‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 28 sur 184 · PHILOSOPHE» ANCIENS · texte numérisé non relu

PHILOSOPHE» ANCIENS

JLes uns doutoient de tôut^ les autres croyoient teut savoir. Les^unsne voulotent point de Dieu^ les autres nous en donnoient un de leur façon ,, c'esl-à-rdire , quelqpes-4ins , oisif, spectateur indien t. dés choses humaines , et laissant tranquil-* Went au hasard la conduite de son propre ouvrage , comme un soin indigne de sa grandeur ^.incOTttpatible avec son regoa: qpelquea autres^

$^4 PHlIiOSOPH-ES AIVOIBI^S.

ciscIàTe des destinées ^ et soumis à des lois qu^ill ne Sfétoit pas imposées lui-même : ceuy-ci^ incorporé a\ec tout Funivers, Tame de ce viut^ corps ^ et, faisant comme une partie d^un monde ^ qui tout entier est son ouvrage». Que sais- je? car je ne prétends pas tout dire ^ autant d^écoles^ autant de sentimens sur un poitit si essentiel» Autant de siècles , autant de nouvelles extravagances, sur Timmortalité et la nature de Tame ^ ici ^ c''é^ toit un asssemblage d'atomes^ là y un feu subtil ^ ailleurs ^ un air délié ^ dans une autre école ^ ^ne portion de la .divinité. Les uns la faisoient mourir avec le corps ^ d^autres la faisoieut vivre avant le corps : quelques autres, la faisoient passer d^un, corps à un autre corps 5 de Fhomme au cheval , de la coi^dition db ne nature raisonnable^ à celle des animaux sans raison. H s- en trouvoit qui énseignoient que la véritable félicité de Thooimc est dans les sens ^ un plus grand nombre la met- . toient dans la raison ;; d*'autres ne la trouypienj que dans la réputation et dans la gloire^ plusieurs dans là: paresse et dans Fîndolence. Et ce qu''il y a ici de plus déplorable , c'est que Fexi^ tence de Dieu ^ sa nature «^ Timmortalité dé Famé ^ la; fin et la félicité de Fhoinme ; tous points si. essentiels à sa destinée^ si décisifs pour son mal-^ faeur.ou pour son bonheur éternel', étoîent pour * tant devenus des problèmes, qui de part et dWtre n^étofént' destinés qu^a amuser le - loisir des écoles et la Vanité dès sophistes ^ des questions, oiseuses , ou Fop ne s'intéressoit pas pour.

iBOLAmriîi ' 55i

1b^ fonds dé là vérité ^ mais seulement pour k^ gloire- de Ta voie emporté. Grand: Dieul VetI; ainsi quç V.bus Yoii«;j[pui£Eii,.d»r.fai sagesse ku^

liDOLATRIE;

X-»** HOMME niavoit été placé- sur la terre, qiie pour rendre a T Auteur de son être, la gloire etl'hommage qui lui; étoièat dus. Tout le rappe — Ipit à ces devoirs '^ et tout ee qui de voit Vy rappeler , Fen éloigna. Il devoit à sa majesté suprême son adoration et ses hommages^ à sa bonté paternelle, son amour ^ à sa sagesse infinie, le sacrifice de sa raison et^ de ses lumières. Ces devoirs ,. gravés dans le fond de son cœur , et nés avec lui , lui étoient encore sans cesse annoncés par toutes les créatures: il ne pou voit niVécouteu lui-n^ême , ni écouter tout ce qui. étoit autous de lui, sans les retrouver. Cependant il les oublie^ il les efface de sou cœur^ Il ne vit plus. dans Tou-^ vrage Thonneur et le culte qui étoient dûs à Ton— vrier souverain:; dans les bienfaits dont.il, le com-, bloit , Tamour qu'il devoit à son bienfaiteur :^ dans les ténèbres répandues sur les effets mêmes, de la nature,. Pimpossiblité de sonder à plus forte, raison les secrets de Dieu^ et la défiance où U, devoit vivre de ses propres lumières» L^idolàtrier rendoit donc à la créature le culte que le cr.éa-: t^iuc. s'éloitriSserYé à.lui.seul: la synagogue llho^

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norcil des lèTrcs ^ et Famour qu'elle lui devoii 8è^ bomoità des hommages extérieurs qui n'^étoien^ pas dignes de lui : la philosophie s^égaroit dans ses pensées^ mesuroit les lumières de Dieu à celles de Phomme ^ et croyoit que la raison, qui se méconnoissoit elle-même, pouvoit oounoitre toute vérité : trois plaies répandues sur toute k; face de la terre. En un mot , Dieu n'*étoit plus <^nnu ni glorifié , et Thomme ne se ooanoisspit plus lui-même.

