‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 118 sur 184 · PROSPÉRITÉ NÉE DE L'INJUSTICE · texte numérisé non relu

PROSPÉRITÉ NÉE DE L'INJUSTICE

JN E croyez pas que je parlé ici de cette opulence cimentée du sang des peuples, de ces hommes nouveaux à qui nous voyons étaler sans pudeur^ dans la magnificence de leurs palais , les dépouilles des villes et des provinces : ce n'est pas à nos discoulrs à réformer ces abus :; c'est à la sévérité des lois , et à la juste indignation de l'autorité publique. Vous-mêmes qui m'écoutez, mes Frères, vous en faites le sujet le plus ordinaire de vos dérisions et de vos censures : vous souiirez impatiemment que des hommes sortis, pour ainsi dire, de la terre, osent disputer avec vous de faste' et de magnificence^ parer leur roture et leur obscurité, de vos grands noms , et insulter même par des profusions insensées, à la misère publique dont ils ont été les artisans barbares : vous sentez toute l'horreur d'une prospérité née de l'injustice , et vous ne connoissez pas tes dangers de ceUe que la naissance donne. Toute la différence ,que j'y trouve , c'est que l'une commence et l'autre finit toujours par le crime ^ c^est que les uns jouissent d'un bien injustement acquis , et que les autres ' abusent d'une fortune légitime. cabjêks^ 1. -

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