REVOLUTIONS DÛ MONDE. ÔQS
ftirpris ^ toujours empressés et habiles à proBler de la retraite ^ de la disgrâce ou de la mort de leurs concurrens ^ et à se faire de ces grandes leçons de mépris du monde ^ de nouveaux motifs d^ambitioQ et de cupidité : toujours occupés , ou deleui^s craintes^ ou de leurs espérances;; toujours inquiets^ ou sur le présent^ ou sur Tavenir^ jamais tranquilles ^ travaillant toujours pour le repos ^ et s^en éloignant toujours plus.
O homme ! pourquoi étes-vous si ingénieux à vous rendre malheureux? c^est ce que pense alors une ame fidèle. La félicité que vous cherchez coûte moins. Il ne faut ni traverser les meps , ni couquérir des royaumes. Ne sortez pas de vousmême^ et vous serez heureux. a\ent.
^ Grand Dieu , le glaive que vos ennemis avoient tenu si long-temps levé sur la tête de vos saints^ s'est tourné en6n contre eux-mêmes. Lassés d'immoler ces saintes victimes ^ et leurs mains encore sanglantes ^ ils ont vengé sur eux la mort de vos serviteurs. Votre justice a soufflé au milieu d'eux la division et la guerre : vos fidèles n'ont pas eu besoin de s'assembler pour les détruire. Hélas ! la foi et la patience étoient le seul glaive que vous leur aviez mis entre les mains ^ et les seules armes aussi qu'ils opposolent à la fureur des tyrans. Vous ne vous êtes servi que d'euxmêmes pour les exterminer. Le monde devint un théâtre d'horreur , pu les rois et les nations conjurées les unes contre les autres , ne sembloieul
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^94 w^voLOTiows nu monde.
conspirer^ en se détruisant tour à tour ^ qu^à purger Tunivers de cette race impie et idolâtre qui couvroit alors toute la face de la terre. Cétoit un nouveau déluge de sang dont votre justice se servoit pour la puuir et la purifiée encore^ Leurs -cilles ^ si célèbres autrefois par leur magnificence^ par leur force ^ et encore plus par leu^s crimes et leurs dissolutions ^ ne furent plus que des monceaux de ruines . Ces asiles fameux de Tidolàtiie et de la volupté furent renversés de fond en comble. Ces statues si renommées^ qui les embellissoient ^ que Tantiquîté avoit tant vantées^ la foiblesse de leurs dieux ne put les mettre à couvert;; et elles furent ensevelies dans les débris de. leurs villes et de leurs temples. Il ne reste donc plus rien de tous ces superbes monumens de Pimpiété. ' *
Que sont devenus ces Césars qui faisoient mouvoir Funivers à leur gré? ces protecteurs d^un culte profane et insensé , ces oppresseur^ barbares de vos saints et de votre Eglise? A peine en resle-t-il quelque souvenir sur la terre : leur nom même ne .s'est conservé jusqu'^à nous qu'à la faveur du nom des martyrs qu'ils ont immolés, et que les fétès de votre Eglise feront passer d'âge en âge jusqu''à l'avènement de votre Fîls. ta gloire et la puissance de ces tyrans s^ést évanouie avec le bruit que leur ambition , leur €rtiauté ^ leurs entreprises insensées avoient fait sur la ferre. Semblables au tonnerre qui se forme 4ur nob têtes, il n'est resté de l'éclat et du bruit
OtnCINE ET ESSENCE DE LA ROTACT^. îk^S
passager qulk ont fait dans le monde ^ que no— fection et la puanteur. C^est le destin des choses humaines , de n'a\oir qu'aune durée courte ^et rapide^ et de tomber aussitôt dans Tcterhel oubli d^ou elles étoient sorties; Mais votre Eglise ^ grand Dieu , mais ce chef-d^œuvre admirable de votre sagesse et de votre miséricorde envers les hommes ^ mais votre empire ^ Maître souverain' des cœui-s , n'^aura point d''autres bornes que celles deréternité. Tout nous échappe^ tout disparolt, la figure du monde change sans cesse autour de nous. C^est une scène sur laquelle ^ à chaque instant paroissent de nouveaux personnages qui se remplacent^ et de tous ces rôles pompeux:
quHls ont joué pendant le moment qu'on les a vus sur le théâtre , il ne leur reste à la fin que le regret de voir finir la représentation , et de ne se trouver réellement que ce qu ils sont devant vous*
PâRAPHKASES.