‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 137 sur 184 · IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

IMMORTALITÉ

U N prince qui n^a cherché sa gloire que^ âans le bonheur de ses sujets ^ qui a préféré la paix et la tranquillité ^ qui seule peut les rendre heureux , à des victoires qui n'^eussent été que pour lui seul ) et qui n^aùroient abouti qu^à flatter sa ya* nité^ un prince qui ne s'^est regardé que comme rhomme dé ses peuples ^ qui a cru que ses trésors les plus précieux étoient les cœurs de ses sujets; un prince^ qui ^ par la sagesse de ses lois et de s^ exemples^ a banni les désordres de son état;, corrigé les abùs^ conservé la bienséance des mœurs publiques^ maintenu diacun à sa place ^ réprimé le luxe et la licence ^ toujours plus fu- • nestes aux empires que les guerres et les calamités ' les plus tristes ^ rendu au culte et à la religion de ses pères, Tautorité , Tédat , la maj:esté , Tunifor-' mité , qui en perpétuent le respect panni les peuples^ maintenu le sacré dépôt de la foi contre toutes les entreprises des esprits indociles et in^ quiets ^ qui a regardé ses sujets comme ses eofans, son royaume comme sa famiUe ; et qui n^a usé de sa- puissance que pour la féHdté de ceux qui la luiavôient confiée : un prince de ce. caractère sera toujours grand, parce qu^il Test dans le cœur des peuples. Les pères raconteront k leurs enfans le bonheur qu'ails eurent de vivre sous un si boa maître ; ceux-ci le rediront à leurs neveux \ et

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dans chaque famille ce souvenir ^ conservé d^àge ^1 àg^ , deviendra comme un monument domesT tique éltvé dans Fenceinte des murs paternels \ qui perpétu^a la mémoire dVn si bon roi dans tous les siècles. "*

^ "Hoa^ Sire»^ ce ne sont pas les statues et les inscriptions qui immortalisent les princes ;; elles devienneiit tôt où lard le triste jouet des temps •et de la vicissitude des choses humaines. En vain . Jlome et la Grèce avoient autrefois multiplié à r-ki£ni l^s images de leurs rois et de leurs Césars^ et épuisé toute la science de Fart pour les rendre |>lus précieuses aux siècles suivans ^ de tous ces «donumens superbes ^ à peine un seul est venu fusqu a nous. Ce qui n^est écrit que sur le marbre ^t sur Tairain est bientôt efiacé ^ ce qui est écrit dans les coeurs demeure toujours.

PETIT GARÉAIE.

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