‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 104 sur 184 · SUR LA HAINE · texte numérisé non relu

SUR LA HAINE

PôvEQUoi voulez-vous ajouter à tous les autres maul que votre firère vous a faits ^ celui de lé haïr , qui est \é fdus grand de tous ^ puisque tous les^utred n^ont abouti qu'ail vous ravir des biens frivoles 1et passagers, et que celui-ci perd votre àme^ et vous privé pour toufours du droit que vous avez à un royamne immortel ? En le haïssMit, vous vôu^ nuisez bien plus à vous-*méme ^ que toute sa malignité à votre égard n^a jamais su vous anife. U a renversé votre fortune temporelle , je le veux; et en le haltaant, vous renversez le fondement de votre salut éternel : il a usurpé le patrimoine de vos père», j'e» conviens ; et pour

L^ATARiCE. a^^y-

vous venger ^ tous renoncez k Tliéritâge du Père céleste et au patrimoine étemel de Jésus-Christ. Vous vous vengez di>nc sur vous-mAme;; et pour TOUS consoler des maux qne votre frère vous a fints , vous vous en meniez à vous-même un^ sans fin et sans mesure»

Et de plus ^ votre hiiné envers votre frère vous^ restitue^t-elle les avantages qû''U vous a ravis? Rend-nelle votre condition Meilleure? Que voui» revient-il de votre animosité et dé votre amer<fume ? Vous vous consolez^ dites*vous ^ en le haïs^ saut; et c^est la seule tx>nsôlation qui vous reste,. Quelle consolation ^ grand Dieu ^ quecelle de la haine , c^est-à-dire , d'aune passion noire et vio-^ lente qui déchire le coeur, qui répand le trouble et la tristesse au dedans de nous-mêmes , et qui commence par nous punir et nous rendre mal-> heureux ! Quel plaisir cruel que celui dé haïr , c'^est^ànlire , de porter sur le cœur un poids dV mertume qui empoisonne tout le reste de la vie ! Quelle manière barbare dfs se consoler ! Etn^étes-^ vous pas à plaindre de chercher à vos maux une ressource qui ne fait qu'^étemiser par la haine une offense passagère? CAaâifE , i.

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