A quels excès ridolâtrie n?avoit-eIle pas pousseson culte profane ? La mort d'une personne chère Férigeoit bientôt en divinité :;. et ses viles cendres, sur lesquelles son néant étoit écrit en caractères> si ineffaçables, devenoient elles-mêmes le titre de sa gloire et de son immortalité. L'amour conjugal: se fit dès dieux ^ Tamour impur Timita , et voulut avoir ses autels : Tépouse et Famante, Tépoux et Pâmant criminels eurent des temples,. des prêtres et de» sacrifices. La folie , ou la corruption générale, adopta un culte si bizarre et si. abominable : tout Tunivers en fut infecté : la majesté des lois de Tempire Pautorisa : la magnificence des temples, Pappareil des sacrifices, la. richesse immense des simulacres, rendirent cette extravagance respectable. Chaque peuple fut ja^ loux.d ''avoir ses dieux: au dé&ut dé Phomme , fl offrit de Pencens à la bête: les hommage im-^ pura devinreitt le culte de ces divinités impures r fes villes , les montagnes, les champs , les déserts,. eii:fttrent souillés , et virent des^édifices su£erbes.

consacrés à Forgueil , à rimpudidté^, à la ven^ g^oce. La multitude des divmité& égala celle d«s^ passions ? les dieux furent presque aussi imitipUés que les hommes: tout devint dieu- pour rbomme 5 et le Dieu véritable fut le seul que fliOBime He connut point.

Le monde étoit ploi^gé^ depuis sa naissance presque' , dans ITiorreur de ces ténèbres : chaque riècle y avoit ajouté d<e nouvelles iiiipiétés. Rome eile-^même , maîtresse- de Funivers ^ s^étoit sou*- Biîse aux diîFérens cultes des nations qu'acné a voit subjuguées 5 et voyoit s'élever au milieu de ses murs les idoles averses de tant de peuples sou- ■ù s, qui. devenoient plutôt les monumens publics. 4e sa folie et de son a^eu glanent que de ses; victoires.

Enfin , les hommes avoient voulu encore raviï à Dieu la gloire desa providence et de sa sagesse étemellev Les philosophes ^frappés de Fextravargance d'un culte qui multiplibit les dieux à rinfiuiy et forcés , par les lumières seules de là raison , de reconnoître un seul- Etre suprême , en défiguroient la nature par mille opinions insen^ scesi Les m\s se représeiitoient un Dieu oisif ^ retiré en lui-même ^ jouissant de son propre bon*heur ^ ne daignant pas s'abaisser à regarder ce qui se passe sur la terre ^ ne comptant pour rien les hommes qu'il a voit créés 5 aussi peu touché dé hwst. yertus que de leurs vices^. et laissant au

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. hasard le coars des siècles et des saisons ^ les ré« YolutioDS de& empires ^ la destinée de chaque pailiciilier ^ la mackine eutière de ee Taste univers ^ et tovite la dispensfrtion des clioses hixmaines. Les autre» rassuTeitissoienjt à un encl^lnement fatal d'^érénemeas : ils en faisoiest un Dieu sans liberté et sans puissance^ et en le regardant comme le maître des homme» ^ ils le croyoient Tesclave des destinées. Les égaremens de Ifr raison étoient alors Ja seule règle de la religion ^ et de la croyance de ceux qui passoient pour êti^e le» plus édairéfr et Les plus sages..

G^est k reconnoissance toute seule qui autres fois a fait les faux dieux. Les hommes^, oubliant hauteur de leur être et de TuDivers , adorèrent d'abord Fair qui les faisoit vivre :; la terre qui les Ifeourrissoit ;; le soleil qui les éclairôit ;;' la lune qui présidoit à la nuit : c''étoit Ki leur Cybèle ^ leur Apollon^ leur Diane.- Us adorèrent les conquerans qui les avoient délivrés de leurs ennemis^ tes princes Inenfisiisans et équitables qui avoient jrendu. leurs sujets heureux^ et là mémoire de leur règne immortelles; et Jupiter et Hercule fiirent placés au rang des dieux ^ Fun par le nombre de- ses victoires^ Fautrepar le bonheur et la tranquillité de son règne: lesfaommeS;^ .dans €e$ siècles de superstition et àe méàwVtif ^ t» eoo-noissoient point d'^H^flUs fUeuBL ^ xp» cbvk tjm kw £àsoi&Bidv bien. Et tel est le caractère de

rhomme^ son culte n^est qae son amoar et sa reconnoissance. avënt.

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