‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 122 sur 184 · VANITÉ DES PLAISIRS I>U MONDE · texte numérisé non relu

VANITÉ DES PLAISIRS I>U MONDE

Irt«iis le pécheur aime le monde ^ plus il est malheureux : car plus il aime le monde , plus ses passions se multiplient ^ plus ses désirs s''allument^ plus ses projets s^embarrasseht ^ plus ses inquiétudes sVigrissent. Son amipur fait tous ses malheurs : sa vivacité est la source de toutes ses pdnes^ parce que lé inonde qui en fait le suj^^ ne peut jamais lui en ofirir le remède. Plus il aime lé monde )j plus son orgueil est blessé d'une préférence , plus sa fierté sent une injure^ plus im projet déconcerté le confond»^ plus un désir contredit Taffirge ^ plus une perte inopinéo Taccable. Plus il aime le monde ^ plus les plaisirs lui deviennent nécessaires ^ et comme aucun ne peut remplir Timmensité de son cœur ^ plus son

"ii^ VANITÉ «ES PLAI9IBS DU MOITOS.

ennui devient insoutenable : car fennui est le retour de tous les plaisirs^ et avec tous ses amusemens ^ le monde ^ depuis qu^il est monde ^ se plaint qu^îL s^'ennuie;

Et ne croyez pas , que 5 pour faire honneur à la vertu ^ j'aflfecte d^exagérer ici lé malheur des âmes mondaines. Je sais que le monde pan^l avoir sa félicité^ et qu'eau milieu de ce tourbillon de soins , de mouvemens ^ de craintes ^ >d^in-* quiétudes , on y voit toujours un petit nombre d'heureux dont on envie le bonheur ^ et qui semblent jouir d'aune destinée douce «t tranquille. Mais approfondissez ces vains dehors de bonheur et de réjouissance , et vous y trouverez des chagrins réels, des coeui?s déchirés ,.des consciences agitées. Approchez de ces hommes qui vous paroissent les heureux delà terre, et vous serez ^surpris de les trouver sombres, inquiets, traînant avec peine la pcÂds d^une consdence criminelle. Ecoutez-les dans <;es momens sérieux et tranquilles où les passions plus refrduËes laissent faire quelque usage de la raison : ils conviennent tou$. qu ils ne sont point heureux ^ que Téclat de leur fortune ne brille que de loin, et né pardtt digne d^envie qu'^à ceux qui ne la connoissent pas . Ils avouent qu^au milieu de leurs pl^issrs et de leur prospérité^ ik n'ont jamais goûté de joie pure et véritable ^ que le monde un peu appro«« fondi u''est plus rien :; quMis sont surpris euxmêmes quW puîssie Faimer et le connoltre ^ et qu'il n'y a d'heureux ici -bas que ceux qui

savent

JllîLU6ION9 DU MOirOE* âSg

gavent s^en passer et servir Dieu. Les uttssou|)iretit après les occasions d''une retraite hoaorable : les autres se proposent tous les jours des moeurs plus TCgulières et plus chrétiennes : tous conviennent du bonheur des gens de bien ^ tous souhaitent de le devenir ^ tous rendent témoignage contre eux-mêmes. Ils sont entraînés par les plaisirs ^ plutôt qu^ils ne courent après eux. Ce n^est plus le goût , c^st la coutume -, c^est la foibiesse ^ qui les retient dans les liens du monde et du péché. Ils le sentent ^ ils s^en plaignent j; ils en con^ viennent : et ils se livrent au cours d^urie si triste destinée. Monde trompeur ! rends heureux ^ si' tu le peux ^ ceux qui te servent^ et alors j^abandonnerai la loi du Seigneur ^ pour m'^attacher ^ ja vanité de tes promesses. avent.

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