‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 105 sur 184 · L'AVARICE · texte numérisé non relu

L'AVARICE

JL^AVAiiB n^amasse que pour amasser : ce n^est pas pour fournir à ses besoins ; il se les refuse-: soni argent lui est plud préobia «pie sa santé ^ que

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sa vie ^ que son salut ^ que lui-même : toutes ses actions ^ toutes ses vues ^ toutes ses affections ^ ne. se rapportent qa^à cet indigne objet. Personne ne s^ trompe:; et il ne prend aucun soin de dérober aux yeux du public le misérable penchant dont il est possédé ^ car tel est le caractère de cette honteuse passion dans un prêtre ^ de se manifester de tous les côtés ^ de ne faire au dehors aucune démarche qui ne soit marquée de ce maudit caractère ^ et de n^être un mystère que pour celui seul qui en est possédé. Toutes les autres passions sauvent du moins les apparences ; on les cache aux yeux du public : une imprudence ^ un abandon de Dieu peut quelquefois les dévoiler ;; mais le coupable cherche ^ autant qu^il est en soi ^ les ténèbres : mais pour la passion de Tavarice , un prêtre ne se la cache qu^à luimême : loin de prendre des précautions pour la dérober aux yeux . du public ^ tout Fannouce en lui , tout la montre à découvert ^ il la porte" écrite dans son langage ^ dans ses actions ^ dans toute sa conduite ^ et pour ainsi dire , sur son front.

Mais ce qu^il y a ici de plus déplorable pour ce vice dans un prêtre^ c''est que Fàge et les réflexions guérissent d^ordinaire les autres passions^ au lieu que celle-ci semble se ranimer , et reprendre de nouvelles forces dans la vieillesse. Plus on avance vers ce moment fatal oà tout cet amias sordide doit disparoltre et nous être enlevé ^

plus on s Y attache : loin de se dire alors^ du moins à soi— même : Insensé ^ on va demain te redemander ton ame ) et tout ce que tu amasses a^ec tant de peine ^ de quoi te ser^ira^t-it P plus la mort approche ^ plus on «SDUVre des. yeux son misérable trésor^ plus on le regarde comme une précaution nécessaire, pour un i^enir chimérique. Ainsi Tàge rajeunit^ pour ainsi dire ^ cette indigne passion : les aimées^ les maladies^ les réflexions^ tout renfoncée plus profondément dans Famé 5 et elle se nourrit et s^énflamine par les remèdes mêmes qui guérissent et éteignent toutes les autres. On' a vu des pasteurs dans une déerépitude^ où. à peine leur restoit-il assez de force pont soutenir un cadavre tout prêt à retomber en pourriture ^ ne conserver dan^ la défaillance totale des facultés de leur ame le reste de sensibilité , pour ainsi dire ^ de signe de vie , que pour cette indigne passion ^ elle seule se soutenir , se ranimer sur les débris de tout le reste :; le demir soupir être encore pour elle^ les inquiétudes des derniers momens la regarder encore : et par une punition terrible de Dieu , Tinfortuné qui meurt jette encore des regards mourans qtd vont s^éteindre sur un argent que la mort Ini arrache, mais dont: n'a pu arracher Famour de son cœur.

DISCOURS SYNODAUX. .

a5o RESPECT HUMAIN.

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