cet ordre ^ et m'^honorez de votre attention, j Docile , elle ne raisonne pas : car , que ne pou? voit-elle pas se dire à ell^-même pom* se dispenser de la loi conunune de la Purification? Quand les raisons tirées de sa propre gloire n''auroient pas été capables de la toucher , pouvoit-* elle être indifférente à la gloire de son Fils ? es ae confondant avec les autres mères, par sa »ov^
SX7S 1E5 DISPOSITIONS ^ etC« 6g
mission à une céionioaie honteuse ^ ne sembloit— elle pas le confondre aussi avec les autres etifans d^Israël? et pouvoit-^Ue se dégrader publiquement de Thonneur de sa diviue maternité ^ sans dérober à sou Fils la gloire de son éternelle ori-^ gine , et préparer de loin des preuves à Tincré— dulîté ^ et aux blasphèmes de ses ennemis P
Mais elle avoit appris dans sa retraite de "Nsl--^ zareth que Foeil de la grâce est simple^ que trop de raison^ quand il s^agit des voies de Dieu^ est un excès de lumière^ qui éblouit^ et qui égare ^ que la vie do la foi laisse toujours des ténèbres et des difficultés ^ pour ne pas 6ter à Famé juste le mérite de sa docilité ; et qu^il y a un œil de scau-^ dale qu'ail faut arracher^ et jeter loin de soi^ de pour de regarder trop, avant dans les voies où la grâce nous appelle. Elle se soumet avec simplicité ^ et adore dans Tordre de Dieu les desseins étemels d'aune démarche qui semble u^oifrir à la raison que des inconvéniens inévitables.
Mais que Texemple de IVIarie a peu d''imitateurs parmi ceux mêmes qu''on regarde, comme justes^ et qui vivent dans la pratique de la vertu ! Oui^ mes Frères^ nous prenons presque toujours dans les intérêts de> la gloire de Dieu ^ des prétextes pour nous dispenser de sa loi sainte :j etnoustroU'vons le secret de nous déguiser à nous-mêmes nos passions sous le nom de la piété. Ainsi ^ on se retrancheroit sur bien des choses que la loi de Dieu demande de nous ; mais on ne veut pas rendre la piété odieuse ^ par des singularités auxquelles le