‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 103 sur 184 · SUR L'ENVIE · texte numérisé non relu

SUR L'ENVIE

J E pourrois vous demander ^ mon cher auditeur ^ si ce fonds d'opposition^ qui vous rend votre frère si insupportable ^ n'est pas plus en vous^ c'està-dire ^ dans votre orgueil ^ dans la bizarrerie de votre humeur ^ dans l'incompatibilité de votre caractère ^ que dans le sien propre ^ vous demander si tout le monde voit en lui ce que vous croyez y voir vous-4néme ^ si ses amis ^ ses proches ^ ses égaux ^ le regardent des mêmes yeux que vous? Que sais-je encore ? vous demander si ce qui Yous déplaît en lui^ ne sont pas peutr-être^ ses bonnes qualités ^ si ses talens y sa réputajtion ^ son crédit et sa fortune ^ n'ont pas p<;ut-être plus de part à votre aversion que ses défauts ^ et si cq n'est pas son mérite ou son rang ^ qui ont fait jusqu'ici auprès de vous tout son crimes II est si ai3é de se faire là— dessus: illusion à soi-même. L'envie 6st une passion si masquée et. si habile à se contre^

^/^Q^ suit LA HAtRE.

faire : comme elle a quelque chose dé ba^ et de làdie, et quelle est uu a^eu secret que nous nous faisons à nous-mêmes de notre médiocrité ^ elle se montre toujours à nous sous des dehors étrangers et qui nous la rendent i^éconnoissable : mais approfondissez votre cœur ^ et vous verrea que tous ceu<^ ou qui vous eflTacOTt^ ou qat brillent trop à vos côtés ^ ont le malheur de vous déplaire; que vous ne trouvez aimables que ceux qui rfont rien à vous disputer; que tout ce cpii vous passe ^ ou vous égale , vous contraint et vous gène; et que pour avoir droit à votre amitié ^ il faut n''en avoir aucun à vos prétentions et à vos

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