MODESTIE SACERDOTALE
Nos délassemcns même doivent avoir je ne sais quoi de décent , de réservé ^ de sérieux ^^ qui n'y donne aucune atteinte. Je sais que Tcsprit et le corps ont besoin de, relâche z mais ces momens que nous donnons à la nature ne deviennent utiles et permis, (Jue lorsqu'ils nous disposent à nos devoirs et nous en fepilîtent la pratique. Le repos n'est établi qu'afin de ïious donner une nouvelle force pour continuer la carrière : tous les dél^semens qui nous en élœgnent, qui nous reculent , qui nous découragent , qui notts inspirent du dégoût pour nos fonctions , TEglise nous les interdit comme des indécences ou des crimes : la chasse , le jeu habituel, les sociétés de la table , les compagnies , ou dangereuses ou suspectes : voilà ce que les règles de FEglise sur la modestie cléricale nous ont rigoureusement interdit ^ ce ne sont pas là des délassemens accordés au travail , ce sont des occupations indécipatea qui le déshonorent et le rendent inutile. Car outre Timmodcstie inséparable d'une oçci>pation aussi indécente pour un prêtre que la chasse ^ est-ce là un exercice convenable à la douceur et à la gravité de notre caractère ? un prêtre , les armes à Ja main , ne respirant que le sang et le carnage , représente-t-il le divin pasteiu*. occupé à conduire paisiblement son tron-
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peau, oii le loup préparé à le déyèrer et à le détruire ? Les aruies de notre milice , dit saint Paul, sont des armes spirituelles , destinées à (combattit Torgueil , Favarice , la* volupté , et toute bamteur qui s'^élève contre la sdence de Dieu : la toi e^t notre 'bouclier : le zèle du salut des âmes , notrp glaive; voilà les armes que TËglise nous met eiEi main en notis associant au sacerdoces Or qudle indécence à un prêtre et à im pasteur^ de d^>oser ces armes saintes , et de se revêtir des armes de la miliee du siècle ! H néglige son troupeau ; il ne daigne pas aller au secours de celles de ses brebis qtii périssent ; et il court comme un insensé après des animaux : il s^attache à tme pi^ie* vile ; et il méprise la proie sainte d^une ame quHl pourroit gagner à Jésus-^Christ , et en«r lever à la pm'ssance du démon. Mais > au sortir d'un exercice si.tumultueux et sanguinaire , est-il plus etk état de s^aller recueillir aux pieds des autels , d^aller immoler la victime de paix et de propitiatkm , d^oi&ir le sang mystique dé Ta-r gneau, et de lever au ciel des mains pures, des mains qu^il vient d^^ souiller tant de fois d^n sang profane p le recueillement , la. gravité, le respect , la ferveur sainte , n<écessaires aux fone-* tiens, ne souffirent-7elles. pas de la dissipation bruyante qui les a précédées ? ne portcrtril pas; jusqu^à Fautel saint, ju^u''au calme respectable du sanctuaire , cet air militaire et guerrier dont il vient de déposer les marques ? Quelle vénération peuvent avoir les peuples pour un pasteuc
a8o QIGNITB PU «AGERDQCE.
qu^on Toît tenir en ses maîos le sigae et le gage de DOtre salut ^ le pain de vie^ le sacrement de la paix et de la réconciliation ^ . des mystères qae les ailles ne regardent qu''en tremblant ^ et qnc la .piété la plus recueillie ne sanroit toucher ayec assez de révérence^ après nytÀr vu ^ il n''y a.quW moment ^ ces mains destinées à des usages si dtvins^ employées à manier des armes mjpiirtnères^ et dressées à porter la mort et la terreur à de iiik animaux* GOvréasucES^ ii.
DIGMTÉ D« SAŒRDOŒ;.
U NE noble-simplicité a mifie fois plus ée d%mté aux yeux du monde même ^ que tout le vain appareil d^ùne magnificence, déplacée : il n^est rien de si bas ^ que de vouloir se faire respecta* par des endroits qui ne conviennent ^ ni à notre état ^ ni à nos fonctions : jamais les nùnîstres de TEglise n''ont été plus honorés que dans les siècles où ils parurent plus pauvres et plus modestes. Corneille ^ cet officier romsiîii ^ tout gentil qu^il est ■ encore ^ se* fette aux pieds- du prince des apÀtres : mais est-il ébloui de la pompe et de Féclat qui Fenvironne ? il le trouve logé sar le bord tie la mer , chez un ouvrier de la lie du peuple : sa parure ^ sa suite ^ tout répond a h pauvreté et à la simplicité de son logement : c^est la piété , c'^est Tinnocence , c^cst je ne sais quoi de divin que la sainteté répand sur le visage de
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eei ap6tre ^ qui fait sentir à G>raeiUe la grandear de cet bomme ^ et TexceUenoe de son ministère. Les honneurs que Tofficior dé la reine Gandaè^ rendit à Philippe,^ en le faisant monter dans son char^ furent— ils fondés sur la pompe qui environnoit ce ministre de Jésus^-Christ ? riM)inme de Dieu étoit à pied ^ portant, dans la simplicité de son ïnaintien , la ressemblance d^un prophète ^ et à Féclat céleste que la grâce répand sur son visage , cet olB-der le prend pour Tange du Seigneur envoyé pour Finstruire , et lui montrer la voie du salut. Un saint Léon , accompagné de sa vertu , et de la seule délité de son sacerdoce ; un Benoit dans sa solitude, arrétent-ils la fureur «t les ravages de deux princes barbares , et les forcentr-ils de respecter en eux la présence du Dieu dont ils sont animés , par la magnificence qui les environne , ou par la sainteté de l^ur vie et Féminence de leurs vertus ? Non , mes Frères, soyons saints , et nous serons respectés : honorons BÔtre ministère , et notre ministère noiis hono— rera : ne nous conformons pas aux vaines poïnpes du monde v) c^est le seul moyen de nous attirer sa vénération et ses hommages : le inonde envie plus notre opulence quMl ne Thonore ^ fafisonsH-en uii saint usage , il n^enviera plus nos richesses , et il ' respectera notre charité. C^est oonnoltre peu la sainteté dé notre ministère, de se persuader qu^il y ait quelque autre chose que la vertu qui puisse le rendre respectable ^ mais c^est encore moins MnnoUre le monde ^ de croire Ivû inspirer du
s Sa I>IO?flTÉ DU SACEIinOGE*
respect pour la religion par les mêmes abus qtii rendent ses ministres méprisables. Un Augustin ^étu simplement ^ ne se nourrissant que desimpies légumes ^ et nVccordant. qu^à Thospitalité .^ dit Po$&idius ^ une nourriture plus délicate ^ c*est-à« dire Tusage de la viande, quels honneurs ne reçut-il pas de son siècle ? Le grand Badle ne portpi t jamais sur son corps que 1 e même vêtement:; et toutes les richesses y dit saiat Grégoire de ]Nasianze , qu ou lui trouva après sa mort ^ se ré— duisirent à une croi^ : cependant Ba$ile est IW racle de TOrient , respecté de tout Funivers , et des Césars eux-mêmes dont il combattoit les erreurs. Ëxupère, ce pasteur si respectable, pousse si loin , dit saiiU Jérôme , Texcès de son détache*ment et de ses largesses , qu^il est réduit à porter la divine Eucharistie dans un panier d''osier , et le sang de Jésus-Christ dans un vase de terre. O saille magnificence ! 6 faste vraiment épiscopal , et digqe dW ministre de la croix ! ô spectacle de chari|é mUle fois plus digne, du respect et des hoi]^mages des, peuples, que tout le. vain éclat d^n luxe profane ! Je ne vous dis pas , regardes .^ faites selan ce modèle : ces grands exemples ^e sont plus de nos mœurs : mais je vous dis, voyez si TEglise perdoit quelque chose de sa majesté dans la simplicité et la frugalité de ces pasteurs illustres ;; et si la dignité de Tépi&copat fut jamais regardée avec plus de vénération , que . lorsqu'elle ne brilla que par la sainteté , rhumilité, et la pauvre' éévangclique de ceux qui en étoient r c V c\ \\s ? c.o M É KK .\ c i: s , I •